FIN DU PREMIER MANDAT : LES BONS COMPTES DU DUO GIANNI INFANTINO - FATMA SAMOURA

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FIFA - RAPPORT FINANCIER 2018

Polyglottes tous les deux, les numéros 1 et 2 de la FIFA parlent le même langage. Après un premier mandat qui arrive à son terme, le président de la FIFA, Gianni Infantino, et sa Secrétaire générale Fatma Diouf Samoura, s’apprêtent à présenter leur bilan d’activités, avant que le Suisse ne passe les formalités pour se voir octroyer un deuxième mandat à la tête de l’instance dirigeante du football mondial où ses multiples réformes engagées en trois ans ont permis d’assainir les comptes au point qu’il soit seul candidat à sa succession. Emedia.sn a parcouru le bilan financier du premier mandat d’un duo improbable qui a fini par poser le jeu de la FIFA.

Le ciel est dégagé. Accompagné du monde du football, Gianni Infantino sera seul à briguer le fauteuil sur lequel il s’est installé le 26 février 2016 à la faveur d’une élection au détriment du Cheikh Salman Al Khalifa, du prince Ali Ben Al Hussein et de Jérôme Champagne. En effet, lors de la convocation des élections, par le Conseil de la FIFA, le 10 juin dernier, l’Italo-Suisse s’est vu décerner une belle motion de confiance en se voyant seul proposé par les associations membres au titre de candidat pour le poste de Président de la FIFA, dont l’élection se tiendra le 5 juin 2019 à Paris, lors du 69ème Congrès du Gouvernement mondial du football. Comme un air de plébiscite, encore plus que lors de sa première élection, qu’il semble devoir à une gestion collégiale impliquant les différentes confédération et symbolisée par l’ouverture prochaine voire imminente de la Coupe du Monde à plus de Nations, passant de 32 à 48 participants.

Maison de verre, maison plus ouverte

Mais, le magistère du jeune (48 ans) président successeur de Sepp Blatter est également marqué par une certaine rupture, incarnée dès les premières semaines par la nomination au poste stratégique de Secrétaire générale de la FIFA, d’une femme africaine, la Sénégalaise Fatma Diouf Samoura (56 ans). Une première depuis la création de l’instance dirigeante du football mondial. Un pari osé tant l’administration de la FIFA prenait des allures de capharnaüm à l’arrivée du duo improbable, avec notamment des scandales financiers et de corruption à grande échelle impliquant de hauts dirigeants du football mondial, dont certains arrêtés en pleine réunion du Conseil de la FIFA, en mai 2015. Plus de trois ans après, le duo s’enorgueillit de voir que « la FIFA est devenue une maison plus ouverte », plus chaleureuse pour la grande famille du football, mais aussi une maison de verre où la transparence est désormais érigée en règle de conduite.

Plus de 1600 milliards F CFA dans les réserves de la FIFA, un record

A Miami (Etats-Unis), où le Conseil de FIFA tient présentement sa réunion, Gianni Infantino a présenté son bilan, après avoir rappelé le contexte dans lequel il est arrivé et souligné « le succès éclatant » de la Coupe du monde organisée durant son mandat, en 2018, en Russie et qui, à ses yeux « qui a battu tous les records en termes d’organisation, de sécurités et de qualité de jeu, de recettes et de nombres de matchs vus ». Face aux 36 autres membres du Conseil et à côté de son bras droit, Fatma Samoura, Infantino n’a pas boudé son plaisir. Fier d’avoir redoré le blason du football et de la FIFA dont l’image avait été ternie, il a brandi, sourire aux lèvres, un bilan financier qui affiche des réserves financières à un niveau jamais atteint dans l’histoire : 2,745 milliards de dollars US (plus de 1605 milliards F CFA) ! Soit plus du triple trouvé à l’arrivée du duo à la tête de la FIFA.

Les destinataires dudit bilan ont approuvé. Président de la Fédération colombienne de Football, Ramon Jesurun s’est félicité « du chemin parcouru par la FIFA », tout en saluant « le travail titanesque abattu, en si peu de temps, par le président tous ses collaborateurs, notamment l’administration. » Un des sept représentants de la Confédération africaine de football (CAF), le Congolais Constant Omari a noté que la FIFA est debout et sur les bons rails. « Nous adressons nos remerciements et félicitations au Président Infantino et à tous ses collaborateurs. Le panorama était très sombre il y a trois ans, mais aujourd’hui, nous sommes fiers de la restructuration et de la recomposition de la FIFA », a-t-il déclaré en l’absence du président Ahmad Ahmad, qui a dû finalement renoncer au voyage après un retard dans la délivrance de son visa par les Etats-Unis.

Mondial à 48 dès 2022 ?

En plus d’une voie grandement ouverte à une réélection de Gianni Infantino, l’autre conséquence est le (presque) blanc-seing qui lui est accordé pour la conduite de ses réformes. Presque, car si les autres confédérations se sont déclarées favorables, l’Europe (UEFA) émet encore des réserves, notamment pour le Mondial des Clubs de 2021 (les clubs européens sont contre l’élargissement du nombre de clubs participant au tournoi). Parmi les réformes à engager figure celle portant sur l’élargissement du nombre de participants à la Coupe du Monde, qui pourrait passer de 32 à 48 dès la prochaine édition prévue au Qatar en 2022 ! En effet, si la réforme est initialement prévue pour 2026, l’idée a été agitée lors de la réunion du Conseil de la FIFA à Miami, pour qu’elle soit appliquée quatre ans plus tôt, « si certains prérequis sont réunis ». Pour l’Afrique, cela signifiera le passage du simple au double : de cinq habituels qualifiés à la grande messe du football mondial, le continent passerait à 9,5 qualifiés. Soit neuf équipes qualifiées lors des éliminatoires de la Zone CAF et une dixième qui pourrait les rejoindre après avoir disputé un barrage avec une autre zone.

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