FATOUMATA SAKINÉ, ÉLECTRICIENNE PAR ACCIDENT (4/8)

news-details
UN JOUR, 8 FEMMES

Sur le terrain, elle bouscule les hommes. Malgré son apparence frêle, mince, grande taille et le sourire facile, Fatoumata Sakiné n’est pas du genre à se laisser faire. Dans un milieu très macho, elle a su se faire une place.

Née le 22 avril 1993 aux Parcelles Assainies, Fatoumata Sakiné vit avec ses deux parents à Guédiawaye précisément au quartier "Las Palmas". Issue d’une famille très modeste, elle est la cadette mais, c’est un rôle d’aînée qu’elle s’est assignée au sein de la famille. Avec le vœu de tout faire.

Quand Fatoumata Sakiné, décroche le Baccalauréat en 2015, son désir est de rejoindre l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) pour suivre des études en Géographie. Mais après une longue période d’attente dans le processus d’orientation, elle voit son rêve s’éloigner. Un peu plus tard, elle sera admise à l’Université virtuelle du Sénégal (UVS). Ce sera, pourtant, le début de son histoire.

Cette orientation à l’UVS anéantit ses rêves. Mais, grâce aux conseils de sa tante, elle passe le concours en électricité bâtiment. « Avant d’accepter la proposition de ma tante, j’ai patienté un long moment. Puis un jour, je suis partie à sa rencontre pour les informations supplémentaires concernant cette école et sa formation. J’ai réussi au concours et j’ai commencé à faire la formation en électricité bâtiment. », confie-t-elle.

Un choix par défaut

« C’est vrai, auparavant, je n’y pensais pas. Mais, quand j’ai fait un mois, j’ai vraiment commencé à avoir de l’affection pour ce métier. J’avoue que c’est un choix par défaut mais qui est devenu une passion pour moi », confie la jeune fille.

« Je sais comment manier des files électriques, comment bricoler, aller dépanner un problème d’électricité dans les familles, assurer les branchements de câbles et autres installations », s’extasie Fatouma Sakiné, qui se meut parfaitement dans la masse d’hommes qu’elle rencontre au quotidien.

En quête du premier chantier

Son objectif dans les prochains mois : décrocher son premier chantier. « Je n’ai jamais gagné un chantier mais je suis toujours sollicité par mes amis qui sont dans le métier, ou mes ainés qui m’aident souvent à trouver du travail. » Mais pour le moment, souffle-t-elle, tout est entre les mains d’Allah.

Vous pouvez réagir à cet article