L’ASSOCIATION DES VICTIMES DE L’ANCIEN REGIME CRIE À LA TRAHISON

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Rapprochement entre Barrow et la formation de Jammeh

Au lendemain du rapprochement acté entre le président Barrow, en quête d’un second mandat, et la formation de son prédécesseur, Jahya Jammeh, la colère gronde en Gambie. Tandis qu’un sondage a révélé, en ce début de semaine, qu’une majorité des Gambiens veulent une rupture et un désir ardent de justice à plus de 73 %, cette alliance passe mal au sein de l’opinion. Symbole de cette indignation générale, c’est la réaction du centre des victimes du régime de Jammeh qui se dit scandalisé et ne cache pas sa déception à l’endroit du chef de l’État actuel sur qui, ils comptaient pour obtenir justice, une fois les conclusions de la Commission de réconciliation rendue.

Alors que les conclusions de la Commission mise en place pour enquêter sur les abus des droits humains commis sous le règne Jammeh étaient attendues, ce rapprochement a sonné le glas de tout espoir de justice chez les victimes. À l’image de nombreux gambiens, elles ne cachent pas leur exaspération et se sentent trahies.
« C’est une désillusion pour nous en tant que victimes », s’enrage Sherif Kijera, président du centre des victimes. « Nous étions oppressés, brimés en tant que citoyens de ce pays. Alors, comme un seul homme, nous avons décidé de détrôner Yahya Jammeh pour élire Barrow sur qui nous comptions beaucoup. Le seul hic, c’est qu’on s’est pas choisi un bon président », a-t-il fait savoir.

Pour lui, ce rapprochement n’est pas une surprise. C’est plutôt une suite logique d’un engrenage. M. Kijera s’est longtemps douté des bonnes intentions du chef de l’État actuel. « À vrai dire, je m’y attendais car les agissements des membres de la formation de Jammeh étaient de notoriété publique, regrette-t-il au nom des victimes. Ils n’ont cessé de saboter les activités de la commission de réconciliation, en continuant d’insulter les victimes et en persistant dans le déni. Le régime n’a jamais réagi pour condamner de tels actes. »

Dans cette alliance qualifiée de « contre-nature », les victimes n’y voient qu’une visée électoraliste mais vouée à l’échec.

« Si les partisans de Jammeh renouent avec le président Barrow dans l’espoir de protéger leur leader, c’est peine perdue. Barrow n’est pas digne de confiance. Cette alliance est un signe de faiblesse de sa part. C’est un incapable tout simplement », a déclaré Kijera.

A trois mois de l’échéance électorale, les victimes se veulent catégoriques. Non seulement elles et leurs familles ne voteront pour le président sortant mais battront campagne massivement contre lui.

« Adama Barrow est un traitre, éructe le quinquagénaire. Il est incompétent, tout le monde le sait. Nous ferons de tout notre possible pour qu’il ne soit pas réélu ».

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