image

« JE SUIS UN GARÇON DÉCOMPLEXÉ ET … »

image

Il incarne une légende mondiale et gare à ceux qui le qualifient de légende africaine. « Je ne comprends pas… j’ai fait rêver le monde », explique Samuel Eto’o fils, sans complexe avec un brin de sourire. Du Fc Barcelone à l’Inter de Milan en passant par Chelsea, l’ancien capitaine des Lions indomptables, aujourd’hui président de la Fédération camerounaise de football a marqué le football. C’est cet homme, au palmarès long comme le bras qui a fait le déplacement hier, au Point E, pour s’entretenir avec le groupe Emedia. Coupe du monde, chances des nations africaines, Sadio Mané, « meilleur joueur du monde », l’ambassadeur de Qatar 2022 est… indomptable.

À 96 jours du coup d’envoi de la Coupe du monde Qatar 2022, vous serez là comme acteur majeur de cette grande messe du football mondial dont le compte à rebours a démarré. C’est justement l’objet de votre visite au Sénégal, n’est-ce pas ?
Oui, nous sommes venus communier avec les fans du Sénégal, montrer tout ce que nous avons préparé depuis bientôt quatre ans et leur dire qu’ils seront chez eux, au Qatar, et essayer d’expliquer toutes les facilités possibles, pour qu’ils n’aient pas peur des fausses nouvelles qui se répandent à gauche et à droite. Nous voulons aussi montrer que le Qatar est l’un des plus beaux pays au monde. C’est un petit État, mais avec un très grand cœur, et nous connaissons les cœurs des Sénégalais, donc nous serons heureux de vous recevoir chez vous, au Qatar.

Justement, vous avez effectué vos derniers pas de footballeurs professionnel au Qatar. Comment s’est fait ce lien entre Samuel Eto’o et le Qatar, notamment via « le Supreme Committee for Delivery and Legacy » ?
Avant d’aller à Doha, j’ai eu pas mal d’amis qui m’ont dit qu’il fallait que je joue pour que je rentre enfin à la maison et je n’ai pas hésité. Je suis allé à Doha et je n’ai pas regretté les quatre ans que j’y ai passé. C’est une grande famille où tout le monde se sent bien et il fait bon vivre à Doha, pour ceux qui ont eu la chance d’aller dans ce pays du Golf, mais où les gens sont heureux et vraiment fiers. Vous pouvez voir un État comme celui-là, qui va organiser la prochaine Coupe du Monde et que nous espérons être la plus belle des coupes de football que le Monde ait jamais organisées.

Justement, cette visite vous mènera au Ghana, au Cameroun, chez vous, mais d’abord le choix du Sénégal, qu’est-ce qui l’explique ?
Vous savez, le Sénégal est champion d’Afrique. C’est un peu le leader dans le football aujourd’hui en Afrique et il est normal qu’on reconnaisse la place du Sénégal. Et vous savez que je porte le Sénégal dans mon cœur, parce que j’ai beaucoup d’amis ici, mais surtout je jouis d’une grande amitié et d’une relation de grand-frère et petit-frère, entre le meilleur joueur au monde actuellement (Sadio Mané) et moi.

Alors, comment avez-vous vécu ce sacre des Lions du Sénégal au Cameroun ?
J’étais très heureux même si j’aurais souhaité que ce soit le Cameroun qui remporte cette très belle Coupe d’Afrique organisée chez nous. Mais les dieux du football n’ont pas voulu que ce soit le Cameroun et ils ont choisi un autre pays que j’aime énormément : le Sénégal. J’étais très heureux pour ce peuple, pour ces jeunes garçons et surtout pour Aliou Cissé, qui depuis plusieurs années, court derrière ça. Enfin, il l’a eu. J’espère que ce sacre mènera l’équipe du Sénégal le plus loin possible à la prochaine compétition.

