L’ESPOIR ET L’ACTION CONTRE LE COVID-19

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CONTRIBUTION

Avec le Coronavirus, les pays d’Afrique auront à faire face sans nul doute au plus grand défi depuis l’ère de la régression Post Egypte Pharaonique (-500ans avant JC), depuis le déclin de l’empire du Ghana au 13e siècle pour les ouest Africains et pour le Sénégal depuis l’empire du Djolof qui dura du 13e siècle à l’année 1549 (bataille de Danki qui vit la victoire du Cayor de Amari Ngoné Sobel Fall sur le Djolof de son cousin Lélé Fouli Fak Ndiaye).

Le Covid19 de ce que nous en savons actuellement est assez maitrisable pendant le 1er mois mais montre une puissance très nocive dans sa capacité à tuer (des centaines de mort par jour, en Italie, en Espagne et même en France) et à désorganiser les sociétés humaines sur le plan sanitaire (système de santé submergé en Europe et même à New York) mais aussi économique (paralysie du système productif) et social (changement du mode de vie avec le confinement).
A cette fin du mois de mars 2020 personne ne peut dire quand s’arrêtera ce malheur que nous partageons tous sur notre planète.

Quel que soit le niveau de désastre sanitaire, économique et social engendré par le covid19, les pays d’Asie (origine du virus), d’Europe, d’Amérique et de l’Océanie gagneront chacun la bataille en tenant compte de leurs propres réalités et spécificités…

Le Sénégal et l’Afrique devront faire de même, avec leur propre intelligence collective, agir avec souveraineté et sortir de la dépendance car le monde actuel exige un échange entre pairs…

Mon propos ici, est une contribution sur les aspects économiques et sociaux de la bataille contre le Covid19 qui je l’espère apportera une pierre à l’édifice immense.
L’aspect sanitaire est déjà bien pris en charge par les professionnels de la santé qui nous ont déjà bien convaincus.

Pour en revenir au Covid19, les solutions sociales de prévention semblent pour l’instant prioriser le ‘Rester Chez Vous’, certes salutaire pour limiter la propagation du virus mais qui économiquement et socialement ne peut aller au-delà d’un intervalle de 15 à 90 jours selon les capacités du pays qui le met en œuvre sans créer des problèmes plus graves que la pandémie pour la paix sociale.

En Afrique, nous avons nos réalités d’économie de subsistance et de pratiques sociales de groupe très ancrées pour la grande majorité de la population.
Pour réussir à vaincre la maladie, il nous faut donc adapter la riposte en prenant en compte ces réalités.
Pour exemple au Sénégal, l’Etat d’urgence a entrainé une flambée des prix du transport qui risque de désorganiser le système de production.
En RDC après une journée de confinement a entrainé qui la hausse des prix, l’état a dû réadapter la décision pour éviter une explosion sociale.
En Inde, des millions de personnes fuient les zones urbaines à cause de la précarité du chômage pour les zones rurales moins d’une semaine après la décision de confinement.

Notre conviction est qu’aucun de nos états ne peut supporter un mois de ‘confinement à la maison’ (qui est pourtant une bonne solution contre la propagation) sans faire face à des révoltes de toutes sortes et une désorganisation sociale aigue liées à la faim et aux problèmes d’hygiène pour les citoyens vulnérables.

Alors que faut-il essayer au Sénégal et en Afrique sur le plan pratique ?


Suggestions Sur le plan social

Proposer ‘un confinement par département’ Chacun choisirait un département sur les 42 existants au Sénégal pour y vivre pendant cette période de lutte contre la maladie.
Cela permettra à chacun de se mouvoir uniquement dans ce département pour faire face à la pandémie sur le plan hygiénique, économique et social
Dans chaque maison les personnes devront se laver les mains au savon au moins une fois par heure.

Si possible des masques seront disponibles dans les maisons pour les faire porter à toute personne qui montrerait les symptômes (fièvre, toux…) de la maladie.
Dans l’espace public, chacun devra respecter la distance sociale de plus d’un mètre par rapport à l’autre.

Une aide alimentaire, une fois par semaine serait accordée par l’état par le biais des maires et des leaders d’opinion connus pour leur engagement social aux familles les plus vulnérables. Une distribution motorisée pourrait être adoptée pour éviter les problèmes de transport aux populations dans le besoin.

Tout rassemblement resterai interdit conformément aux dispositions de l’état d’urgence et au confinement régional actuel qui sont un premier niveau de riposte.

Les media voudront bien relayer à volonté, la communication de prévention de base tous les jours et sur tous les supports (TV, radio, presse écrite, internet, etc.)
Pour booster la cohésion nationale il faudra promouvoir l’enseignement de notre propre histoire de l’Egypte antique au Djoloff et ses lamanats (cayor,waalo, sine, saloum, tekrour,etc) en passant par l’empire du Ghana et du Mali.
Cet enseignement peut se faire dans les langues nationales avec la transmission des valeurs comme JOMM, le FUULA et le FAYDA.
L’homme Senegalensis trop écartelé entre l’orient et l’occident, en oublie ces propres références culturelles qui sont indispensables pour donner du sens et motiver quand il s’agit de gagner la bataille de l’autonomie scientifique, sécuritaire et économique.

