GAMBIE, CLAP DE FIN DES TRAVAUX DE LA COMMISSION VÉRITÉ, RÉCONCILIATION, RÉPARATIONS

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Un nouveau chapitre se dessine en Gambie. Au bout de deux ans et demi de travaux, la Commission de réconciliation a clôturé ses activités ce vendredi.

BANJUL - C’est une étape majeure pour le redressement du pays qui sort de 22 ans de dictature qui se clôture en ce vendredi. Ratifiée en 2017 par un acte parlementaire, la Commission vérité, réconciliation et réparations a débuté ses travaux en 2019. Depuis, témoins, bourreaux, victimes ou proches de victimes ont été entendus sur tous les abus des droits humains commis en 1994 et 2017.

Au terme de son audition d’aujourd’hui, la Commission aura désormais deux mois pour rédiger son rapport et rendre ses conclusions au président de la République. Une période synonyme d’angoisse pour les victimes qui craignent que ces recommandations ne soient appliquées, à l’instar de ce qui s’est passé avec les recommandations des autres commissions mises sur pied à l’avènement du chef de l’Etat actuel.

C’est donc le clap de fin pour la Commission de réconciliation, chargée de faire la lumière sur les violations des droits humains durant les 22 ans du magistère Jammeh. En deux ans et demi, il faut dire que ses activités ont rythmé la vie des Gambiens. Du lundi au jeudi de 10h à 16h, différents profils ont été auditionnés. Par ordre chronologique, de 1994 à 2017, tous les épisodes tumultueux règne de Jammeh, ont été passés en revue.

VICTIMES SOULAGÉES

Témoins, bourreaux, victimes ou proches de victimes des évènements majeurs, sont passés devant la commission dans des auditions retransmises en direct par la presse locale. Grâce à ses auditions, un tas de choses ont été révélées, d’un putsch sans coup férir qui a abouti à l’un des régimes les plus répressifs du continent.

Au nom des victimes dont il est à la tête, Sheriff Kijera, se dit satisfait du travail accompli par les enquêteurs de la Commission. Sur les ondes d’une radio locale, ce matin, il a salué la méthode et le rythme de travail de l’équipe de la Commission. Non sans mentionner la principale crainte de l’association.

Le pays étant dans une année électorale, l’on redoute que l’on sacrifie les recommandations de la Commission sur l’autel des compromissions politiques. En effet, depuis un certain temps dans le pays, les rumeurs d’un rapprochement entre le président sortant et le parti de Jammeh, vont bon train.

Les victimes de déplorer ce qui est arrivé aux recommandations de la Janneh Commission qui a enquêté sur les crimes économiques commis sous Jammeh ou à celles de la Commission de révision constitutionnelle dont le projet de nouvelle constitution a été rejetée par les parlementaires. Les victimes espèrent que les recommandations seront appliquées, dit-on, "à la lettre" par le chef de l’Etat qui aura la lourde tâche, en six mois, de déterminer les poursuites et les réparations à faire.

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