Quels sont les joueurs Sénégalais qui vous ont marqué avant que vous ne soyez joueur professionnel ?
Qu’il repose en paix là où il est ! L’une des plus belles étoiles de notre continent, c’est notre papa, Jules (François) Bocandé. Qui nous a fait rêver, qui nous a permis de croire que c’était possible de devenir footballeur professionnel, surtout qui nous a montré qu’on pouvait être meilleur dans ce qu’on aime faire. J’ai eu la possibilité de jouer avec un footballeur, Demba Ba, à Chelsea. J’ai connu un jeune garçon exceptionnel. Je suis à chaque fois très ému, quand je parle de lui. Parce qu’il y a peu d’Africains comme Demba Ba. Je dirais même qu’il y a peu d’êtres (humains) aussi bons que Demba Ba. Ce matin, je parlais avec lui, pensant qu’il était encore à Dakar. Mais, il m’a fait comprendre qu’il est parti hier. J’espère que mon programme me permettra d’aller demain (ndlr : aujourd’hui mercredi) jusqu’à Saly pour visiter ce qu’il est en train de faire là-bas pour le Sénégal et pour toute l’Afrique. Je profite, ici, pour lui dire que je suis très fier d’être son grand-frère parce que c’est un homme de valeurs.

À quoi devrions-nous nous attendre en termes d’engouement, de festivités, d’effervescence ?
Il faut s’attendre à une très belle Coupe du monde. Vous savez, on dit généralement, que ce sont les meilleures nations qui sont qualifiées, même si, chez nous en Afrique, je suis très heureux de ces cinq nations qualifiées en plus avec toutes les émotions qu’il y a eu pendant les qualifications. Mais, il y a un petit regret, qui est aussi une demande, pour nos dirigeants, c’est de plaider et de voir comment la plus grande confédération a moins de participants à cette Coupe du monde. C’est de se donner l’occasion d’avoir plus de places en Coupe du monde. Quand vous regardez les nations (africaines) qui ne vont pas (y) participer, vous voyez l’Égypte, le Nigéria, l’Algérie, que des grandes nations du football de notre continent. Je pense qu’en ayant peut-être trois ou quatre places (supplémentaires), ça augmenterait nos chances pour mieux compétir face à d’autres continents. Ce sont des choses qui prendront encore un peu de temps mais, j’espère qu’elles seront au moins débattues. Maintenant, ce à quoi nous pouvons nous attendre à Doha, je peux vous dire que, pour une belle compétition comme celle-là, la seule chose que je souhaite pour les nations africaines, c’est qu’il n’y ait pas de problèmes administratifs. Parce que notre premier ennemi, ce sont les problèmes administratifs. J’espère que les présidents de fédération que nous sommes, nous ferons tout pour que nos nations arrivent dans les meilleures conditions dans cette compétition et que nos joueurs ne rêvent qu’à ramener ce beau trophée en Afrique. Vous savez le continent n’a jamais gagné ce trophée. Les Africains doutent même de leurs chances de le remporter. Parce qu’on nous a fait croire que c’était impossible.

Et justement qu’est-ce qui sera déterminant pour que nos 5 représentants fassent le parcours de qualité que tout un continent attend d’eux ?
C’est juste que les gamins rêvent que c’est possible. Être champion du monde, c’est être le meilleur de cette rencontre. Ce n’est pas 200 rencontres, c’est cette rencontre. Et, pour être champion dans les divers championnats, il faut parfois faire 30 et poussières de rencontres pour être champion. Donc, c’est à la portée de ces garçons-là et aujourd’hui, nous jouissons du meilleur joueur au monde pourquoi notre continent ne devrait pas rêver ?
Je vais vous raconter une histoire que je partage souvent avec certains joueurs de mon équipe nationale. Et je dis souvent, ce qui était difficile pour moi, c’était que j’ai été plus jeune et que je me réveillais un matin et je ne savais pas comment allait me nourrir, malgré tous les efforts de mes parents. Et aujourd’hui, je vois que j’ai pu avoir une très belle carrière, j’ai pu gagner pas mal de trophées. Donc, pour moi, rien n’est impossible tant qu’on y croit. Et ce dont nous avons besoin justement, c’est d’amener ces enfants à croire que le plus difficile pour eux est derrière eux, parce que ce sont des privilégiés. Ils n’ont plus certains problèmes que nous avons peut-être connus ou quand ils étaient plus jeunes. Aujourd’hui, nous leur demandons juste de prendre beaucoup de plaisir dans ce qu’ils aiment.

