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L’AFRIQUE À L’ÉPREUVE DES CHOCS EXOGÈNES : DÉFIS DE STABILITÉ ET DE SOUVERAINETÉ, UN ENJEU DE GÉOSTRATÉGIES

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L’édition 2022 du forum international de Dakar sur la paix et la sécurité vient de baisser ses rideaux.

Il aura été un très grand moment d’analyse de la situation géostratégique en Afrique marqué par des crises anticonstitutionnelles improductives dans la sous-région (zone Afrique) et surtout l’épineuse question de la guerre fratricide en Ukraine (à l’international).

Dans le discours introductif, le Président MACKY SALL nous a fait part d’un cours magistral de Géostratégies.

C’est quoi la Géostratégie ?

« Ensemble des données de la stratégie résultant de la géographie physique ou économique, ou de la démographie. »
« La géostratégie théorique essaie de comprendre comment organiser de manière optimale l’espace-temps dont il va disposer pour prendre la suivante. La géostratégie théorique est donc un des instruments d’aide à la décision dont dispose le praticien, et c’est en tant que telle qu’elle mérite qu’il s’y intéresse. »

À la suite de ce qui précède, les différents coups d’Etat récemment orchestrés en Afrique particulièrement dans des pays frontaliers à savoir la Guinée, le Mali, le Burkina( frontaliers au Sénégal), les difficultés d’application de la transition démocratique au Tchad , le chaos issu de la récession économique et politique au Sri Lanka et la guerre fratricide entre la Russie et l’Ukraine (enjeu géostratégique) , constituent des prétextes pour marquer la résilience en matière de gouvernance démocratique.

Il s’y ajoute que depuis maintenant plus de 2 ans la pandémie à Covid-19 dicte d’autres paradigmes qui démontrent l’échec ou les limites de l’agenda des politiques publiques en matière de projection économique : par exemple le télétravail aura été un excellent outil de résilience qui cache mal l’absence de civilités ou d’urbanité chaleureuse dérivée du télétravail.

Par exemple les réunions virtuelles sous forme de Zoom auront été un excellent outil innovateur dans le domaine professionnel mais en retour auront été des cadres artificiels dans la « déconstruction » des relations sociales physiques.

Il est né de ces innovations, la naissance artificielle de communautés virtuelles, de toutes sortes, parfois nocives à la cohésion sociale.
À l’heure actuelle le langage des signes utilisés dans la plateforme électronique renseigne sur les pratiques féodales à la limite de nouveaux types d’anti sémitisme, d’intolérance sociale et communautaire, de pratiques fascistes, de perversion allant vers des pratiques liberticides inédites.

Parfois des actes inciviques , d’une barbarie inique , des guerres tribales, même des tentatives d’arrogances anticonstitutionnelles sont orchestrées, planifiées et scellées dans des communautés virtuelles.
Ce n’est pas fortuit ou anodin que les profils virtuels refoulent la réalité des parties prenantes (les autorités scientifiques de cybercriminalité pourront mieux renseigner).

C’est tout simplement qu’avec la recrudescence de ces phénomènes liberticides et dangereux que son Excellence le Président MACKY SALL relève en disant ceci :

« Le monde réel est à la merci d’un monde virtuel qui répand à haut débit la tromperie, le populisme, le radicalisme, la haine et la violence ; autant de pratiques malsaines qui ne peuvent relever de la liberté d’opinion ou d’expression.
Au demeurant, droit et liberté vont de pair avec responsabilité. Nul droit, nulle liberté ne donnent licence d’attenter à la liberté, au droit et à la dignité d’autrui ; ou de saper la cohésion sociale et la stabilité institutionnelle d’un pays.
C’est dire qu’il y a urgence à renforcer les moyens de lutte contre la cybercriminalité. C’est la vocation de l’École de cyber sécurité à vocation régionale de Dakar qui est un produit du Forum de Dakar. »

Dorénavant, Il est de la responsabilité des États démocratiques que les réseaux sociaux soient des réceptacles de construction de la citoyenneté et de la morale agissante. Cela passe obligatoirement par une définition claire des règles de civilités dans les différentes plateformes.

