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"ILS DOIVENT QUITTER LA PROFESSION ET NE PLUS REVENIR" (BAMBA KASSÉ)

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« Cela entretient l’amalgame et jette du discrédit sur la profession ». C’est l’appréciation du président du Conseil pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie (CORED), Mamadou Thior, sur les journalistes-candidats et de membres de partis politiques à la tête des médias aux élections locales du 23 janvier 2022.

« Le public nous fait la leçon, parce qu’un journaliste doit être à équidistance de toutes les chapelles politiques. », regrette encore le confrère.

Le secrétaire exécutif du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication (Synpics), Bamba Kassé va plus loin. « On devrait par exemple réfléchir à une loi qui interdirait à des membres de partis politiques d’être nommés à la direction de médias publics. Cela réglerait une partie du problème. » Et de conclure : « Les journalistes sont des citoyens libres de faire de la politique. Mais s’ils choisissent cette voix, ils doivent assumer, quitter la profession et ne plus revenir, même s’ils sont battus dans les urnes. »

Proches du pouvoir aussi bien que de l’opposition, une dizaine de journalistes se sont portés candidats pour les élections du 23 janvier prochain. Ahmed Aidara, candidat de Yewwi Askan Wi (opposition) à la mairie de Guédiawaye et animateur-vedette de la Sen TV et de Zik FM, et Racine Talla, directeur de Radiodiffusion télévision sénégalaise (RTS), la chaîne nationale, sont directement visés.

« En France, il y a des médias de droite, de centre et de gauche. Pourquoi, au Sénégal, un journaliste ne ferait-il pas de la politique ? Où est le problème à partir du moment on est honnête et objectif ? » rétorque le second, dans Jeune Afrique.

Des arguments peu audibles chez ses confrères.

Dié BA

13 novembre 2021