GRAND-DAKAR MET EN PLACE L’OPÉRATION « ROMB RAXAASU »

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REPORTAGE

Grand-Dakar. Il est 12 heures passées, le soleil est déjà au zénith. Les habitants de cette commune, qui s’étend de l’avenue Habib Bourguiba au nord, à la rocade de Fann-Bel Air, au sud vaquent à leurs occupations. Les vrombissements des voitures, s’entremêlant aux bruits qui proviennent des ateliers de mécaniques, de menuiserie et de métallurgique, produisant une pollution sonore qui ne semble pas déranger les habitants. Mais, dans cette commune, malgré le train-train de la vie, les gens se sont bien organisés pour lutter contre le Coronavirus qui s’installe un peu partout au Sénégal.

Des jeunes se sont mobilisés pour mettre en place des comités qui veillent au respect des mesures de prévention édictées par le ministère de la Santé et de l’Action afin de limiter la propagation de la maladie. Ainsi, ils ont mis en place l’opération « Romb Raxaasu » (Ndlr : se laver les mains avant de passer). Cette opération consiste à mettre à l’entrée et à la sortie de chaque quartier un dispositif de lavage des mains. Eau, eau-de-javel, savons, gels antiseptiques, mouchoirs, tout est en place pour permettre aux autochtones ainsi que les visiteurs à prendre toutes leurs précautions.

LE LAVOIR, UN PASSAGE OBLIGÉ

Etudiant en première année, Mouhamadou Mounir Mboup fait partie des initiateurs de cette action. Masque au visage, ses mains protégés par des gants, il surveille les entrées et les sorties au quartier « Niak Jerignu ». Pas question pour lui de laisser quelqu’un accéder au quartier sans, au préalable, laver ses mains. Lui et ses camarades ne badinent même pas avec la mesure. Advienne que pourra ! Selon lui, tous les jeunes du quartier sont mobilisés pour sensibiliser contre le Covid-19. A l’en croire, ils ont fait une organisation du travail. « Chaque jour, ce sont 3 jeunes qui veillent à l’accès dans le quartier. Et que cela soit les habitants ou les simples passants, tout individu doit d’abord passer laver ses mains », explique-t-il. Concernant les produits qu’ils utilisent quotidiennement, ils font des cotisations pour les acquérir.

LES TONTINES AUTREMENT

Au quartier « Barcelone », c’est le même dispositif qui est adopté. Ici, c’est Amadou Thiam Diallo, trésorier général de l’amicale « Contingence 22 » qui gère les affaires. Assis sur un tabouret, il exige aux passants de passer au lavoir avant d’entrer dans le quartier. « Toute personne qui veut entrer dans le quartier laisse ici les microbes. On n’entre pas et on ne sort pas ici avec du microbe », dit-il avec engagement et détermination. Il explique qu’ils ont pris cette initiative pour aider l’Etat dans la sensibilisation contre le Covid-19. « Il faut privilégier la prévention et la communication pour lutter contre la propagation de cette maladie. Or, nous savons que tous que l’information n’atteint pas toutes les couches de la société. Donc, nous jouons notre partition dans le combat », ajoute-il. Mieux, il indique également qu’ils font du porte-à-porte pour sensibiliser ceux qui sont dans les maisons des méfaits de cette maladie. Et, il se réjouit que les efforts qu’ils sont en train de déployer ne sont pas vains. Ce, d’autant que la majorité de la population adhère à leur cause.

Toutefois, il informe que depuis 2004, les jeunes du quartier organisent des activités de propreté. Ils nettoient, régulièrement, les écoles, les lieux de cultes et les cimetières. En effet, les femmes du quartier ne sont pas en rade dans la lutte contre le coronavirus à Grand-Dakar. Elles sont en première ligne dans le combat. « Les femmes sont en première ligne dans cette lutte. Cela leur revient à montrer la voie à suivre parce qu’elles sont les mères, les épouses qui assurent la propreté dans les maisons », renseigne Maimouna Sabaly, ancienne championne du Sénégal de Roller. Abondant dans le même sens, Adji Thiam fait savoir que les femmes du quartier s’associent au combat des jeunes pour contrecarrer la maladie. « Les tontines qui favorisaient les rassemblements des femmes se font autrement. Maintenant, chacun reste chez soi et envoie sa cotisation hebdomadaire à la gérante de la caisse. A cette dernière d’envoyer, à son tour, à la gagnante son argent », explique-t-elle. Comme quoi, face à l’ennemi de la transmission communautaire, l’arme de la mobilisation communautaire est le meilleur rempart.

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