image

IL ENVOIE SON AMI D’ENFANCE EN PRISON

image

C’est l’histoire d’une amitié de plusieurs années compromise par une affaire d’escroquerie qui a atterri au tribunal de grande instance de Mbour. I. Diop avait vendu à M. Dièye un terrain pour baptiser son enfant. Avant de la revendre à un autre.

Ibrahima Diop et Moussa Dièye sont des amis d’enfance qui ont tout partagé ensemble, entretenu des relations fraternelles telles que leurs épouses respectives ont tissé entre elles des liens solides. Seulement un conflit portant sur une parcelle a poussé Moussa à envoyer son ami en prison. En 2016, Ibrahima qui devait baptiser son enfant est confronté à des difficultés financières. La seule personne à qui il pense devoir soumettre son problème est son ami Moussa. Il lui propose de lui vendre une parcelle sise à Sindia à 1,5 million. Moussa accepte et lui remet un acompte de 1, 2 million. Les deux parties s’accordent à la signature de l’acte de vente une fois payé le reliquat de 300 000 FCFA. Chacun des deux amis y trouve, en tout cas, son compte. Ibrahima aura les moyens de baptiser, Moussa une parcelle pour sa famille.
Seulement, trois ans après, en 2019, Moussa est surpris d’apprendre que son ami venait de revendre sa parcelle. Il n’en croit pas ses oreilles et pour en avoir le cœur net il appelle son ami qui confirme avoir revendu la fameuse parcelle. Moussa est dans tous ses états et compte porter l’affaire en justice. « J’ai vendu la parcelle. Tu n’y peux rien. Tu n’as qu’à aller où tu veux », a-t-il admis. Cette phrase semble marquer le début d’une inimitié qui prend la place d’une amitié de longue date. Car Moussa Dièye a fini par porter plainte contre Ibrahima Diop.

Les parents de ce dernier étaient présents au tribunal et, séance tenante, ils ont remboursé à la partie civile la somme de 1,2 million. « Dans cette affaire, il n’y a pas d’escroquerie. Mon client a reçu un acompte de 1,2 million. La qualification d’escroquerie est prématurée d’autant que la livraison n’a pas eu lieu car elle ne peut pas précéder la vente qui n’est té exécutée sur partiellement. La partie civile est allée très vite en besogne et elle a eu honte », plaide l’avocat de la défense.

Après avoir empoché cette somme, le plaignant Moussa Dièye a demandé des dommages et intérêts de 7,5 millions. Le tribunal a condamné le prévenu à une peine de six mois assortis d’un sursis et à verser à la partie civile la somme de 3 millions.

Aboubakry KANE

7 septembre 2022


------------------------------------

Vous pouvez réagir à cet article