GAMBIE - FERMETURE DES COMMERCES NON ESSENTIELS : DES SÉNÉGALAIS EN CHÔMAGE TECHNIQUE

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Conséquences du Coronavirus

Avec l’annonce de la fermeture des commerces dits « non essentiels », prise par l’exécutif pour limiter la progression du coronavirus en Gambie, ce sont des milliers de personnes qui s’activent dans le secteur informel qui sont envoyés de facto au chômage technique. Une pilule difficile à avaler pour cette couche sociale très vulnérable qui vit au jour le jour. Pour ces travailleurs, sans mesures d’accompagnement, si ce n’est pas le coronavirus, c’est la faim qui risque de faire plus de ravages au sein de leur couche. Parmi eux, plusieurs sénégalais vendeurs à la sauvette sur le grand marché de Serekunda.

BANJUL - Ils se considèrent comme « les vraies » victimes de la pandémie de coronavirus en Gambie. Assis par groupe devant leurs échoppes hermétiquement fermées sous la surveillance des forces de l’ordre, ici, on se retourne les pouces. L’inquiétude et la détresse se lisent sur leur visage. Certains commencent à revendre leurs objets personnels comme ce trentenaire qui vend au plus offrant son ordinateur personnel. « Je n’ai pas le choix », lance-t-il la mort dans l’âme.

Intenable

Babacar Diambanka, Sénégalais vendeur de friperie, dreadlocks sur le crâne ne voulait pas braver l’interdit, mais c’est malgré lui qu’il s’est résolu à venir exposer sa marchandise pour nourrir sa famille.

« Sans aucune mesure d’accompagnement, comment peut-on décider du jour au lendemain de fermer tous les commerces dits « non essentiels ». C’est insensé et intenable, peste ce père de famille. Je suis à court de dépense aujourd’hui. Je voulais rester confiner comme tout le monde mais comment confiner un affamé. Il a fallu que ma femme se démène pour préparer du simple riz sans sauce. C’est ainsi que j’ai décidé de venir braver l’interdit et exposer quelques pantalons ».

Il dit avoir été pris de court par la tournure des évènements, il a tout investi dans l’achat de marchandise. Il brandit avec un sourire jaune tout ce qui lui reste comme économie, 50 dalasi, soit 700 FCFA.

Mesure contre-productive

Malick Touré, vendeurs de tissus, lui aussi, a vu sa boutique fermée. Selon lui, avec ces restrictions, si ce n’est pas le coronavirus, « c’est la faim qui risque de faire plus de dégâts ».

« On dit que ce sont des restrictions qui visent à limiter la propagation, mais c’est contre-productif, dénonce-t-il. Les gens risquent de mourir de faim. Je vous assure que certains de mes voisins n’ont pas de quoi manger aujourd’hui. Ils vivent au jour le jour. Et c’est loin d’être un cas isolé, martèle-t-il ».

Pour ces sénégalais qui exercent dans ce marché, c’est leur monde qui s’effondre. Car avec la fermeture actuelle des frontières, ils ne peuvent n’ont plus rentrés au bercail.
Ils appellent l’Etat gambien à la souplesse en prenant en compte les réalités du terrain.

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