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L’ARMÉE AU FRONT, DOUDOU KA AU SECOURS !

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La crise que traverse l’Agence de sécurité de la navigation aérienne de l’Afrique et du Madagascar (Asecna) avec le bras de fer qui l’oppose aux contrôleurs aériens, était à son comble durant toute la journée d’hier, vendredi. Pour pallier le dysfonctionnement du service dans les aéroports du Sénégal, l’Etat s’est résolu à réquisitionner l’armée. Fustigeant cette démarche, les syndicalistes ont fait état « de risques réels de collision d’avions » avant de rejoindre la table des négociations avec le nouveau ministre de tutelle, Doudou Ka. Et jusque tard dans la soirée, rien n’était retenu. Même si une solution serait proche.

A Dakar, du tarmac de l’aéroport à la tour de contrôle, des militaires se sont installés aux commandes ! L’alerte a été donnée hier matin par les aiguilleurs du ciel sénégalais qui venaient d’entamer leur premier jour de grève pour 48 heures comme décidé par l’Union des syndicats des contrôleurs aériens de l’Asecna (Usycaa). Face à la sensibilité de la situation, la réaction de l’instance africaine de navigation aérienne ne s’est pas fait attendre.

« Nous avons mis en place un dispositif dénommé plan de contingence pour assurer la continuité pour que tous les aéronefs qui transitent puissent le faire en toute sécurité. Le plan de contingence permet de désigner des routes aériennes pour servir toute la région. Les Etats disposent de ce plan pour parer à ces situations », a expliqué Louis Bakienon, directeur de l’exploitation de la navigation aérienne.

Au cours de cette conférence de presse tenue dans le cours des événements, Ceubah Guelpina, directeur des ressources humaines de l’Asecna, est revenu sur les péripéties ayant conduit aux frictions. Le Drh de faire savoir que l’agence a en son sein un organe communautaire qui regroupe l’ensemble des travailleurs de toutes les structures ainsi que les associations professionnelles localement constituées. « Cet organe de négociation se réunit régulièrement pour pouvoir négocier, discuter et retenir, de commun accord, les revendications des travailleurs. Ces revendications sont compilées et il leur est assigné un ordre de priorités dans la mise en œuvre. Les représentants des travailleurs désignent aussi un bureau dénommé bureau collectif des représentants des travailleurs qui échange avec l’administration de l’Asecna sur le suivi de toutes les revendications y compris celles des contrôleurs aériens. Les contrôleurs ont toujours demandé à se démarquer de cette démarche communautaire avec le désir de faire cavalier seul », a-t-il déploré. Finalement des négociations ont été ouvertes dans l’après-midi d’hier avec les contrôleurs sur les 11 points non satisfaits de leur plateforme revendicative.

Négociations jusque tard dans la soirée autour de Doudou Ka

Aussitôt installé dans ses fonctions, le nouveau ministre des Transports aériens, Doudou Ka a fait son baptême du feu sur la table des négociations entre contrôleurs aériens et direction de l’Asecna. L’urgence des pourparlers fait suite à l’alarmante sortie des aiguilleurs du ciel sénégalais qui fustigeaient la présence de militaires et d’élèves-contrôleurs, réquisitionnés pour assurer le service à la tour de contrôle de l’aéroport, mais aussi au niveau du Centre régional de navigation aérienne. « Nous tenons à vous informer que ces militaires et ses éleves n’ont jamais géré un tel espace, et n’ont ni les connaissances ni les qualifications ni les moyens de gérer un espace aussi complexe et constituent donc un danger majeur pour les usagers qui se hasarderaient à pénétrer notre espace ou décoller et atterrir à l’Aibd ainsi que pour les populations, vu qu’il y a des risques réels de collision d’avions », avaient mis en garde les syndicalistes un peu plus tôt. Ce, jusqu’au moment où nous écrivons ses lignes, rien n’avait filtré de la réunion.

Falilou MBALLO

24 septembre 2022


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