HIVERNAGES ET TRANSPORTS PUBLICS : PLUIE DE PRIÈRES POUR UN BON SAMARITAIN

news-details
DAKAR

Le coup de gueule d’Aïssata Ndiathie, l’animatrice de ’’Dakar direct’’, la matinale d’Iradio, retentit toujours sur les ondes de la 90.3. Un matin pluvieux, elle s’est heurté à la cupidité des chauffeurs de taxi qui pour une courte distance, voyait les tarifs quadruplés. Ce matin encore, les chauffeurs de taxi ont été vertement critiqués pour leur opportunisme dans la galère des usagers. Le constat est fait par les clients que les taximen profitent du mauvais temps pour faire grimper les prix. C’est le cas ce samedi matin après les fortes pluies enregistrées cette nuit.

Les habitants des Maristes (quartier de Dakar) surtout ceux qui doivent se rendre au travail ou mener d’autres activités en centre-ville l’auront su à leurs dépens. Pour ceux qui ne sont pas véhiculés, se déplacer relève du chemin de croix.

A 8 heures à l’arrêt de bus des lignes 232, 233 (DDD), 40 et 75 (Tata AFTU), les rares bus qui passent sont tous bondés. Face à une telle situation, il est quasiment impossible de compter sur les taxis. D’ailleurs les négociations ne durent même pas une minute. Les rues remplies d’eau n’ont pas aidé. Car, certains chauffeurs refusent de prendre des clients dès l’annonce de certaines destinations comme Point E. Dans la mesure où, constat fait à mi-chemin, le rond-point Castor est impraticable ce matin. Preuve en images. Un taxi y est complètement submergé.

Les chauffeurs ont dû dévier, à travers la SODIDA, pour se rendre aux HLM. Là aussi, devant Massalikoul Jinan, des occupants d’un car rapide sont aperçus en train de pousser pour aider le moteur à redémarrer.

C’est dans ce désordre indescriptible qu’intervient Djiby. Le bon samaritain du jour. A bord de son minibus, il a effectué le ramassage tout le long des Maristes jusqu’à Sahm. « Gnata ba Castor ? (Combien jusqu’à Castor ?) », demande une dame, son bébé attaché au dos. « Vous ne payez rien madame, je vous dépose jusqu’à Castor ». N’en croyant pas ses oreilles, elle se dépêche de prendre place, elle qui attend le bus depuis l’aube.

« Mais où est l’apprenti ? », s’enquiert une étrangère de teint clair et foulard blanc serré autour de ses cheveux, qui n’avait pas eu l’information. « C’est gratuit », lui répond le passager voisin. « Aujourd’hui, on est vraiment gâté hein. Dieu lui rendra au centuple ce qu’il a fait pour nous aujourd’hui », sourit-elle. A côté, les quolibets pleuvent contre les taximen. « Da ño fuuy (ils sont effrontés) », peste une autre passagère, dans sa tenue traditionnelle mauve.

Transporté par la pluie de prières, Djiby est parvenu, avec ses passagers bienheureux, à rallier Sahm. Là, un taximan explique qu’ils sont obligés d’augmenter les prix en raison des nombreuses déviations en temps de pluie. Est-ce normal ?

Vous pouvez réagir à cet article