La particularité de cette Coupe du monde, c’est qu’elle va s’organiser sur une superficie un peu réduite 60 à 70 Km entre les terrains. Mais c’est une période aussi connue par les Africains. Est-ce que ça peut être un avantage pour les représentants du continent ?
Ah non, détrompez-vous ! Parce qu’entre novembre et décembre, à Doha, nous avons des températures entre 15 et 24 degrés, donc faites très attention. Il ne fait pas très chaud comme on peut l’imaginer, non il fera plutôt froid et les stades climatisés. Donc, vous aurez des températures dans les stades entre 17 et 20 degrés, donc ce sont des températures qui seront agréables pour tout footballeur. La chance que les fans auront, c’est qu’ils peuvent justement- et ça c’est exceptionnel- vivre trois matchs en direct. C’est juste incroyable, c’est du jamais vu ! Vous sortez d’un stade à 13 h, vous allez dans un autre à 16 h et puis à 22 h vous êtes dans un autre stade. Et pour les passionnés de football comme nous, moi, je suis impatient de vivre ce moment et de pouvoir regarder tous les matchs pendant ces moments.

Mais au-delà de l’aspect environnement, climat et autres, la nouveauté, c’est que ça va se dérouler en plein milieu de la saison. C’est peut-être un avantage pour les sélections africaines qui ont l’habitude de jouer une grande compétition en cette période ?

Vous voyez donc, jouer une compétition africaine en milieu de saison n’est pas un handicap. Parce qu’on nous a fait croire que jouer la Can chez nous en janvier, février c’est un problème. Mais les gens ne comprennent pas que chez nous, dans notre continent, il pleut énormément en juin, juillet, août ou septembre. Je profite pour dire que ce n’est pas un handicap et, au contraire, nous aurons des joueurs qui seront en jambes, qui ont démarré la saison et seront beaucoup plus frais. J’espère que ça sera un avantage pour nos champions d’Afrique.

Vous avez disputé des Coupes du monde, vous n’avez jamais eu la chance de les remporter. Est-ce qu’aujourd’hui, il y a plus de chance encore pour nos sélections nationales de remporter cette coupe du monde, que ça l’était à votre époque ?
Évidemment, il y a beaucoup de chance parce que, quand vous regardez un peu, les sélections africaines sont de plus en plus dirigées par des anciens joueurs. Quand vous regardez peut-être la Fédération du Cameroun, le président c’est un ancien joueur, le sélectionneur qui a fait un miracle pour nous qualifier est un ancien joueur. Nous connaissons les problèmes que nous avons vécus et moi, je dis que ma Coupe du monde, elle sera administrative. Mon job, c’est de faire tout ce qui est à mon pouvoir pour que mes joueurs arrivent au Qatar sans aucun problème. Qu’ils aient une meilleure préparation, qu’ils aient le temps de discuter avec le sélectionneur, et surtout qu’il n’y ait pas le problème de primes. Et sur ça, j’ai vu que le gouvernement de mon pays a pris le temps pour convoquer les réunions nécessaires. Et ça, c’est un clin d’œil à la Fifa pour leur dire de ne pas nous sanctionner quand on prend des décisions de changer des entraîneurs qu’ils payent. Puisque vous demandez à nos gouvernements de financer le football et il faut reconnaître leur place. Dans ce sens, nous dirigeants, notre coupe du monde, je ne dirais pas qu’elle se limitera sur les aspects administratifs, mais on nous jugera sur ces aspects.

