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HÉLÈNE TINE PLAIDE POUR UN DÉCRET D’APPLICATION

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Le projet de loi n° 31/2021 complétant certaines dispositions de la loi numéro 97-17 du 1er décembre 1997, portant code du travail et relatives à la protection de la femme en état de grossesse a été voté, ce mardi 5 avril 2022, à l’unanimité par les députés. Invitée de l’émission Jury du Dimanche (JDD) sur les ondes de la 90.3 Iradio, Hélène Tine, Présidente du Mouvement pour un Sénégal d’éthique et de travail et ancienne député à l’Assemblée nationale a salué le vote de cette loi.

« Parce que la femme enceinte, dit-elle, vit beaucoup de vulnérabilité surtout la femme travailleuse. Je salue toutes les organisations qui se sont battues pour que ce projet puisse aller à l’Assemblée nationale. Il faut souligner aussi que le Sénégal a ratifié la convention 183 qui protège la femme enceinte depuis 2004. Donc, le fait de voter cette loi, c’est pour notre pays une façon de respecter les engagements contenus dans cette convention. Parce que c’est une chose de signer une convention, l’autre chose non moins importante c’est d’inclure dans notre arsenal juridique national les dispositions de cette convention qui porte sur la protection de la femme enceinte », a-t-elle soutenu. Avant de poursuivre : « je pense que cette loi vient dans ce sens-là. Et, elle arrive à son heure parce que de 2015 jusqu’en 2022, ça veut dire depuis 7 ans qu’on a ratifié, on n’avait pas encore inclus ces dispositions dans notre arsenal juridique. Il faut maintenant l’inclure dans le code du travail pour que cela puisse être une réalité ».

Cependant, Mme Hélène Tine a des craintes concernant l’application de ladite loi. C’est la raison pour laquelle elle a lancé un appel aux parlementaires. « Je voudrais aussi interpeller le parlement parce qu’il faut s’assurer de l’application de cette loi. Nous avons toujours de très belles lois. Cette loi a été votée à l’unanimité par les députés présents ce jour-là à l’Assemblée nationale. C’est une chose de voter une loi, mais c’est une autre chose que de faire les décrets d’application. On a beaucoup de dispositions juridiques qui sont là et qui ne sont pas appliquées », a dit la présidente du Mouvement pour un Sénégal d’éthique et de travail.

Devant le JDD, elle a soutenu que le Sénégal a ratifié la Cedef (Convention sur 1’é1imination de toutes les formes de discrimination à 1’égard des femmes), mais beaucoup de dispositions de cette loi n’ont pas encore été appliquées. Surtout, renseigne-t-elle, quand il s’agit de question aussi pointue, c’est-à-dire de dire que c’est parce que c’est une femme enceinte elle ne doit pas être recrutée. Donc pour elle, il faut un observatoire pour le suivi de l’application de ces lois-là. « Il faut que les femmes se mettent ensemble pour le suivi de l’application de toutes les lois les concernant. Et la prochaine étape pour moi c’est de voir comment prolonger la durée du congé de maternité. De façon légitime, les femmes devraient avoir six mois de congé de maternité. Parce qu’après l’accouchement, on recommande d’allaiter l’enfant pendant six mois. Maintenant, il n’y a pas de crèche dans les lieux de travail. Il n’y a pas aussi de crèche communautaire et j’interpelle sur cette question les collectivités territoriales », a-t-elle plaidé.

Avant de finir sur cette question, elle a prévenu sur le fait que certaines entreprises vont craindre de recruter du personnel féminin. Mais, rassure Hélène Tine, c’est pour remédier à cette situation que cette loi-là est votée. Parce que selon elle, être femme ne doit pas être le handicap au recrutement. Une femme doit être une force supplémentaire.

Cheikh Moussa SARR
Pape Doudou DIALLO (Photo)

10 avril 2022


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