GOUDIRY – LA DIFFICILE RÉINSERTION DE 350 MIGRANTS

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MIGRATION

Les migrants de retour dans le département de Goudiry (région de Tambacounda, Est du Sénégal) ne savent plus à quel saint se vouer. Au nombre de 350, selon le président de leur association, ils se disent plus que « désespérés par cette longue attente ». Le bout du tunnel est encore loin. « On ne l’entrevoit même pas », sourit Moussa Kébé, qui semble prendre goût à la thérapie de l’autodérision. Derrière le masque, il s’inquiète de son sort. Si « l’Association des Migrants de retour » a mis en place un GIE et dispose de deux hectares de terres arables, celles-ci restent encore non exploitées, faute de moyens. « Nous ne demandons qu’une motopompe et la clôture de cet espace », plaide Kébé, interrogé par Emedia.sn.

Plaidoyer des autorités locales

Pourtant, aux yeux des autorités administratives, les moyens sont disponibles. Selon Abdoul Konaté, adjoint au préfet, « ces jeunes qui ont décidé de revenir après une tentative malheureuse d’émigration, doivent bénéficier d’un soutien à la fois psychologique et matériel. Cela permettrait leur bonne réinsertion sociale », assure-t-il. « Ces anciens candidats à l’immigration illégale étaient partis, généralement, avec les maigres économies de leurs familles respectives », de l’avis de l’administrateur civil. De retour, sans travail fixe, leur situation risque d’aggraver la situation de pauvreté dans la zone.

Depuis quelques temps, des actions de luttes contre la migration irrégulière ont été enclenchées. Elles sont appuyées par des organisations telles que l’OIM (Organisation Internationale pour la Migration), La Croix Rouge et l’Union Européenne. Toutefois, le président de « l’Association des Migrants de retour » déplore le fait que ces actions ne soient jamais concrètes alors qu’elles sont censées être faites en leur nom.

En 2014, des migrants bloqués en Lybie ont décidé de revenir au bercail, sous la demande de l’Etat du Sénégal. A en croire Abdoul Konaté, Goudiry a enregistré plus de candidats à l’émigration. Un état de fait que déplore les migrants de la zone, qui regrettent que tous les projets s’arrêtent à Tambacounda.

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