EXPLOITATION FORESTIÈRE - LA BONNE TRAITE DES EXPLOITANTS DU BAOBAB

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TAMBACOUNDA

A Bala, une localité située dans le département de Goudiry, région de Tambacounda, l’exploitation du pain de singe est devenue une activité très lucrative. Non loin de la gare ferroviaire du village, est aménagé un dépôt. Une camionnette garée juste à l’entrée est rempli de sacs contenant le très prisé fruit du baobab.

La pulpe du fruit du baobab, dit pain de singe, arbre aux multiples vertus, des feuilles aux graines, est consommée en jus, excellent réhydratant, et de plus en plus sous forme de sirop, glace, confiture et gâteaux sucrés, des bonbons et de compléments alimentaires. Il est aussi utilisé dans la fabrication de produits cosmétiques et de médicaments contre le diabète. Coiffé d’un bonnet rouge et vêtue d’un boubou en rayure blanc et noir, Mamadou Thiaw est le responsable du site de déchargement. Il est venu à Bala depuis 1998 mais, s’active dans l’exploitation forestière depuis belle lurette dans son Saloum natal. Selon lui, l’activité est très porteuse. « C’est un travail qui rapporte. On ne se plaint pas, vraiment, car on y trouve bien nos comptes », martèle sourire aux lèvres le vieux Saloum-Saloum.

A l’intérieur de l’espace, des sacs sont superposés. Des hommes peints en blancs du fait de la poussière qui s’échappe des sacs. Un monsieur, la quarantaine, supervise et travaille en même temps. Aux dires de Pa Thiaw, comme l’appellent affectueusement les jeunes, le travail est fait d’une chaine qui commence de la cueillette à la vente. ’’Ce sont les habitants de la zone et d’autres qui viennent de l’intérieur du pays qui font la campagne. Et ils nous revendent le pain de singe’’, explique Pa Thiaw. Ce que confirme Ablaye Kama, un jeune enseignant natif du village. Selon lui, l’activité attire beaucoup de personnes qui viennent de l’intérieur du pays. Toutefois, ce que déplore le jeune enseignant est le manque d’implication de la population locale en l’occurrence les jeunes.

A quelques encablures de cette zone, on peut noter la présence de coque du fruit au tour des baobabs, un véritable symbole de cette exploitation. Ce faisant, il ne faut pas occulter l’action des Eaux et Forêts dans cette chaine. Pour devenir exploitant forestier, il faut toute une démarche administrative. Dans la législation sénégalaise, il est prévu que « l’exploitation des produits de cueillette est libre. Il suffit d’obtenir un permis de coupe dont sa délivrance est assujettie au paiement préalable de la redevance ». Ce faisant, une carte de professionnelle est délivrée au demandeur.

Pour Pa Thiaw, ces démarches sont un véritable casse-tête pour eux. « Nous rencontrons souvent des difficultés avec les agents des Eaux et Forêts », dit-il. Il avance qu’il verse, pour chaque transaction, 15 mille francs CFA pour chaque tonne. L’autre problème reste celui de la commercialisation. Il doit faire face à la concurrence du Mali voisin. Selon lui, les produits maliens sont moins chers. Toutefois, il vente bien cette exploitation.

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