L’ANACARDE, PILIER DU BUSINESS DE L’ÉCONOMIE DE GUERRE

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CASAMANCE

Spécialiste de la question casamançaise, Ibrahima Gassama fait des révélations sur le rôle de l’anacarde dans l’économie de guerre. « Ils (les combattants du MFDC) vendent vers la Guinée Bissau. Ils vivent bien de cette ressource, notamment dans la partie Sud, entre Balantacounda, Goudomp, Djibanar, Adéane, Diattacounda et Boutoupa Camaracounda. C’est Ibrahima Koupass Diatta qui dirige l’aile combattante de ce côté », assure-t-il, interrogé par l’As. Toujours au Sud, appuie le journaliste : « Du côté de Cassolole, c’est César Atoute Badiate, qui gère les troupes. Et, au Nord, c’est Salif Sadio. »

Porte-parole du MFDC, Abou Elinkine Diatta, ne dit pas le contraire. Il est arrivé, précise-t-il, que les militaires et les rebelles se tiraillent pour accaparer des champs d’anacarde. « C’est une économie de guerre, confirme-t-il, dans les mêmes colonnes. Et pour riposter à nos attaques et nous empêcher de venir ramasser les noix, les militaires posaient des mines autour des champs. Je me rappelle, à l’époque, on avait des astuces pour contourner les mines. Si, également, un cantonnement militaire venait s’installer près d’un terrain d’anacardier, on faisait tout pour le faire quitter pour récupérer le terrain. Les combattants sont dans le business pour se faire de l’argent de poche. »

Un compromis a été trouvé avec les populations locales, soutient-il, expliquant que « quand les collecteurs viennent, ils ramassent deux jours pour les combattants et le troisième jour pour eux-mêmes. »

Boutoupa, épicentre du cajou

Principale source de revenus des producteurs de Boutoupa Camaracounda, le fruit de l’anacardier est malheureusement inexploité dans cette communauté rurale située dans une zone de conflit. « Ce sont des zones qui regorgent de potentialités avec de grands vergers mais inexploitées parce qu’inaccessibles. Ceux qui franchissent les lignes rouges peuvent être attaqués. Au mois de juin 2018, à Samick, à 5 km de Camaracounda, il y a eu une attaque contre des commerçants qui ont été dépossédées de leur argent. Des gens venus pour la collecte des noix, parmi lesquels un Mauritanien qui a été dépossédé de 700 mille francs Cfa par des hommes armés non identifiés », déplore Ousmane Sanding, premier adjoint au maire de Boutoupa Camaracounda.

Les Etats-Unis ont investi, selon l’Ambassadeur américain à Dakar, Tulinabo Salama Mushingi, a peu près 22 milliards de francs Cfa dans la chaîne de valeur de la noix de cajou en Afrique de l’Ouest.

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