GREVE ILLIMITEE : LE SYTJUST SE RADICALISE

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JUSTICE

Le Syndicat des travailleurs de la Justice (SYTJUST) ne décolère toujours pas. Face à la presse ce jeudi 27 décembre, le Bureau national dudit syndicat, a affiché sa position consistant à « rester dans sa logique de mener une grève illimitée. » El Hadji Ayé Boun Malick Diop, le Secrétaire général du SYTJUST, met à l’index le ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall.
« Nous sommes en mouvement de grève de 48 heures renouvelables, avertit-il. Ce qui veut dire que nous sommes toujours dans notre logique de mener une grève illimitée parce que nous avons la latitude et la possibilité de reconduire de manière indéfinie le mot d’ordre jusqu’à avoir satisfaction de ce que nous réclamons. »

Mis au banc des accusés, le gouvernement est accusé, d’avoir « choisi la confrontation comme mode de règlement de cette crise qui était en gestation. En effet, il n’a pas su mettre à profit le délai d’un mois consacré par le préavis de grève. En lieu et place, on nous a servi un dilatoire. »
A en croire El Hadji Ayé Boun Malick Diop, leur rencontre avec leur autorité de tutelle, a empiré la situation. « Nous avons été convoqués par le ministre de la Justice, à une réunion mais celle-ci n’a abouti à rien du tout, fulmine-t-il. Pire encore, il s’est permis d’enfoncer leur revirement. Il nous a informés de son intention d’ajouter quelques dispositions contraires à nos intérêts qui n’ont pas fait l’objet de discussions dans les décrets adoptés le 25 juillet et qui doivent portés des réformes fondamentales dans nos plans de carrière et dans nos statuts. »

Le ministre de la Justice ne comprend pas le rôle des travailleurs

Il dénonce : « Au lieu de mettre à profit cette possibilité que leur offrait le préavis, ils ont décidé d’endiguer notre mouvement de grève par le déploiement de gendarmes, d’agents de l’administration pénitentiaire pour se substituer aux travailleurs de la Justice qui ne font qu’exercer un droit que la Constitution leur consacre. » Une décision vouée à l’échec, prédit-il : « Mais, d’ores et déjà, nous disons à l’opinion publique, qu’ils vont subir un échec cuisant parce que l’expérience nous en donne la preuve. » Il en veut pour preuve que « dans le passé, d’autres ont essayé sous le conseil des mêmes personnes qui ont conseillé le garde des Sceaux de substituer les travailleurs de la Justice en grève par des gendarmes ou des agents de l’administration pénitentiaire. » Et, liste-t-il, « jusqu’à présent, il y a des Sénégalais qui courent derrière les décisions qui ont été rendues à l’occasion de ces grèves. Il y a des Sénégalais dont la détention a été fortement prolongée pour la simple raison qu’il y a eu des substitutions de greffiers ou de travailleurs de la Justice en grève, qui a abouti à ces désagréments. Nous insistons pour dire que cette substitution inadéquate fera des victimes parmi les usagers du service public de la Justice. C’est dire encore qu’aujourd’hui, il est force de constater que nous avons un ministre de la Justice qui ne comprend même pas le rôle des travailleurs de la Justice dans l’offre de service public de la Justice. »
« Ce qui est regrettable, s’éructe-t-il, que la solution à (leurs) problématiques a été trouvée. Et cette solution, c’était une mise en œuvre de la volonté politique fortement exprimée par le président de la République lors de l’audience qu’il nous avait accordée le 5 avril 2018. »

A l’occasion de cette rencontre, précise le gréviste, « le président de la République, s’était solennellement engagé à régler nos doléances indemnitaires, celles relatives à notre plan de carrière par l’adoption de deux (2) projets de décrets, à l’assiette du fonds commun par l’adoption d’autres décrets. Et, à l’octroi de terrains pour l’habitat social. »
Au bout, peste El Hadji Ayé Boun Malick Diop, « il y a eu des débuts d’exécution mais malheureusement l’exécution a été suspendue par l’intervention du Garde des sceaux. »

D’abord, martèle-t-il, « il y a eu une inscription d’un montant de 5 milliards 597 millions FCFA à la rubrique des dépenses de personnel du budget du ministère de la Justice, qui a fait l’objet d’une Loi de finances rectificatives (LFR) du 29 juin 2018. Jusqu’à ce jour, ces dispositions du budget de la LFR n’ont pas été exécutées à notre bénéfice. Donc, jusqu’à présent, l’argent prévu n’a pas été dépensé pour sa destination que la loi a fixée et votée par l’Assemblée nationale ».

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