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L’HÔPITAL PSYCHIATRIQUE

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Le Sénégal, ce pays de plus en plus fracturé. Les uns dressés contre les autres. Cette démocratie est nécrosée. Elle n’est même plus en trompe-l’œil. Nos œillères sont nos misères. Le pays renvoie une image rétrograde. Mars dernier a donné la preuve qu’il existe des martiens. Toujours en apesanteur et en plein dans la banalité du mal. Le précipice démocratique impulse les combats de coqs et de rue. L’espace public est le pire des points de vue. Il endigue toutes perspectives et toute alacrité. Il ne faut pas s’y méprendre. Dans le chaos, l’insurrection, la violence, le bazar, la radicalité ou le complot ourdi, on laissera tous des plumes. Comme Icare, nos ailes seront carbonisées. Les oiseaux de mauvais augure se promènent comme des poissons dans la rivière. Le cynisme est majoritaire. Aux antipodes du courage. La page du sage est tournée. La sagesse est cette aptitude à faire revenir le fleuve dans son lit. Le régalien, ce n’est pas rien. L’ascèse du pouvoir, c’est d’agir et permettre une plus grande aptitude pour tous à vivre le présent. L’opposition, quant à elle, est faite pour s’opposer. Dans le cadre de la République. Personne ne s’écoute. L’arrogance est partout. Gageons que le climat délétère ne sera pas la préfiguration de violences électorales. Pas de naïveté. Les ingrédients sont réunis. Les foucades dans tous les sens rendent l’air crade et irrespirable. Ils ont oublié que le samouraï acquiert la sérénité à la veille du combat. La lumière intérieure soigne les tristesses du cœur. Comme s’opposent violence et démocratie, méchanceté et amitié, haine et amour.

Amour et folie barbare. Orages du cœur à Sacré Cœur. Non. Morceau de pierre à la place du cœur. Film d’horreur. Camp de la mort. Oui. Le pardon est mort dans les camps de la mort. Le sang se glace dans les veines à l’analyse des résultats des médecins légistes. Étranglés. Étouffés. Atrocement assassinés. L’on se demande encore comment la société a pu accoucher d’une telle monstruosité. Il n’y a pas de mots justes à mettre sur une boucherie à nulle autre pareille. Le loup habitait avec l’agneau. Les hommes viennent de Mars. Les enfants viennent du paradis. Ils retournent dans le jardin des délices.

Assane GUEYE

12 novembre 2021