INVENTAIRE DU PATRIMOINE SÉNÉGALAIS, 59 ÉLÉMENTS MIS EN EXERGUE

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Culture

Avec l’appui de l’UNESCO, l’État du Sénégal a introduit un inventaire pilote de 59 éléments de son patrimoine culturel immatériel, répertorié dans les 14 régions. Le projet mené par un pool d’experts, de chercheurs et d’acteurs culturel, a permis une évaluation de la richesse et de la diversité du patrimoine vivant des groupes ethnololinguistiques du Sénégal. Fatick, Diourbel et Sédhiou ont chacune livré cinq éléments là où toutes les autres régions en ont fourni, chacune, quatre, rapporte Le Soleil.

Ainsi, dans cette diversité, chaque région détient un patrimoine. Le ’’Ceebu Jën’’ (riz au poisson) est servi par la région de Saint-Louis. Dans le catalogue de présentation de ce patrimoine, il est défini comme un art culinaire et son invention est attribuée à la dame Penda Mbaye. Cette dernière qui gagnait sa vie en faisant la cuisine au marché, aurait eu de façon inédite l’idée de malaxer la tomate cerise au riz pour sa cuisson.

Il y a aussi le ’’laabaane’’, dont on dit qu’il vient de Diourbel. Un rituel qui fait souvent objet de controverse sous l’instigation de moralistes. Il s’agit de la célébration de la nuit nuptiale chez les wolofs, pour signifier la virginité de la femme après la consommation du mariage. La cérémonie est faite de chants, de battements de tam-tam, et de danses dans la cour de la maison, au petit matin.

Le ’’ndawràbbine’’ figure aussi en bonne place dans la liste, faisant l’identité de la région de Dakar. C’est un chœur de danseuses léboues, vêtues de grands boubous et de pagnes de qualité, qui chantent les valeurs positives et condamnent les contre-valeurs qui concourent à l’effritement du tissu social.

Fatick à son ’’xoy’’. Lequel est une cérémonie divinatoire en pays sérère, tenue à la veille de la saison des pluies, qui permet au saltigué (prête) de prédire l’avenir et les événements qui peuvent compromettre la stabilité sociale.

On trouve également le ’’ndagaa’’ (danse traditionnelle) dans le registre du Saloum (Kaolack).

Kolda se présente avec le ’’Dimba Tulung’’, un rite pratiqué dans le Fouladou par les femmes qui vont des invocations en faveur de celles qui ont des difficultés pour enfanter ou pour sauver les victimes de maladies infantiles.

La région de Kédougou vient avec son ’’ayël’’ qui est une cérémonie de masque traditionnel dénommé ’’Lukuta’’. Ce masque est le protecteur de la communauté Bassari et le maître des initiés qui incarne le génie protecteur des grottes où se réfugient les populations pour échapper aux envahisseurs et aux razzieurs d’esclaves.

Pour Louga, nous retrouvons le ’’Gaajo". Ce dernier est une danse de réjouissance et de glorification qui s’organise quand le roi du Djoloff et ses guerriers s’apprêtaient pour la guerre. Il est aussi organisé au retour des combats.

Le Fouta, par la région de Matam, contribue avec le ’’Fiifiiré’’, un rituel de chasse aux caïmans afin de protéger la pêche traditionnelle, rythmé de chants ’’pekaan’’ d’exaltation et d’illustration du groupe social des ’’cuballos’’ (pêcheurs peulhs).

Le Kankourang, une représentation de la région de Sédhiou, est un masque mystique de protection des initiés, couvert de fibres rougeâtres et tirant sur le marron.

Tambacounda se singularise par le ’’Marba Yaasa’’ c’est-à-dire le consoleur des peines. C’est un rite lié au pacte qu’un Bambara peut nouer avec le ’’djinn’’.

À Thiès, il est répertorié le ’’Ëw Dàllu Ngaaye’’, faisant référence à la technique de fabrication des chaussures et autres accessoires en cuir propres aux artisans de Ngaye Mékhé (département de Tivaouane). Le label est devenu une marque et un des poumons économiques de la zone.

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