Suggestions sur le plan économique

Le Sénégal occupait en 2015 la 162e place sur 188 pays dans le classement de l’indice de développement humain (IDH).
Notre pays a réalisé un PIB de 24 milliards de Dollars US en 2019, soit environ 900.000fcfa/habitant/an équivalent à une production de 2500Fcfa/personne/ jour.
Si l’on considère que la moitié de ce qui est produit repart à l’extérieur par le mécanisme du remboursement de la dette et le retour de l’investissement étranger, il ne reste que 1250fcfa /pers/jour, pour consommer, investir et épargner ce qui est très insuffisant.
Le seuil de pauvreté est fixé par Banque mondiale à 600fcfa/pers/j quand le revenu moyen en milieu rural est de 450f/j.

A Dakar le salaire d’un ouvrier est de 2500f/j donc environ 60.000f/mois. Cela nous fait penser que 65% de nos compatriotes vivent dans des conditions de vulnérabilité.
Sur le plan sectoriel, l’industrie n’offre que 14% des emplois pour 26% de valeur ajoutée du PIB contre (31% et 17%) pour l’agriculture et (55% et 54%) pour les services, on peut en déduire une sous industrialisation handicapante pour notre économie.
Le Sénégal génère 2500 milliards/an par sa fiscalité (impôt et douane), le pays reçoit environ 1000 milliards/an de l’extérieur en emprunt et dons. Cela donne 3500 milliards/an d’où un revenu budgétaire moyen de 600fcfa/sénégalais/jour en période normale.

Notre économie comme celle de la plupart des pays Africains ne peut supporter la guerre contre le Covid19 dans la durée, alors que cette maladie nous tiendrait en haleine sur toute l’année 2020. Si on regarde le cas de la Chine, après 4 mois et un pic de 81500 patients, ce nombre de malades n’a pas encore baissé sur les 4 dernières semaines.

Suggestions de solutions économiques urgentes

Suspendre tous les remboursements de dettes des ménages.

Offrir à chaque ménage un bon de paiement de 50000FCFA/mois le temps que durera l’isolement.

Distribuer des kits Covid19 (alimentaire, hygiène et médicaments) aux familles très vulnérables.

Les mesures économiques à court terme ci-dessus devront être complétées par des changements structurels à adopter au plus vite. En effet, les faiblesses de nos économies qui apparaitront pendant la pandémie Covid19 doivent être surmontées par des mesures de corrections structurelles pour éviter un effondrement.
Suggestions de solutions économiques structurelles

Nous proposons un modèle économique décentralisé en 5 pôles principaux (Est, Ouest, Centre, Nord, Sud) qui auront chacun 4 pôles satellites.
En fait, Dakar concentre 60% de l’activité économique du pays et 50% de la population pendant la saison sèche ce qui crée l’hypertrophie ici et un vide dans les régions.
Pour que la politique de décentralisation réussisse, il faut un investissement massif de 1000milliards de nos francs donc 100milliards/an sur 10ans, dans chacun des cinq pôles, principalement dans l’agriculture, l’élevage, les PME du secteur agricole, l’énergie propre, la santé, la formation professionnelle et le numérique. Il faut éviter que Dakar reçoive plus d’investissement que les 4 autres pôles, cela va pousser les populations à un retour d’exode.

Dans cette phase la mise en œuvre doit se faire avec des professionnels aguerris, honnêtes et pragmatiques.

Miser sur la croissance de la production agricole par la formation et l’investissement en forage et équipement agricole. Notre agriculture est trop rudimentaire alors que nous nous importons plus de 700 milliards/an pour les produits alimentaires. Cependant cet investissement doit se faire de façon progressif et décentralisé en respectant l’équité territoriale.
Les élèves et étudiants pourraient vivre 4 mois dans le monde rural pendant l’hivernage pour apprendre et être un facteur de changement pour le monde paysan dans les méthodes de culture.

Accroitre l’industrialisation par la transformation des produits agricoles et généraliser le système de l’énergie solaire dans le monde rural. Cela permettra de donner la valeur ajoutée à nos produits. La politique pour l’autosuffisance en riz doit être renforcée car les résultats sont encourageants. Cette politique sera élargie aux autres céréales, aux fruits et légumes.

Miser sur le numérique dans les services, c’est un secteur où les jeunes sénégalais développent une compétence avérée et qui peut permettre de résorber un gap vis-à-vis des pays avancées technologiquement.
Le système de santé au Sénégal peut rapidement devenir un hub régional voire africain car notre école de médecine est réputée et le capital humain est déjà là, il ne manque que le relèvement des plateaux médicaux.

Il faut admettre que nos petits états n’ont pas la taille critique pour une politique de développement optimale.

Donc il nous faudra aller vers les regroupements de pays frontaliers ayant une histoire commune de manière progressive en commençant par les secteurs de la recherche scientifique, la sécurité, le système d’éducation pour créer des économies d’échelle car les niveaux d’investissement requis y sont très élevés.

Le covid19 est une occasion pour repenser le système économique mondial vers plus de sobriété et de justice dans tous les pays du monde.

La planète Terre est menacée par l’agression excessive des hommes sur l’environnement, ne pas corriger nos pratiques nous exposent à un péril beaucoup plus grave que le Covid19.

Mais au Sénégal comme partout dans le monde la relance se fera d’abord dans les secteurs les plus touchés que sont : le transport aérien et terrestre,le secteur de la santé et le Tourisme.

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