Il vous est souvent reproché d’être trop emporté par votre passé de leader de vestiaire au point de vous substituer parfois à l’entraîneur. Une vidéo dans laquelle on vous voit tenir des discours qui supplantent celui du sélectionneur a récemment fait le tour du web. Ne craignez-vous pas d’empiéter parfois le champ d’action de votre coach, Rigobert Song ?
Ce débat se pose dans notre continent et c’est dommage ! Mais vous savez que je suis président et mon sélectionneur, je me suis battu pour qu’il le devienne. Il me rend des comptes, car je suis son président et moi à mon ministre de tutelle. Donc, je suis pleinement dans mon droit d’intervenir si je trouve que quelque chose ne fonctionne pas bien dans mon vestiaire. C’est ça le rôle d’un président. Mon job n’est pas seulement de venir dire que tout est beau. Je défends mes joueurs et je vais les défendre jusqu’à ma dernière goutte de sang. Vous savez la passion déborde parfois. Nous ne nous contrôlons pas quand il s’agit de passion et je souhaite anticiper tous ces aspects parce que j’ai vécu malheureusement certaines situations que je n’ai pas voulu vivre. Ce n’est pas parce que nous n’étions pas bons, mais c’est parce que nous n’avions pas réalisé et anticipé le fait que les attentes étaient tellement élevées et nous n’avons pas répondu présent. Fort de cette expérience-là, aujourd’hui, en tant que président, je suis dans mes droits. Si j’estime qu’un joueur ne fait pas son job, je porterais mon costume de président, nous prendrons des décisions qui s’impose. À titre de rappel, vous vous souvenez que le président de la Fédération française avait fait une sortie pour dire que Benzema ne sera pas convoqué, ça n’a dérangé personne. Et pourquoi, en Afrique, quand un président dit quelque chose qui est censée, on crée des débats insensés. Est-ce que les gens étaient avec moi quand je discutais avec mon sélectionneur pour savoir ce que nous nous sommes dit. Je pense que ceux qui ont des comptes à rendre à la fédération sont des joueurs, des sélectionneurs, et pas le contraire.

Les quatre sélections seront conduites par des sélectionneurs africains. Pensez-vous que cela pourrait avoir des effets supplémentaires dans les performances de nos coaches ?
Vous savez, l’Afrique est de plus en plus décomplexée et c’est cette Afrique-là que nous autres aimons. Quand j’ai pris la tête de la Fédération camerounaise de football et après un temps, j’ai su gérer à l’égard du Cameroun, qu’on prenne une décision à trois semaines du premier match qualificatif pour la Coupe du monde. D’aucuns disaient que j’étais devenu fou. Mais les gens oublient très souvent que nous avons passé 26 ans dans un bureau instable. Je côtoie les meilleurs entraîneurs au monde. Donc, je comprends quelque chose dans le monde du football et je savais qu’en désignant Rigobert Song comme sélectionneur de l’équipe nationale du Cameroun, j’étais en train de donner une chance à mon pays de se qualifier à cette belle Coupe du monde au Qatar. Je remercie le Président Biya et son gouvernement qui ont bien voulu me suivre dans cette idée. La suite, vous la connaissez. J’en profite aussi pour vous dire que je suis un Président comblé, heureux parce que j’ai parfois envie de partager certaines réunions que j’ai avec mon sélectionneur. Pour dire que c’est ce qu’on appelle sélectionneur, même en termes de projections de travail, c’est ce que je m’imaginais dans ma tête. J’en profite pour dire à M. Rigobert Song, mon sélectionneur, mon Comité exécutif que nous sommes très fiers du travail que vous abattez. Continuez à le faire parce que nous serons là toujours pour vous accompagner dans votre mission.

Beaucoup d’observateurs voient le Sénégal aller le plus loin possible à la Coupe du monde. Quelles sont les chances du Sénégal ?
Écoutez, c’est possible. Le sélectionneur Aliou Cissé travaille depuis 7 ans avec un groupe. Il est vrai que certains ont des problèmes dans leur club mais ça ne remet pas en question leurs qualités. Ils auront peut-être un problème de rythme mais je sais compter sur le sélectionneur Aliou Cissé, comme je sais compter sur le sélectionneur Rigobert pour trouver les solutions afin que leurs groupes fonctionnent bien. L’Afrique ne peut pas trouver d’excuses, nous n’en avons pas. J’apporte mon soutien à mon jeune frère Gana Guèye qui a traversé une situation, je ne dirais pas difficile parce que si vous demandez à 100 Africains, ce qu’ils pensent de cette question (refus de jouer avec un maillot aux couleurs Lgbt, Ndlr), ils vous donneront la même réponse que Gana Guèye. La seule chose que nous demandons, c’est le respect des opinions et qu’on n’oblige pas les uns et les autres à adhérer à ce qu’ils ne croient pas. C’est tout simple ! Cela ne veut pas dire qu’il est contre ou pour autre chose. C’est comme ça que j’ai appris à vivre dans cette Europe qui m’a accueilli, de respecter les choix des uns et des autres.

