GESTION DE LA CRISE DU CORONAVIRUS

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Contribution

Dans une situation de crise, situation de changement de routine, les renseignements et la communication jouent un rôle extrêmement important.
L’écart entre les intérêts économiques et les intérêts de la santé doit être traité avec détermination et sensibilité, mais en considérant toujours que la santé est essentielle pour faire face aux défis économiques à venir. L’expérience des différents pays montre que le retard dans la prise de mesures extrêmes, comme l’isolement total, entraîne une perte de temps essentiel et peut avoir des conséquences irréversibles.

A ce stade de la pandémie du Covid-19 au Sénégal, l’Etat a des outils à mettre au premier rang. Il s’agit de la police administrative étendue (Etat d’urgence) et la cartographie de l’état de la propagation. Concernant l’élargissement des pouvoirs de la police administrative, les autorités administratives doivent inciter ces dernières à prendre mesures réfléchies ayant pour socle une concertation appropriée avec des experts afin d’éviter des mesures sévères et inefficaces. La loi, dans sa fonction protectrice, doit s’efforcer de ne pas être un virus dans le virus.

L’intention est de créer une synergie intelligente entre les différents décideurs, basée sur une analyse de situation réaliste qui permet de créer le meilleur plan d’urgence pour lutter contre la propagation du virus. Il est vrai que les contextes ne sont pas les mêmes, car la gestion de crise suppose un plan de contingence déjà existant suivi des exercices préalables. Mais devant une situation urgente de cette nature, il nous faut des hommes qu’il faut à la place qu’il faut.

L’exercice de ces pouvoirs de police doit se faire que dans l’intérêt de tous les sénégalais sans distinction aucune. Il s’agit ici d’une question de protection de la santé publique. Dans la trilogie des mesures de police administrative se trouve la sécurité, la tranquillité et la salubrité. La santé publique renferme tous ces trois éléments. C’est dire combien, il est important de prendre à bras le corps cette pandémie. A ce titre, en dehors des recherches médicales des chercheurs sénégalais, il est possible de convoquer une cohorte d’experts pluridisciplinaire composée de juristes spécialisés en santé, d’épidémiologistes, de médecins, d’économistes de la santé, d’éthiciens, de religieux et j’en passe. Cette cohorte servira de groupe de réflexion pour mieux orienter des décisions prises dans le cadre des pouvoirs de police administrative.

Attention, soyons humbles pour accepter d’assouplir, de durcir et de modifier toute décision inefficace prise. Concernant la cartographie de l’état de la propagation, il faut dire qu’elle constitue à notre avis une mine d’or à exploiter pour prendre des décisions à la hauteur de la situation actuelle. Certes, l’Etat a mis un fonds important pour la riposte contre le Coronavirus, mais dans une pareille situation, les agents d’exécution du budget doivent miser sur des solutions efficaces à moindre coût. Il convient de mettre l’accent sur la gestion éthique des deniers et biens publics durant et après la crise.

Toutes les zones touchées doivent être astreintes à un confinement total sous la surveillance des services de renseignement déployés en travaillant en étroite collaboration la structure dirigeante du plan de contingence. Les services d’hygiènes et les sapeurs-pompiers doivent être mobilisés pour désinfecter durant des nuits les quartiers ou ville en fonction de la cartographie. Les populations soumises à un confinement total doivent bénéficier de masques et nourriture nécessaires. A chaque contexte une cartographie particulière précise sur le nombre de famille doit être établie. Les chefs de quartier peuvent tenir un cahier ménage sur lequel est inscrits tous les membres des familles. Toute personne étrangère doit être signalée au chef de quartier. Ainsi, en fonction de l’évolution de l’épidémie d’autres mesures pourront être prises.

Notre pays vient de mettre en place un plan de contingence pour faire face à la crise. Je m’interroge sur l’existence d’une doctrine nationale de gestion des épidémies. Si cela existe tant mieux : les experts sauront que faire. Mais s’il n’existait aucun plan déjà établi que faut-il faire ?

La réponse naturellement sera de prévoir un plan de contingence, mais quel plan et comment le prévoir ?

Ce song autant de questions, m’a-t-on appris au proche orient, qu’on doit se poser. Un plan de contingence se prévoit à l’avance et nécessite plusieurs exercices de simulation sinon ce serait de l’amateurisme où des risques d’erreurs graves seront les bienvenues. On se retrouve dans un mariage forcé et prometteur entre, le droit administratif, le droit de la santé et la gestion de crises et situations urgentes. Ainsi, s’ouvre un passionnant débat à la fois doctrinale et pratique pour ceux qui veulent savourer les délices d’une réflexion constructive et productrice.

Un projet de gestion de crise obéit à des règles d’or et répond à quatre critères fondamentaux.

Quelques recommandations :

⎫ Eviter des plans de gestion de crise pour chaque ministère ou institution, les choses risquent d’aller dans tous les sens ;
⎫ Création d’un groupe pluridisciplinaire composé de juristes de la santé, d’économistes de la santé, d’épidémiologistes, de médecins, d’éthiciens, de religieux sous la supervision du secrétariat général du gouvernement pour assister en amont et en aval les autorités de police administratives dans leur prise de décision ;
⎫ Créer une cellule nationale de gestion de crise sous la direction soit du Directeur général de la police, soit du haut Commandant de la gendarmerie ou du Chef d’Etat-major de l’armée, structurée comme le modèle digne de gestion crise ;
⎫ Faire confiance au génie de notre peuple et encourager la recherche pour le traitement du Covid-19 ne serait-ce que pour développer des méthodes de tests systématiques à grande échelle ;
⎫ Se soucier de mettre des hommes qu’il faut à la place qu’il faut dans la gestion des décisions imminentes prises par le Chef de l’Etat ;
⎫ Tenir un atelier de partage avec des experts humanitaires du système des Nations Unies et autres organismes pour asseoir une doctrine nationale humanitaire ;
⎫ Veiller à une gestion éthique des deniers et biens publics ;
⎫ Développer dans les plus brefs délais des formations de préparation de la population à la résilience ;
⎫ Encourager une forte implication des guides religieux (musulmans et chrétiens) à tous les niveaux surtout dans le processus de prise de décision ;
⎫ Mettre à jour le contenu et les formes de la sensibilisation ;
⎫ Mettre à jour le plan de contingence en fonction des propositions pertinentes et de l’évolution de la pandémie ;
⎫ Commencer à former d’autres agents de santé à la prise en charge comme les titulaires de diplôme d’Etat en santé actuellement au chômage pour renforcer le personnel ;
⎫ Mettre en avant la fibre patriotique sans rien attendre en retour pour vaincre ensemble le Covid-19.

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