KHADIM BAMBA DIAGNE : « CE QUE LE SÉNÉGAL GAGNE DANS LE CLASSEMENT DU RAPPORT DOING BUSINESS... »

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ÉCONOMIE

Le Sénégal doit continuer à faire des bonds qualitatifs pour améliorer son classement dans le rapport ’’Doing business’’ pour que des entreprises s’installent au Sénégal afin de créer des emplois. En plus d’autres effets comme l’augmentation des recettes fiscales. C’est l’avis de l’économiste Khadim Bamba Diagne, interrogé par Emedia.sn, suite à la publication du rapport ’’Doing business’’ 2020, classant le Sénégal à la 123e place, lequel a fait un bond en avant de 18 places.


Qu’est-ce que le rapport Doing Business et quel crédit faut-il lui donner ?

« C’est un rapport qui est intéressant parce qu’au niveau des Institutions internationales, il y a ce qu’on appelle des indicateurs développés par la Banque mondiale. C’est un indicateur qui permet à ceux qui veulent faire affaire, ceux qu’on appelle les investisseurs d’affaires dans le monde, de savoir quels sont les pays qui sont le plus favorables ou qui ont l’environnement des affaires le plus favorable pour accueillir certains financements. Et donc, chaque année, on fait ce classement-là. Aujourd’hui, je pense que le Sénégal était 141e, il a fait un bond intéressant. Donc, je pense que c’est quelque chose d’extrêmement intéressant ».

Qui y gagne le plus ?

« C’est le Sénégal qui y gagne le plus. Parce que si les investisseurs voient que le Sénégal a fait des efforts pour faciliter la création des entreprises, et aussi l’accordement de l’électricité, les crédits bancaires, la fiscalité, maintenant, si les hommes d’affaires voient clairs sur quelque part comment faire un business au Sénégal, cela peut les pousser à investir. A chaque fois que ces hommes d’affaires voient des pays qui font des efforts pour (les) accueillir, cela ne peut être bénéfique que pour le pays en question. Quoi qu’on puisse dire, c’est plus que bénéfique pour le Sénégal ».

Khadim Diagne était également l’invité de Kenu Askan wi, hier sur iTV

Peut-on s’attendre à une incidence sur le vécu des Sénégalais ?

« Ce sont deux choses différentes. Le problème de la cherté de la vie, c’est une chose réelle mais c’est un problème interne. Alors que le ’’Doing business’’ permet à ceux qui sont à l’étranger d’avoir une autre vue sur l’économie sénégalaise. C’est clair qu’il y a dans ce pays-là, un problème d’emploi, de chômage et un problème d’augmentation du PIB. Maintenant, il faut qu’il y ait de l’emploi pour permettre aux jeunes de trouver du travail. Il faut qu’il y ait des entreprises pour absorber le niveau de chômage. Pour avoir des entreprises maintenant, il faut revoir l’environnement des affaires, et je pense que le ’’Doing business’’ dit juste au monde que le Sénégal est un pays où on peut faire des affaires, avoir un bénéfice et de l’électricité, une fiscalité claire et limpide, ainsi de suite ».

Quels efforts le Sénégal doit-il fournir pour arriver à cet impact ?

« Si le Sénégal continue de faire des bonds qualitatifs, la conséquence immédiate, c’est que des entreprises vont venir s’installer au Sénégal, et l’installation des entreprises va avoir comme effet une création d’emplois, une augmentation des recettes fiscales, des taxes sur la valeur ajoutée, et celle de la consommation. Cela peut réduire le chômage, et avoir un effet d’entraînement sur d’autres secteurs de l’activité économique. Que les entreprises viennent au Sénégal, ne peut être que bénéfique pour le pays ».

Au delà de rendre favorable l’environnement des affaires, les Etats font-ils des actions pour figurer dans le rapport ? Comme payer des services ?

« Ce n’est pas possible que les Etats payent. Les institutions comme la Banque mondiale, le FMI, ne jouent pas avec leur crédibilité parce que (celle-ci) dans le monde des affaires, est la chose la plus importante. Est-ce que l’Etat du Sénégal peut payer pour gagner huit points ? Ce n’est pas possible parce que si c’était des indicateurs de développement humain ou autre, nous les Sénégalais nous pouvons juger mais ici, ce sont des indicateurs pour faire des affaires, et toutes les informations données par la Banque mondiale, en effet, peuvent être utilisées par chacun d’entre nous, pour vérifier est-ce que c’est conforme avec la réalité. Aucun Etat n’ose payer des Institutions aussi formelles que la Banque mondiale ou le Fonds monétaire international (FMI). Ça n’a pas de sens ».

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