1000 MILLIARDS DE DOLLARS PERDUS, L’AFRIQUE SUBSAHARIENNE SE MOBILISE

news-details
FLUX FINANCIERS ILLICITES

L’Afrique subsaharienne continue de perdre beaucoup de ressources en termes de flux financiers illicites. Le constat est fait à l’ouverture, ce lundi, 24 juin, de la 6e édition de l’Académie internationale pour la justice sociale organisée par le réseau pour la justice fiscale en Afrique, en collaboration avec le Forum civil section sénégalaise de Transparency international, à l’hôtel Le Ndiambour.
« Malgré toutes (les) réformes enregistrées dans notre pays depuis son accession à la souveraineté internationale, des contraintes subsistent et pèsent encore sur la fiscalité de notre pays », regrette Abdoulaye Dia, le Directeur de Cabinet du ministre du Pétrole et des Energies, Mouhamadou Makhtar Cissé. Qui ajoute : « Il s’agit entre autres de l’existence de recettes fiscales globales en deçà de celles qui pourraient être obtenues. Il s’agit aussi d’un déséquilibre des impôts directs et indirects dans la collecte des recettes fiscales totales et les maigres recettes obtenues par le fisc à partir de la taxation des affaires et du capital. Il s’agit aussi d’une évasion fiscale qui entraîne des pertes de recettes importantes pouvant permettre de satisfaire les besoins fondamentaux des populations les plus défavorisées de notre société. »

Il urge surtout en prélude de l’exploitation du pétrole et du gaz au Sénégal, indique-t-il, « de prendre des mesures importantes pour lutter contre les flux financiers et les pertes de recettes fiscales. D’autant plus que relève Abdoulaye Badiane, le Directeur de la Législation, représentant le Directeur général des Impôts et Domaines : « Au cours des cinquante (50) dernières années, l’Afrique aurait perdu plus de mille (1000) milliards de dollars Us du fait des flux financiers illicites. Ce chiffre est équivalent à l’ensemble de l’aide publique au développement reçu par le continent pendant cette période. Durant la dernière décennie, l’Afrique aurait perdu près de cinquante milliards US par an. »
Une manne financière, qui, note l’Inspecteur principal des Impôts et Domaines, « irrigue malheureusement les structures du blanchiment de capitaux, de la corruption, de l’évasion fiscale. » Ainsi, face aux défis en jeu, alerte Badiane, « il est fondamental de rassembler toutes les parties prenantes directement concernées et en particulier le citoyen en premier destinataire pour réfléchir sur les voies et moyens permettant de trouver des réponses durables à ces fléaux. »

« Cela concerne l’ensemble des pays subsahariens, confirme Birahim Seck, le coordonnateur du Forum civil. Il y a un besoin aujourd’hui pour les Etats africains de façon générale que ce soit le Sénégal, le Mali, le Bénin, le Tchad, etc, où il y a l’installation d’une criminalité transfrontalière, au-delà de la mobilisation des ressources, de rationnaliser davantage les dépenses publiques. »

Pour le cas précis du Sénégal, recommande-t-il : « On a besoin aujourd’hui qu’il y ait une mise en œuvre effective des mesures et préoccupations présidentielles sur la maîtrise ou la rationalisation des dépenses publiques. Cela va de la maîtrise du patrimoine de l’Etat en passant par la gestion également de l’eau, de l’électricité mais également du parc automobile. » En outre, poursuit-il : « Il faut impérativement que les corps de contrôle chargés de veiller à la bonne utilisation des ressources soient libérés pour qu’ils puissent faire leur travail convenablement et que les travaux qu’ils effectuent soient publiés. La mobilisation des ressources nécessite la mobilisation de ces recettes à travers la maîtrise des conventions internationales à travers la législation et la maîtrise des flux financiers illicites. »

Plus de quatre-vingts (80) participants pour trente (30) nationalités participent à la session de formation, du 24 au 28 juin, sur la mobilisation des ressources au niveau africain.

Vous pouvez réagir à cet article