JUSTIN TRUDEAU : « DES RELATIONS EXTRÊMEMENT POSITIVES AVEC LE SÉNÉGAL »

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SÉNÉGAL-CANADA

Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, a été reçu par le chef de l’Etat, Macky Sall, ce mercredi, 12 février, après son arrivée au Sénégal. Un tête-à-tête lors duquel il a été beaucoup question d’échanges économiques (commerce et investissement, etc). Comme rapporté lors de la conférence de presse que les 2 hommes ont animée après l’audience, au Palais de la République. Entre autres domaines abordés tels que la paix et la sécurité, « nous sommes dans une phase ascendante de la coopération entre le Canada et le Sénégal », résume le président Sall. Par ailleurs, relativement à la candidature du Canada au Conseil de sécurité des Nations-Unies, le Premier ministre canadien a obtenu le soutien du Sénégal. La relation entre 2 pays remonte à 1962.

L’année 2020 décrétée année du Canada au Sénégal

« C’est une ambition qui est exprimée, explique le chef de l’Etat, Macky Sall, interpellé sur cette décision. D’abord au plan politique, diplomatique. Evidemment les 2 pays ont une coopération exemplaire mais nous voulons qu’à travers le commerce et l’investissement nous puissions booster cette relation. C’est dans ce cadre qu’il faut comprendre cette année du Canada au Sénégal, 2020. Et nous avons des perspectives heureuses avec l’avènement de la Zone de libre-échange continentale en Afrique (ZLECAF). C’est un marché important, donc, entre hommes d’affaires, secteur privé canadien, et sénégalais, on pourra bien voir quelles sont les synergies qui peuvent être mises en place pour parfois une délocalisation d’entreprise, parfois également, voir comment le Canada peut travailler avec cette zone qui est énorme, concernant toute l’Afrique. Donc, il y a des perspectives très intéressantes. Il y a des sujets sur lesquels nous pouvons avoir une complémentarité, et c’est dans ce cadre que les 2 gouvernements travaillent déjà. »

Poursuivant, il rappelle que « la coopération sénégalo-canadienne, qui remonte à 1962, porte sur l’environnement, la santé, l’enfance, la jeunesse, l’éducation et la formation entre autres secteurs. Ensemble, nous convenons aussi que nous pouvons faire mieux et nous allons faire mieux surtout, dans le domaine des échanges commerciaux, et de l’investissement. A ce sujet, j’ai fait part au Premier ministre Trudeau, que nous sommes disposés à poursuivre avec nos amis canadiens tous les efforts nécessaires pour approfondir nos relations et élargir notre partenariat dans le cadre de la phase 2 du Plan Sénégal Émergent (PSE), faisant appel plus au secteur privé. En plus du secteur minier dans lequel s’active des sociétés canadiennes. Au Sénégal, nous pouvons en effet, explorer d’autres possibilités de collaboration, et nous l’avons vu tout à l’heure pendant le tête-à-tête des secteurs comme l’agriculture, l’économie verte, le pétrole et le gaz où le Canada a une très grande expérience. Mais aussi c’est un pays qui a connu un développement fulgurant de l’activité minière. Et nous avons besoin de renforcer les capacités dans ces secteurs. Et le Premier ministre ainsi que son gouvernement sont disposés à accueillir des cadres sénégalais pour leur donner davantage de formation,... »

Quel souffle nouveau à la coopération sénégalo-canadienne ?

« Ça fait très longtemps qu’on a des relations extrêmement positives avec le Sénégal, confie, à son tour, Trudeau. Les investissements en développement sont présents depuis des décennies particulièrement dans le domaine de l’éducation. (...) Mais on est dans un monde qui est en train de changer. On comprend que l’éducation devient de plus en plus importante, mais aussi de plus en plus spécifique. On a besoin d’investir encore plus en sciences, technologies, ingénierie, et mathématiques. On a besoin d’investir encore plus dans l’éducation technique, dans la programmation. Le Canada a de grandes capacités, et pendant que nous aussi on fait ce virage, on peut aider à faciliter ces formes d’éducation déjà présentes au Sénégal qui pourraient encore réussir. Se préparer pour l’économie de l’avenir est extrêmement important. C’est pour ça que nous sommes en train de travailler pour qu’il y ait plus d’ambition par rapport à l’éducation, et par rapport aux étudiants qui viendraient du Sénégal pour étudier au Canada. L’année passée, on a augmenté de 20% leur nombre. Et on a mis sur pied un programme accéléré pour faciliter l’accès aux étudiants du Sénégal. Vous êtes le seul pays avec le Maroc, en Afrique, qui a accès à ce programme-là. Parce qu’on a de bonnes relations avec les étudiants venus d’ici. Alors, nous allons continuer à travailler là-dessus pour un avenir encore plus technologique, plus ambitieux, et accès sur la croissance économique, et l’entrepreneuriat. »


