ISSA SALL, AU MILIEU DE LA MÊLÉE

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PRÉSIDENTIELLE 2019

Issa Sall est en mauvaise posture. Le leader du Parti de l’Unité et du Rassemblement (Pur) qui se présente pour la première fois à l’élection présidentielle est pris dans une tempête médiatique. Son parti est mis en cause dans des violences survenues à Tambacounda. Bilan : deux morts. Près de trente membres de sa garde rapprochée sont arrêtés. El Hadji Sall, de son vrai nom, vient de suspendre sa campagne à seulement 10 jours de tournée politique. Un contrecoup pour ce nouveau trublion politique arrivé 4e aux dernières législatives de juillet 2017, et qui fait face à quatre gros challengers, Macky Sall, Ousmane Sonko, Madické Niang et Idrissa Seck. Qui semblent avoir pris une longueur d’avance sur lui. Un bad buzz qui pourrait freiner la blitzkrieg politique du Pur dont le candidat s’est pourtant déclaré prêt à prêter serment dans un mois.

Ce « Vert » n’est pas un bleu

Si le visage est moins connu que le nom, Issa Sall n’est pourtant pas novice en politique. Il est un dissident du Parti socialiste. Entre la politique et les amphithéâtres, Issa Sall a plusieurs vies. Enseignant et un des pionniers de l’informatique au Sénégal, El Hadji Sall est aussi un passionné des arts martiaux.

Issu de la confrérie des « Moustarchidine », il a fait le pari de mettre en avant la religion et d’en faire le soubassement de sa politique. « Un bon président doit être droit et croire en Dieu », assume-t-il. Un pari qui pourrait être gagnant dans un pays à 95% de musulmans.

Sa candidature à la présidentielle du 24 février entre en droite ligne avec la progression du PUR lors des élections législatives de 2017. Avec plus de 155 000 voix (4,7 % des suffrages exprimés), la formation vert-blanc a obtenu trois sièges à l’Assemblée nationale. C’est la consécration pour le Parti de l’unité et du rassemblement créé le 3 février 1998. Une date de naissance qui en fait le plus vieux parmi tous les partis en lice pour la présidentielle du 24 février 2019.

Un des premiers docteurs en Informatique du Sénégal, il a fondé en 1998 l’Université du Sahel. Il y enseigne l’informatique générale, l’architecture informatique et l’intelligence artificielle. Il a fait plusieurs publications sur les systèmes informatiques et le rôle des technologies dans le renforcement de la démocratie.

Le professeur Sall est d’ailleurs un habitué du traitement informatique des élections. Comme consultant international il a traité, entre le 1993 à 2012, toutes les élections présidentielles, législatives et locales qui se sont déroulées au Sénégal, de même qu’au Burkina Faso de 2005 à 2007. Le coordonnateur national du Pur a été le premier vice-président du Conseil Régional de Fatick entre 1996 et 2001.

Des valeurs Pur

C’est dans son Tattaguine natal qu’El Hadji Sall fait ses humanités à l’école française avant rejoindre le lycée Charles De Gaulle de Saint Louis. C’est à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar qu’il obtient un Diplôme Universitaire de Technologie, option Électronique avant d’aller aux USA où il a obtenu un Master (MSc) et un Doctorat (Ph.D.) en Sciences informatiques.

Pour son premier jour de campagne, le candidat du Parti de l’unité et du rassemblement (PUR), la caravane d’Issa Sall, a sillonné la banlieue de Dakar, notamment département de Pikine où ils ont obtenu « le plus important électorat pendant les législatives ».

Une manière de renouer avec sa base électorale proche de la tidianiya sénégalaise par le biais de la dahira des Moustarchidine Wal Moustarchidaty (Cercle des hommes et des femmes à la recherche de la juste voie). Cette « base populaire et social du dahira est une force pour le Pur », selon l’analyste politique Babacar Diouf. Serigne Saliou Samb, spécialiste en sciences politiques reconnait que « la force de mobilisation de ce parti pourrait peser à la présidentielle. Il a déjà fait ses preuves lors des dernières législatives ».
Mais le Pur veut se détacher de cette image de dahira dont le guide spirituel Serigne Moustapha Sy est remarqué pour ses positions dans le débat politique national. Issa Sall se targue même d’être le candidat du « seul parti dont le candidat n’est pas le président ». La formation compte rassembler « les forces vives de la nation », bâtir une société sénégalaise basée sur « le respect de ses valeurs et de sa culture ».
« Le Pur n’est pas d’obédience religieuse ni régionale ni ethnique », a défendu Issa Sall dont le programme Pur 100 est axé sur « l’homme ». Le développement humain y figure en bonne place avec la formation et la santé.

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