JEAN CLAUDE MARUT : « La rébellion en Casamance est plus affaiblie que jamais »

news-details
ANALYSE

Dans le sud du Sénégal, les rebelles du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) menacent de reprendre les armes. Sept ans après le début des négociations initiées par le président Macky Sall, et alors que le processus de paix est toujours en cours, la rébellion a considérablement perdu de sa force, selon Jean-Claude Marut, spécialiste du conflit casamançais, dans une interview accordée à Jeune Afrique.

Il a convoqué lui-même un point presse auquel il ne s’est pas présenté. Le 27 avril, Salif Sadio a fait sortir ses lieutenants du maquis de la verte Casamance pour s’exprimer sur les négociations de paix que le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) mène avec l’État sénégalais depuis 2012, et qui « piétinent », selon lui.

Le leader du front Nord du mouvement indépendantiste est même allé plus loin. Par la voix de ses fidèles réunis dans le village de Koundjoughor, il a menacé de reprendre les armes pour « faire avancer » un État du Sénégal qui ne « montre aucune volonté de respecter ses engagements ».

Pour l’ancien géographe Jean-Claude Marut, spécialiste du conflit casamançais, la rébellion a perdu de sa force mais est tout de même suffisamment armée pour mener des « opérations symboliques ».

Pour lui, « le rapport de force entre l’État et le MFDC a évolué de telle manière que toute action militaire de la rébellion ne peut pas aller très loin. D’autant plus que le front de Salif Sadio, isolé du reste du groupe rebelle, a perdu, avec la chute de l’ancien dictateur Yahya Jammeh, les possibilités de repli et de ravitaillement que lui offrait la Gambie voisine. Mais les rebelles sont tout de même assez armés pour pouvoir mener des opérations symboliques. »

Vous pouvez réagir à cet article