« La voix canadienne aux Nations-Unies »

« Le Canada est déjà très engagé dans le multilatéralisme, ajoute le Canadien. On comprend à quel point les Institutions comme l’ONU sont essentielles pour pouvoir établir des solutions dans lesquelles tous sont impliqués pour avoir vraiment les bonnes réponses. Alors pour nous, d’avoir un siège au Conseil de sécurité dans les années à venir nous permettra d’approfondir le travail qu’on est déjà en train de faire, d’être une voix de plus pour nos amis qui partagent nos valeurs et nos perspectives pour la paix et la sécurité. Nous reconnaissons, par exemple, quand on parle de sécurité dans la région, la communauté internationale doit être impliquée mais celle-ci doit avoir différents volets : la sécurité par les forces armées, ça le Canada est engagé à aider dans le cadre des opérations pour la paix. Mais quand on parle de sécurité particulièrement au Sahel, il faut aussi reconnaître beaucoup de défis au niveau de la radicalisation des jeunes provient du manque d’opportunités économiques, d’emplois, pour eux. Et c’est ce qu’il faut essayer de contrer par des investissements avec des partenariats pour la création de croissance économique. On doit aussi reconnaitre l’impact des changements climatiques dans le bassin du Lac Tchad. Il faut travailler de concert avec la communauté internationale pour adresser ces enjeux-là. C’est pour cela qu’une voix canadienne au Conseil de sécurité pourra approfondir les efforts que nous avons déjà pour répondre à des préoccupations communes. »

« L’initiative Elsie pour la participation des femmes aux opérations de paix de l’ONU »

Le Canada a lancé l’Initiative Elsie pour la participation des femmes aux opérations de paix lors de la Conférence ministérielle des Nations Unies sur le maintien de la paix tenue à Vancouver en 2017. Celle-ci, détaille l’invité du Sénégal, « consiste à encourager la parité dans les opérations de maintien de la paix, qu’on ait beaucoup plus de femmes dans ces opérations. On sait que plus de femmes dans les opérations de sécurité, ça aide non seulement sur le terrain mais aussi ça change également l’approche dans l’aide des personnes en détresse, et en difficultés. Je suis très content mais pas du tout surpris que le Sénégal ait été un des premiers pays à endosser cette initiative-là, et à comprendre que les femmes sont essentielles si on veut parler de sécurité durable. »

Par ailleurs, les 2 hommes ont réaffirmé leur « engagement à faire rayonner la Francophonie ». « En tant que pays francophones, nous savons que c’est essentiel d’investir dans nos jeunes, de faire rayonner notre langue dans le monde numérique et d’offrir à tous les francophones du monde, une chance réelle et égale de réussir. Le président et moi, avons aussi mis l’accent sur l’économie, et nous sommes fixés comme objectif d’accroître le commerce entre nos 2 pays. Le Sénégal est le moteur économique de l’Afrique francophone, et un pôle commercial majeur pour les entrepreneurs canadiens, et ça représente une opportunité en or, multipliant les ponts entre nos 2 pays, les entreprises pourront étendre la portée de leurs activités qui devront contribuer à la croissance de nos économies respectives. Finalement, nous avons discuté de la contribution du Canada aux efforts de maintien de la paix dans la région. Le Canada participe avec le Sénégal à la MINUSMA, ayant pour but d’instaurer la paix et la stabilité au Mali, nos courageux membres des forces armées risquent leur vie ensemble pour assurer la sécurité du Sahel. De plus, l’été dernier, le Canada a été invité à se joindre à l’Alliance pour le Sahel à titre d’observateur. L’objectif de cette plateforme lancée par la France, l’Allemagne, l’ONU et la Banque africaine de développement (BAD) est de financer des initiatives qui font la promotion de la paix, et de la stabilité dans la région. Ces démarches sont la preuve que les pays de l’Afrique de l’Ouest dont le Sénégal peuvent compter sur le Canada alors qu’ils font face à ces défis importants ».

Avant l’audience au Palais de la République, Justin Trudeau a visité l’île de Gorée. Il quitte Dakar demain jeudi, 13 février.

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