image

L’ASSISTANTE DE DIRECTION DIVORCE ET ADOPTE UN ENFANT

image

Au Sénégal, un mariage sans enfant, rime avec tristesse, désolation, et dans la plupart du temps, il se solde par un divorce. Difficile de résister au poids social, c’est pourquoi A. Sarr a décidé d’adopter un bébé, après 12 ans de mariage.

A l’image de ces nombreuses femmes qui vivent, en silence, le stress de ne pas connaître les joies de l’enfantement, la dame A. Sarr a finalement divorcé, après 12 ans de mariage. Mais, alors qu’elle s’y attendait le moins, cinq ans après, la chance lui sourit. Elle est sur le point d’être… mère. A défaut d’enfanter, elle a adopté un bébé de sexe masculin qui a été abandonné par sa mère dès la naissance et qui a maintenant 6 mois. Une providence pour cette assistante de direction dont le seul rêve était d’être maman. En réalité, c’est une de ses voisines qui, sensible à son sort, lui avait soufflé à l’oreille qu’un bébé de sexe masculin était depuis maintenant 6 mois au service de néonatologie du Centre de santé de Gaspard Camara, sis à Grand-Dakar.

Tout de suite après, elle avait fait le déplacement sur les lieux pour s’enquérir de la situation. Et avec l’aval du chef de service de la structure, elle avait pu s’approcher du petit, le prendre dans ses bras et le cajoler. Devant les enquêteurs du commissariat du Point E, où elle s’était rendue pour remplir les formalités d’adoption, elle avait confié avoir eu une agréable surprise, puisque le bébé s’était rapidement accroché à elle. Et depuis lors, elle lui rend visite tous les jours.

Le bébé avait été abandonné par sa mère, le jour de sa naissance
En effet, c’est le médecin chef, à qui elle a parlé de son désir d’adopter l’enfant abandonné par sa mère depuis sa naissance, qui l’a orientée vers les limiers pour la procédure. C’est donc lors de cette enquête qu’elle a expliqué aux enquêteurs qu’elle est divorcée depuis 2016. « Je n’ai jamais eu d’enfant et c’est d’ailleurs la cause de mon divorce », leur a-t-elle confié. En réalité, au Sénégal comme partout ailleurs, beaucoup considèrent qu’un mariage n’a de sens que s’il aboutit à la conception d’un ou des enfants. Une pression que A. Sarr a vécue difficilement dans son ménage et qu’elle n’est pas prête à oublier de sitôt.

Devant les enquêteurs, l’assistante de Direction, qui gagne bien sa vie, a donné l’assurance qu’elle pouvait prendre en charge l’enfant en question. « Je vis dans la maison familiale mais je dispose de toutes les commodités pour pouvoir l’entretenir », a-t-elle expliqué. D’ailleurs, elle n’a pas hésité à joindre son bulletin de salaire dans le dossier.

Le poids socio-culturel
Il faut, à ce propos, rappeler que l’enfant qui a aujourd’hui 6 mois, a été abandonné par sa mère, le jour de sa naissance. Mariée à un immigré qui vit au Gabon, M. Ba s’était fait engrosser par son amant. Ce dernier ayant disparu dans la nature, la dame qui ne voulait pas détruire son mariage avait dissimulé sa grossesse jusqu’à son accouchement. Et après avoir mis au monde son bébé, elle a pris la décision de ne pas le garder pour des raisons socio-culturelles.

Ndèye Anna NDIAYE

5 février 2022


------------------------------------

Vous pouvez réagir à cet article