IL Y A 14 ANS, OUMAR DIAGNE LE PENSEUR...

news-details
HOMMAGE

Début mars 2007, le professeur Oumar Diagne quittait ce bas monde, laissant une famille inconsolable et de nombreux amis dans une tristesse indicible.

Philosophe, sociologue et anthropologue, l’homme, de son vivant, impressionnait par son large spectre de savoir touchant à plusieurs domaines de connaissances dans lesquelles il excellait. Il est mort jeune tant la promesse d’éclosion a déjoué les espérances de brio qui sommeillaient en lui.

Affable, discret, travailleur, rigoureux et méticuleux, Oumar Diagne était l’archétype de l’intellectuel qui dissèque, du penseur qui interroge et s’interroge sur le sens du monde, de l’univers et de l’humanité.

Oumar Diagne s’assumait au premier degré en universitaire aux prises avec un réel insaisissable.

En prenant fonction comme Directeur du Cesti, il découvrait l’immensité de sa tâche : celle de faire briller des talents dotés préalablement de savoir, de savoir-faire mais aussi et surtout de savoir-être dans un monde travaillé par les urgences et piégé par des turbulences sur fond de batailles des idéologies dont la fin, selon lui, approchait.

Ce philosophe, proche des thèses d’Edgar Morin, avait de la vision quand il pronostiquait le surgissement de nouvelles problématiques centrées sur les droits de l’homme, le marché (et ses forces émergentes), les "nouveaux habits du capitalisme" qui s’observe par le biais de l’intensification des flux financiers.

L’ancien Directeur du Cesti entrevoyait un monde gouverné par ces outils, puissants au demeurant et subtiles pour entraîner des engagements inattendus des jeunes notamment.

Chez lui l’observation prime pour déposer une empreinte. Ses écrits étaient de qualité tout comme ses pertinentes analyses surnageaient.

L’anthropologue qu’il était nous invitait assez souvent à dissocier les doctes emportements des efforts de lucidité pour détecter en les isolant les bruits, les fureurs (rumeurs et humeurs) et les mauvaises postures pour entrevoir une ouverture toute de limpidité.

C’était le sociologue accomplit qui jetait un regard de lynx sur les avatars de vie. Oumar, comme nous l’appelions affectueusement, soignait sa parole en sa qualité de dirigeant d’une grande École de journalisme.

Il voyait venir les changements et une inversion de rôles ici ou là avec l’arrivée tout aussi inattendue d’acteurs, presque sortis du néant, pour s’inviter bruyamment aux divers banquets de l’ordre des choses.

Oumar s’intéressait à tout et nourrissait sa pensée de la gravité du cheminement de l’humanité.

Il ne supportait pas l’approximation dans la quête de l’information qui devrait obéir aux règles professionnelles en plus de l’honnêteté et de la probité du journaliste. Oumar fascinait par son habileté intellectuelle.

Oeil perçant, visage avenant et silhouette chevaleresque, il dégageait une allure souveraine.

Son puissant esprit de synthèse dénotait chez ce Thiessois attaché à son terroir, une volonté de dépassement mais également un sens aigu du tragique sous la plume de ce chercheur cosmopolite, très distingué.

Nos pieuses pensées pour le repos de son âme. A Gnagna et aux enfants ainsi qu’à Aïda, notre vaillant soutien en ces moments de souvenirs sans doute pénibles...

Vous pouvez réagir à cet article