Ensuite, comment un État démocratique responsable peut rester impuissant devant cette série noire inconstitutionnelle où des régimes démocratiques sont renversés ? cas du Mali, du Burkina, de la Guinée… des coups d’Etat qui nous plongent dans des règlements de compte dérivés de groupes armés à l’origine.
Il est même revenu que des régimes anticonformistes, anticonstitutionnels soient défaits par les armes à la faveur d’autres « groupes brigands » durant le partage du pouvoir. C’est à dire que finalement, on vit au rythme de ses turpitudes : l’adage a bien fait de dire que « qui vivra par les armes périra par les armes ».

Le Sénégal ne peut pas rester insensible à son environnement immédiat. Le Sénégal ne pourra non plus rester les mains croisées et inerte devant la menace d’un leadership bâti sur plusieurs décennies, on ne peut pas laisser le socle de tant de sacrifices être écorné par des actes antidémocratiques.

Ce n’est pas une compromission que de renforcer la coopération multilatérale et multiforme dans le domaine frontalier géostratégique. Il faut une grande résilience dans le domaine militaire estampillé « secret défense » : oui il faut renforcer et outiller les forces de défense et de sécurité.

Son Excellence a bien raison de dire ceci :

« Il en est ainsi des changements anticonstitutionnels de gouvernement qui ont fait l’objet d’un sommet extraordinaire de l’Union Africaine en mai dernier.

Quelle qu’en soit la forme, ces pratiques ne sont pas acceptables. Elles ne peuvent pas servir de remèdes à nos maux. Au contraire, elles les aggravent et nous retardent sur le chemin du développement.

S’agissant du terrorisme en Afrique, ses multiples connexions avec l’extérieur en font une partie intégrante du terrorisme international.

Si le continent est devenu aujourd’hui un des épicentres du terrorisme, c’est bien parce que le fléau est alimenté par la criminalité transfrontalière, la prolifération illégale des armes, les flux financiers et trafics illicites de tout genre, et la participation de combattants étrangers. »

Les différentes initiatives précédentes tendant à endiguer le terrorisme, la délinquance, les dérives sur les réseaux sociaux et l’homophobie sont survenues dans un contexte économique très difficile.

On ne peut pas occulter les différentes initiatives prises ces dernières années pour anéantir l’effet de la crise sanitaire avec la pandémie à Covid-19 à l’origine d’une exacerbation de la crise économique.
Le gouvernement sénégalais n’est pas resté les bras croisés face à cette récession économique. Depuis les mesures relatives aux fonds destinés à l’assouplissement du panier de la ménagère, la renonciation à des recettes fiscales volontaristes de l’Etat du Sénégal, l’augmentation de salaires pour une grande partie des fonctionnaires, la subvention appliquée sur le carburant pour diminuer le prix au consommateur…

Récemment sous l’impulsion de son Excellence le PR MACKY SALL, les consultations citoyennes pour le diagnostic sur la vie chère sont en cours d’exécution.
Cependant force est de reconnaître que toutes ces initiatives devraient être accompagnées par un élan de solidarité mondiale des pays développés envers les pays éligibles surtout avec les mesures d’assouplissement de la dette avec le G20.

D’ailleurs le Président MACKY SALL a bien fait d’indiquer que :
« Dans la même logique de protection des ménages et des entreprises, nos pays ont également déployé des Plans de résilience économique et sociale. »

Je vous remercie

Banda DIOP
Médiateur des Banques
Maire de patte d’oie 2014-2022
Membre du PS/GMP

Banda DIOP
Médiateur des Banques
Maire de patte d’oie 2014-2022
Membre du PS/GMP

29 octobre 2022


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