« L’ÉCO, C’EST JUSTE POUR SATISFAIRE LE SENTIMENT DES ANTI-FRANÇAIS »

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LR DU TEMPS

« J’aurais préféré qu’on reste dans le Franc CFA et que nous transformions beaucoup de choses d’abord avant de changer de monnaie », c’est le point de point Mouhamed Dia, expert en banque et finances, invité, ce dimanche, à l’émission LR du temps.

Pour lui, le changement du Franc CFA est prématuré. Il y a, à son avis, des préalables qu’il faudrait régler d’abord. « On n’a pas d’industries pour exporter. Il faut une vision d’abord autour de la monnaie au lieu de se précipiter. L’émotion ne doit pas l’emporter sur la raison. Il n’y a pas encore un processus mis en place. Où est-ce qu’on va trouver les ressources nécessaires ? Ceux qui sont contre le franc CFA ne posent pas le débat », a déclaré l’expert financier.

Et d’ajouter : « Il n’y a pas de différence majeure entre l’Éco et le franc CFA. On ne joue pas avec la monnaie. Si on adopte l’Éco, on ne va pas l’imprimer ici et on ne peut pas faire face aux faussaires. A quoi cela servirait de vouloir changer juste pour changer », s’est-il interrogé non sans signaler qu’on est en train de sauter à la dernière phase.

Une analyse que ne semble pas partager l’économiste Moubarack Lô. Ce dernier pense qu’il faut travailler en dynamique. Il ne s’agit pas, selon lui, d’attendre d’être prêt pour changer la monnaie. « Le fait de changer la monnaie peut jouer sur le comportement des investisseurs. La compétitivité, il faut regarder cela en dynamique. Nous avons constaté au Sénégal qu’il y a pas mal de nos produits manufacturiers qui peuvent se vendre à l’extérieur. Il y a également cette possibilité d’exporter beaucoup de produits », a expliqué Moubarak Lô. Qui, par ailleurs, s’est prononcé sur le rapport de la commission des affaires étrangères sur le projet de loi autorisant l’approbation de la procédure accélérée autorisant la ratification de l’accord de la coopération entre le Gouvernement de la République française et les gouvernements des Etats membres de l’Union monétaire ouest Africain. Il a précisé que : « Rien n’est encore validé tant que ce n’est pas accepté par nos parlements et validé par la CEDEAO. Rien n’empêche les pays africains de choisir une autre voie. Aujourd’hui, on est juste au début d’un processus ».

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