FEMMES POLITIQUES DANS LES MÉDIAS : LA RÉFLEXION EST LANCÉE POUR CORRIGER UNE FAIBLESSE

news-details
POLITIQUE

Un atelier de réflexion, portant sur le thème : " Les femmes politiques dans l’espace médiatique", s’est ouvert ce jeudi, 22 octobre, à Dakar, réunissant professionnels de la presse, acteurs politiques, société civile, et chercheurs. L’objectif est d’instaurer un dialogue avec l’ensemble des acteurs pour une amélioration du leadership féminin en politique.

Le constat est là, selon Abdoulaye Baïlo Ndiaye, le directeur de l’IFAN : "la sous-représentation des femmes dans différents secteurs de la vie nationale, la politique notamment, est un fait constaté. Un autre fait également indiscutable, c’est la compétence avérée des femmes en tant que leaders et femmes de changements positifs. Les obstacles qui limitent la participation à la vie politique sont pour certains liés aux lois, les institutions des États. Et pour d’autres, les pratiques et comportements développés dans des environnements dépassés. Sur les obstacles structurels, le Sénégal fait partie des pays qui ont ratifié les conventions internationales et régionales de promotion du genre notamment celle portant sur l’élimination de toutes les formes de violence à l’égard des femmes. Cet engagement a donné lieu à diverses réformes politiques, institutionnelles, stratégiques et législatives, qui visent la promotion de l’égalité. Sur nos pratiques et comportements, il faut le reconnaître, il y a encore du chemin à faire. Pour ce qui est de la presse nationale, si de par le contenu, qui contribue à la promotion de la femme en générale, à sa participation à la vie politique en particulier, en revanche l’accès direct des femmes en tant que leaders et expertes au média, est significativement déséquilibré en faveur des hommes."

A sa suite, Fatou Sow Sarr, la présidente du Caucus les femmes leaders, a présenté les résultats de l’étude sur la présence des femmes dans les médias. En effet, ces derniers ne sont pas fameux. "En ce qui concerne la présence des femmes, il y a déjà des études de Panos et d’Article 19, ce n’était pas déjà brillant. Les objectifs pour nous, c’est de relever la présence des femmes politiques dans l’espace des débats, des tables-rondes, et dans certains articles, noter les thèmes sur lesquels elles sont mises en avant dans les médias aussi bien dans les partis politiques que dans les autres rubriques. S’il y a bien des femmes qui participent, nous avons les mêmes femmes. Les résultats de cette étude peuvent être d’autant plus parlants que la presse sénégalaise constitue l’un des espaces les plus vibrants de l’expression politique citoyen. Peut-être que les femmes doivent s’emparer des médias", a expliqué la socio-anthropologue sénégalaise.


« LA FINALITÉ, C’EST LA FAMILLE ET LA SOCIETÉ »

Pour ce qui est du cas précis de l’atelier, une étude a été faite, sur un échantillon de quotidiens, de télévisions, de radios et de sites en ligne, entre le 8 juin au 5 juillet 2020, mais dans un contexte de coronavirus. "Il y a peut-être des facteurs limitant mais cela nous donne quand même des indications sur lesquelles on peut s’appuyer pour réfléchir. On a constaté une faible présence des femmes, tout médium confondu, et une faible présence des femmes politiques dans l’espace médiatique."

D’après les résultats, seule la presse en ligne semble offrir plus de possibilités aux femmes, avec 25%. "Dans la presse écrite, nous n’avons trouvé que deux femmes", a ajouté Fatou Sow Sarr.

"La finalité, c’est la famille et la société, a-t-elle conclu. Parce que, toutes les grandes études, aujourd’hui, des Institutions économiques, ont montré que pour les pays pour les nôtres, les prochaines croissances dépendront de l’égalité. La présence des femmes dans l’espace politique, dans l’espace de gouvernance, ce n’est pas une présence mécanique mais c’est pour qu’elle ait un effet dans la transformation de la société, qu’elles puissent veiller à ce que les lois qui sont injustes et inégalitaires que ces lois-là puissent être reprises, pour que les politiques publiques prennent en compte les préoccupations des catégories les moins favorisées. En étant très attentives à la manière dont le budget est réparti. Si nous nous battons pour que ces femmes soient dans ces instances-là, c’est pour qu’il y ait en retour des transformations positives sur la société".

Le programme de participation politique des femmes (WPP), mis en place grâce à la coopération suédoise, va durer trois ans, couvrant des pays comme le Kenya, le Swaziland, le Botswana, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, l’Eswatini, la Tanzanie et le Zimbabwe, et la République démocratique du Congo (RDC).

Vous pouvez réagir à cet article