3e AUDITION D’EDWARD SINGHATEH : RÉVÉLATIONS SUR LES CONNEXIONS ENTRE KHADDAFI, YAHYA JAMMEH ET LE MFDC

news-details
GAMBIE

L’ex-capitaine Edward Singhateh, ayant joué un rôle clé lors du putsch qui a porté la junte militaire au pouvoir en Gambie en 1994, et qui a servi le régime jusqu’en 2007, a admis, hier, sa part de "responsabilités" dans l’arrestation, la torture et l’exécution de plusieurs opposants. L’ancien capitaine de l’armée révèle également des connexions troublantes entre Khaddafi, Jammeh et le MFDC.

BANJUL - Auditionné pour la troisième fois depuis la semaine dernière, Edward Singhateh, ancien soldat reconverti dans la diplomatie a avoué plusieurs crimes. A l’en croire, l’assassinat d’Ousmane Koro Ceesay, ex-ministre gambien de l’Economie et des Finances, en 1995, serait lié à un fonds destiné aux rebelles du MFDC.

C’est un Edaward Singhateh à la fois placide et combattif comme d’habitude qui est apparu, hier, devant la Commission de réconciliation pour la troisième fois. Prévue à 10h, l’audition n’a démarré que 2h plus tard en raison d’un problème technique avec la retransmission. C’est parti pour une audition marathon qui aura duré jusqu’à la tombée de la nuit. Inédit depuis le début des auditions de cette structure.

Le sujet sur lequel, les enquêteurs se sont plus attardés est l’assassinat de l’ex-ministre gambien de l’Economie et des Finances, Ousmane Ceesay, en 1995. Là-dessus, Edward Singhateh de rappeler que lorsqu’il était adjoint à Jammeh en 1995, Mouammar Khaddafi avait envoyé plus de 250 000 dollars à Banjul, destinés aux rebelles du MFDC. Singhateh a expliqué les raisons possibles de l’assassinat du ministre, qui, selon lui, était au courant des fonds libyens.

Cinq témoins de la commission l’avaient nommément cité pour son implication dans ce crime. Cependant, à l’en croire, même si présent, indique-t-il, il n’a pas participé à ce crime. Sceptique, l’avocat principal a enchainé les questions.

Mais contrairement à cet épisode, Singhateh a assumé l’entière responsabilité quant au sort peu glorieux qui avait été réservé à ses deux ex-camarades putschistes, tombés en disgrâce, Sanna Sabally et Sadibou Hydara. Ces deux ont connu les pires sévices détention. L’un d’eux, Sadibou Hyadara, avait d’ailleurs succombé à ses blessures.

A la fin de cette journée marathon qui a tenu en haleine les Gambiens, l’ex-ministre s’est exprimé en langues locales : mandingue puis Wolof pour se confondre en excuses à l’endroit des familles de victimes. Non sans plaider également pour une véritable réconciliation des cœurs en Gambie.

Vous pouvez réagir à cet article