FONDS FORCE COVID-19 : POURQUOI LA CONTRIBUTION DU SECTEUR PRIVÉ EST FAIBLE

news-details
JURY DU DIMANCHE

C’est un constat. Le secteur privé n’a pas mis la main à la poche quand il s’est agi d’alimenter le fonds Force Covid-19. Certains leur reprochaient même d’avoir été incapable de mobiliser 1 milliard de francs CFA en guise de participation à la lutte contre la pandémie du Coronavirus. Interpelé sur la question, Mamour Fall, invité du Jury du dimanche explique : « je crois que l’Etat a conscience de la capacité de son secteur privé. C’est une capacité très faible pour ne pas dire inexistante », se désole-t-il.

Selon lui, si les entreprises marocaines ont contribué, dans leur pays, pour près de 2200 milliards de francs CFA, dans un intervalle très court, c’est parce qu’elles ont été suffisamment préparées et dotées en ce sens. « Ces entreprises ont été, à un moment donné, prises en charge par l’Etat, associées au traitement de la commande publique de leur pays de sorte que leurs forces et leurs capacités ont été particulièrement développées. Lorsque le pays a besoin d’elles, elles ont immédiatement répondu présentes », explique-t-il. Ainsi, il pense qu’au Sénégal, il faut qu’on aille plus profondément dans les choses. Il faut une vision, un Etat stratège. Car, sans cela on ne pourra pas s’en sortir. « Il faut impérativement que le politique associe les acteurs de la vie économique. On ne peut pas bâtir une économie sans avoir un secteur privé local fort, puissant et qui est au premier plan des activités économiques. On me dira qu’ils sont faibles mais donnez leur des chances de se tester », indique-t-il.

Par ailleurs, le coordonnateur du comité d’urgence Covid-19 du Club des investisseurs du Sénégal a été interpellé sur la désignation des membres du comité de suivi du fonds Force Covid-19 présidé par le général de division François Ndiaye notamment sur les deux représentants du secteur privé à savoir Mamadou Bocar Sy de l’association des professionnels de banque et Mbagnick Diop du Meds. « Personnellement, j’ai trouvé les deux représentants insuffisants », dénonce-t-il. Avant d’ajouter : « un comité d’une telle importance devrait associer beaucoup plus le secteur privé. Cela me parait très faible. Je demande plus, non pas pour avoir de la représentation dans le comité de suivi mais pour une réflexion profonde pour organiser la résilience économique du pays. Nous avons à bâtir un véritable tissu d’économie dans notre pays pour pouvoir maitriser notre force ».

Vous pouvez réagir à cet article