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L’HISTOIRE SE RÉPÈTE AU SÉNÉGAL

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Le Sénégal vit un drame depuis la nuit du mercredi au jeudi 26 mai, avec l’incendie qui a fait onze bébé calcinés au niveau de la pédiatrie de l’hôpital Mame Abdoul Aziz Sy Dabakh de Tivaouane. À la suite de cette catastrophe qui a mis toute une nation dans une profonde tristesse, le Groupe Emedia avait annoncé, en exclusivité, la mesure de deuil national de trois jours, prise par décret présidentiel. Flashback sur le deuil national à travers les différents régimes qui se succédés au Sénégal.

Cette mesure a comme conséquences la mise en berne du drapeau national et la suspension de toutes activités ludiques et festives sur l’étendue du territoire national. Mais, dans quelles circonstances décrète-t-on un deuil national ? Il est décrété par le président la République pour marquer l’hommage de la Nation à un président de la République défunt ou à des personnes décédées dans des circonstances marquantes, comme ce qui vient de se passer à Tivaouane.

Le deuil national qui n’est pas une cérémonie, se commémore par la mise en berne du drapeau, des minutes de silence, la suspension de toutes cérémonies festives, etc. Toutefois, il peut être accompagné d’obsèques nationales, notamment lorsqu’il s’agit du décès de personnes héroïques ou de personnalités ayant exercé un rôle moral, politique ou social important dans le pays.

Au Sénégal, depuis l’accession de l’indépendance en 1960, de nombreuses journées de deuil ont été décrétées.

Sous le magistère du Président Léopold Sédar Senghor, on en a connu suite au décès, en 1968 de l’Avocat et non moins député, Lamine Guéye. Le président Senghor décréta 2 jours de deuil national avec des obsèques nationales.
Le premier président du Sénégal indépendant en avait décrété un autre à l’occasion du décès en 1970 du Général Charles De Gaulle. Un deuil national d’une semaine fut décrété.

Rebelote avec l’opération Tempête du désert qui avait fait perdre à l’Armée nationale 93 soldats à la suite d’un crash de leur avion. Cette fois-ci c’est le Président Abdou Diouf qui avait décidé d’un deuil national.

Trois jours de deuil national ont été proclamés au Sénégal, toujours par Diouf, après la terrible explosion qui a dévasté une usine d’arachides, mardi 24 mars 1992 à Dakar, faisant plusieurs dizaines de morts et une centaine de blessés.
En 2001, suite au décès de l’ancien Président Léopold Sédar Senghor, un deuil national pour une période de 15 jours avait été décrété par le Président Abdoulaye Wade. Un après, c’est-à-dire en 2002, la tragédie du bateau le Joola nous avait fait observer un deuil national de 3 jours.

Lors du décès de Sa Majesté le Roi Fahd Ben Abdel Aziz Al-Saoud en 2005, un deuil national de 3 jours, du 1er au 3 août 2005 a été décrété, toujours par Wade. Idem 2007, lors du décès, en 2007, de Serigne Saliou Mbacké, Khalife général des mourides, deuil national de 3 jours a été décrété.

Sous le magistère du Président Macky Sall, on en a connu suite au décès en 2012 de Jules François Bocandé (deuil national d’un jour) ; lors du décès en 2013 de Mandela (trois jours de deuil national) ; en 2015, suite à la bousculade mortelle de Mouna lors du pèlerinage à la Mecque (3 jours de deuil national).
En janvier 2018, la tuerie de Boffa Bayotte à Ziguinchor a eu comme conséquence 2 jours de deuil national. Ce fut le cas, en avril 2018, 3 jours de deuil national ont été décrétés par le Président Sall, suite à l’incendie mortel qui avait dévasté le « Daaka » de Médina Gounass. Le dernier décret qu’il a signé avant celui que nous sommes en train de vivre concerne le jour de deuil qui a décrété en mars 2021 suite au décès de jeunes manifestants.

M.T

27 mai 2022


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