Quand vous terminiez votre carrière au Qatar en septembre 2019, vous disiez aller vers un nouveau défi. Était-ce le défi de tout reconstruire à la tête du football camerounais ?
Quand je suis arrivé dans cette fédération, rien n’a été fait. Il y a eu beaucoup de victoires ; mais véritablement, rien n’a été fait. C’était une maison sans fondation. Je sais que beaucoup me critiqueront mais les faits sont têtus, palpables. Parce que l’estime que j’ai pour mon pays me demande de mettre le Cameroun à un niveau très élevé. Pour ça, il faudrait que quand les gens arrivent au Cameroun, champion d’Afrique 5 fois, quand on voit les locaux de la Fédération camerounaise et qu’on se dise oui, c’est cette fédération qui a gagné 5 fois la Can et plusieurs participations à la Coupe du monde… Il ne suffit juste pas de parler. Il s’agit de dire voilà un championnat bien organisé dans le meilleur pays, footballistiquement parlant en Afrique, en termes de palmarès ou ce que vous voulez, ça fonctionne. Il ne s’agit juste pas de dire que je me lance dans une polémique parce que j’ai un intérêt et je me mets de l’autre côté en me mettant à dire du n’importe quoi. Je mets au défi quiconque qui peut venir me dire ce qui a été fait. En 8 mois, nous avons changé drastiquement la façon de faire à la Fédération camerounaise de football. Déjà mes collègues savent qu’ils doivent justifier leurs salaires. Cela veut dire arriver à l’heure au boulot, travailler… Il y a un management, une vision… On sait où on va et moi-même je suis là pour m’assurer et contrôler avec mon comité exécutif que le projet que j’ai promis aux Camerounais prend corps et il se voit. Les gens ont l’impression que nous sommes là depuis 15 ans, nous avons juste fait 8 mois. Ce n’est pas toujours facile parce que les gens ont toujours l’impression qu’ils maîtrisent mieux que vous. Si c’était le cas, ils devaient se présenter à cette élection, présenter un projet et devenir président de la Fédération. S’ils ne l’ont pas fait, qu’ils attendent la fin du mandat que mes délégués m’ont donné pour apporter leurs critiques. Mais je dis encore que ce soient les clubs, les supporters, le football féminin ou en équipe nationale, mes objectifs en 8 mois ont été largement atteints.

Que pensez-vous du racisme dans le sport ?

Il nous revient nous Africains de savoir nous mettre ensemble pour batailler en regardant dans la même direction. Le véritable problème des Africains est qu’on nous divise tellement vite que vous verrez un autre nègre de maison sortir et dire que Osimhen (joueur de Naples et victimes de cris racistes, Ndlr) a exagéré dans son comportement. Non ! Nous devons condamner au plus haut niveau tout geste qui porte atteinte à notre couleur, à l’un des nôtres. C’est comme ça qu’on pourra nous faire respecter. Moi, je suis un garçon décomplexé et j’ai énormément confiance en moi parce que j’ai vu le jour et la nuit. En partant de là où je suis parti pour arriver là où je suis, en ayant que mon talent, mon courage et surtout cette fierté de dire que je vais créer une belle histoire pour l’Afrique, je ne me sens pas moins que les autres, ni plus que les autres. Je marche avec certaines règles de la vie. Vous me respectez, je vous le rends. Si vous ne me respectez pas, je vous le rends aussi. Ceux qui me font toujours des reproches, ce sont nos frères africains en disant que j’exagère. Non. La base de toute chose, c’est le respect. Je ne comprends pas quand je me retrouve dans une salle avec certaines légendes du monde qu’on dise un X est une légende mondiale et que Samuel Eto’o est une légende africaine. Mais, j’ai fait rêver le monde.

Babacar Ndaw FAYE
Saikou SEYDI
Abdoulaye Sylla (Photo)

17 août 2022


------------------------------------

Vous pouvez réagir à cet article