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IL Y A DE CES HOMMES QUI VOUS MARQUERONT À JAMAIS ! SORO DIOP EN FAIT PARTIE

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3h 30 mn. Mes doigts sont comme engourdis. Ma main tremblotante. Mon cœur bat plus fort que jamais. A cette heure, d’habitude, je prends un peu de temps pour corriger quelques papiers, le temps de poster en statut la Une de Bés bi. Mais, cette nuit, longue, très longue pour moi, je n’ai qu’une seule envie : écrire. Raconter. Mais comment, alors que je n’ai encore séché les larmes.

Comment, alors que je ne sais par où commencer ? Comment, alors qu’on ne peut sortir les mots d’un Soro Diop. Bon, juste deux phrases. Puis, les yeux vers le ciel. Et bizarrement, à cet instant de méditation, je ne vois que le visage de cet éminent journaliste, jovial. Fou rire presque jamais discret. Parce que c’est la nature de l’homme, qui respire toujours le bonheur. Pour que personne ne soupçonne une seule once de souci. Pour que les autres aient envie de vivre joyeux comme lui. Je veux raconter ce chef du grand et important desk politique du journal Le Quotidien, - au passage mes condoléances à notre patron Madiambal Diagne et toute l’équipe. Ce service politique doit son prestige d’ailleurs à l’esprit de rigueur, de profondeur, de Soro Diop. A sa personnalité et ses compétences. Soro, c’est l’intelligence comme… Minerve.

Plume alerte, aiguisée, mais qui ne pique que le faux, le mensonge.
Je regrette. Profondément. Je regrette d’avoir « zappé », comme envoûté, ta contribution de ce soir du vendredi 23 septembre 2022, que j’ai lue tardivement. Je regrette d’avoir préféré la publier que lundi pour avoir bouclé très tôt les pages « Contributions ». Pardonne-moi pour cette faute, maître. C’est alors que j’étais en cours de route pour rentrer après le bouclage, que j’ai pensé te laisser un mot.
2h du matin, je t’ai répondu : « Ziaar grand. J’avais bouclé mes pages Contributions. Mais je gère ça dans l’édition du lundi inchallah ». Je ne te vois pas en ligne, tu n’as
". lu mon message. Mais je me disais toujours : « Tiens, il n’est plus comme moi, dans les rédactions. Il ne joue plus nocturne. Certainement il est avec Morphée ». Je suis sûr qu’à ton réveil, tu me répondras comme d’habitude avec un sticker de merci. Et ensuite : « T’inquiète, frangin ».
2h 21mn. Le téléphone sonne dans le véhicule, Alassane Samba Diop s’affiche. Réflexe : « Tiens, tiens, Alassane à cette heure-ci, la Une a changé. » Et les collègues en rigolaient. Mais cette voix tremblotante me fait changer de ton. « Hamath, tu as bouclé ? ». « Oui, Alassane, je suis presqu’arrivé chez moi ». « Ah, d’accord. Je t’apprends une mauvaise nouvelle ». Puis un petit silence. A cet instant, je ne sais pas si mon cœur battait encore. « Soro a fait un accident. Il est décédé », m’informe-t-il. Mon « nooooooooon » bruyant et kilométrique a ralenti le véhicule. Tous les regards braqués sur moi. Toutes les oreilles pressées que je raccroche avec Alassane. Je suis muet. « C’est pas grave, allons-y », dis-je aux collègues. Avant de transmettre la nouvelle. C’est donc à la maison que je me suis rendu compte que c’est vrai que Soro est parti puisque ça venait de son frère, Alassane. Alhamdoulillah ! Quel honneur d’avoir été sous ta coupe, esprit généreux intellectuellement, humainement ! Quelle fierté d’avoir été ton chef de desk politique adjoint, sublimé par tes jeux de mots à la perfection, ce sarcasme que tu as contribué à imprimer au journal Le Quotidien. Un style que tu as continué à utiliser dans tes contributions.

4h 00 du matin. Je n’arrive pas à fermer l’œil. Ce n’est pas loin de la gymnastique. Je lis ta contribution de ce vendredi 23 septembre 2022, publiée il y a quelques heures sur Emedia.sn. « Contre la pensée unique, univoque et équivoque ». Me vient à l’esprit notre petite phrase : « Ça, c’est du Soro ! »
Je m’en arrête là, non pas pour dormir, mais parce que je n’ai plus d’autres mots pour te raconter, Soro Diop.

L’humilité, le savoir, la joie de vivre, le courage, la plume, la philosophie, le journalisme… Tiens, tiens, j’ai même oublié de poster la Une. Parce que la seule Une aujourd’hui, c’est toi, Soro. Merci Maître de la plume. Artiste des mots.
Repose en paix, grand « Zo » !
Hamath Kane, ton élève bien fier

Hamath KANE

24 septembre 2022


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