INTERDICTION DE PRIER AU SEIN DE L’IEA : LA NOTE DE SERVICE QUI FÂCHE

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POLÉMIQUE

Après la polémique née de l’interdiction du port du voile à l’Institution Sainte Jeanne D’Arc de Dakar, place à la prière. Dans une note de service, l’Institut Européen des Affaires (IEA) de Dakar interdit « formellement » de prier dans l’enceinte de l’établissement. « En conformité avec l’article 13 du règlement intérieur de l’établissement IEA-Dakar. Se référant à la charte de laïcité de l’établissement – BO du 12/09/2013, vu l’article 3 de la loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République du 08/07/2013, il est porté à la connaissance de toutes et tous que l’IEA Dakar est une institution laïque, par conséquent, il est formellement interdit de prier dans l’enceinte de l’établissement », lit-on sur ladite note de l’établissement privé d’enseignement supérieur.

Une mesure qui intervient quelques jours seulement après le licenciement de deux (2) agents à la pharmacie Guigon, pour avoir outrepassé l’interdiction.
Dans tous leurs états, des imams sénégalais étaient montés au créneau pour dénoncer la mesure. Aujourd’hui, c’est Moustapha Diakhaté, l’ancien président du groupe parlementaire de la majorité Benno Bokk Yakaar (BBY), et ancien chef de cabinet du Président Macky Sall, qui pousse un véritable coup de gueule. Emedia.sn publie son post sur sa page Facebook in extenso.

« Le gouvernement du Sénégal doit annuler, sans délai, cette décision illégale, inopportune et dangereuse pour éviter à notre pays de sombrer dans des conflits confessionnels.

Contrairement à la France, il n’existe pas au Sénégal une loi qui permet à un quelconque établissement d’enseignement public comme privé d’interdire la prière musulmane ou le port de signes religieux en son sein.
Au regard des événements survenus à l’Institution Sainte Jean d’arc, et plus récemment à la pharmacie Guigon, il est temps d’introduire, dans le code du travail, et la loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République, des dispositions relatives à l’autorisation des cinq (5) prières obligatoires musulmanes et le port du voile islamique dans tous les établissements recevant du public.
Vive la République ! Vive le Sénégal ! »

Des avis partagés

« L’Etat se doit franchement de réagir et vigoureusement !! », peste Galaye Seck, un internaute commentant la publication de Moustapha Diakhaté. Egalement mécontent, Talla Diakhoumpa de renchérir : « S’ils osent le faire, c’est par ce que nos autorités ont relégué au second plan notre pratique de la religion. »
Dans un micro-trottoir réalisé par iRadio sur l’exigence professionnelle et l’obligation religieuse, les avis sont partagés. « Pour moi, c’est normal, relève Grand Laye. On ne doit pas prier dans son lieu de travail. Même en Europe c’est comme ça. Et pourtant les émigrés s’y conforment. En plus, vous avez le droit de sortir pour la pause. »

Un gérant de multiservice se démarque, soutenant mordicus que la prière est au-dessus de tout. « Le Sénégal est un pays laïc, quelque soit son appartenance religieuse, on a le droit de prier. C’est une obligation », déclare-t-il. En face, Samba Konaré appelle à plus de tolérance : « C’est vrai que les employeurs fixent leurs règles. Mais nous sommes dans un pays laïc, on doit tolérer certaines pratiques comme la prière, qui sont des obligations. »
Sur le sujet, selon les précisions de l’Imam Ibrahima Seck, « l’Islam permet au travailleur d’effectuer la prière une fois de retard chez lui s’il est empêché de le faire au lieu de travail. »

Joint au téléphone par Emedia.sn, l’IEA de Dakar promet de réagir ultérieurement.

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