L’APPORT DU GÉNÉRAL CISSÉ POUR LA RÉSOLUTION DE LA CRISE EN CASAMANCE SALUÉ

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LEVÉE DU CORPS À L’HÔPITAL PRINCIPAL

Décédé le vendredi 19 avril 2019 à l’Hôpital Principal de Dakar, à la suite d’une maladie, le général de corps d’armée Lamine Cissé, ancien Chef d’état-major général des Armées et ancien ministre de l’Intérieur, repose désormais au cimetière musulman de Yoff. Il y a été inhumé ce dimanche à la suite de la cérémonie de levée du corps qui s’est tenue à la morgue dudit hôpital. Une morgue qui a été très petit pour accueillir le monde qui avait fait le déplacement pour rendre un dernier hommage au défunt.

Parents, proches, amis, anciens collègues, autorités politiques, coutumières et religieuses étaient tous présents pour dire adieu au général Cissé, qui a rendu l’âme à l’âge de 80 ans. La cérémonie a été empreinte de tristesse et d’émotion. Les cœurs sont lourds, les visages crispés. La douleur est palpable dans l’assistance. Mais, les témoignages sont unanimes. Tout le monde retient du défunt « un homme profondément pieux et humain ».

Le vieux Pape Ndiaye dit partager beaucoup choses avec le défunt général. Ils ont été, selon lui, dans la même classe à l’école primaire. « On a toujours gardé de bons et loyaux rapports. Il était un fervent musulman. On a fait le pèlerinage ensemble. Il était un homme multidimensionnel », a témoigné Pape Ndiaye. Tenaillé par la douleur, Doudou Jacques Faty a du mal à témoigner. « Le général Lamine Cissé m’a encadré dans l’armée. Il était un grand chef qui m’a bien formé », se contente-t-il de dire, la voix triste.

« Si on avait continué avec Lamine Cissé, on ne parlerait plus de guerre en Casamance aujourd’hui »

Le défenseur des droit humains, Alioune Tine rappelle que le général, Lamine Cissé a joué un rôle important dans le processus de la paix en Casamance. « Il a toujours tenu un langage de vérité aux rebelles de la Casamance MFDC. C’est grâce à Lamine Cissé, pour la Casamance, qu’on a eu "Banjul 1" et "Banjul 2". Et après Banjul 1 et Banjul 2, la guerre était finie. C’était pour la première fois qu’on a pu rassembler tous les acteurs de la guerre : ceux qui étaient dans la brousse et ceux qui étaient à Ziguinchor. Si on avait continué avec Lamine Cissé, on ne parlerait plus de guerre en Casamance aujourd’hui », a rappelé Alioune Tine. Qui, dans le même sillage, indique que le général Cissé a laissé un legs qui mérite d’être sauvegardé pour l’intérêt du pays. « La leçon qu’il nous a laissée, c’est la manière dont il assuré la régulation de l’élection présidentielle de 2000 en inspirant une confiance totale à l’ensemble des acteurs politiques. Cette élection s’était déroulée dans une transparence totale. Cette leçon démocratique doit être approfondie pour faire avancer le Sénégal. Il nous fait méditer sur le travail qu’il a fait dans ce pays de son vivant », recommande M. Tine.

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