« L’INTENTION DE L’ÉTAT EST LOUABLE, MAIS ELLE MANQUE DE CONSENSUS... »

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LUTTE CONTRE LE TERRORISME

Le débat suscité par la loi sur le renforcement de la lutte contre le terrorisme continue dans Lr du Temps. Ce dimanche, 27 juin 2021, sur Iradio (90.3), les invités d’Alassane Samba Diop se sont penchés sur la question.

Alioune Tine, fondateur d’Africajom, estime que sur le fond, cette réforme n’est pas mauvaise. Parce que, justifie-t-il, le terrorisme est une réalité dans notre sous-région. Seulement, elle manque de consensus du fait de l’absence d’une large discussion. Il suggère un cadre d’échanges plus vaste pour expliquer les enjeux liés au terrorisme. « Il faut encadrer les textes pour éviter des dérives. Une loi aussi importante, qui requiert le consensus des gens, au moins que la société civile, qui travaille sur les questions de terrorisme, devait être impliquée. Il y en a au Sénégal », a déclaré Alioune Tine. Qui poursuit : « il y a des pays qui utilisent le terrorisme pour criminaliser l’acte d’opposition ou dissidence politique. Ce sont des réalités. Mais une fois que vous mettez les gens dedans, vous discutez avec eux, vous êtes d’accord sur un texte, nous tous, nous allons être derrière. Nous avons tous intérêt à lutter contre le terrorisme de façon efficace ».

Pour l’ancien Secrétaire général de la Raddho, « l’intention de l’Etat est louable », parce qu’il estime que pour lutter de manière efficace contre le terrorisme, « il faut des arguments juridiques pour le faire ». Mais également que ces arguments soient partagés, discutés avec les gens.

Son co débatteur, le leader du Rta-s (Rassemblement des travailleurs Africain – Sénégal), mouvance présidentielle, El Hadj Momar Samb, dit ne pas comprendre le tollé qui entoure cette réforme. Pour lui, il n’y a aucun aspect lié à la restriction des libertés de réunion comme le prétendent les membres de l’opposition. Dans cette réforme du Code pénal et du Code de procédure pénal, les questions liées au terrorisme ont été déclinées en 16 points. Aucun de ces points, a-t-il estimé, ne parle de liberté individuelle. L’article 279, qui semble être le point d’achoppement entre le pouvoir et l’opposition, n’a pas connu de changement majeur par rapport à la loi de 2016, selon ses dires. « L’article 279 n’a été changé que du point de vu de la formulation suivante : ’’constituer des actes de terrorisme punis, en 2016, on avait dit des travaux forcés à perpétuer, on a changé en enlevant travaux forcés à perpétuité pour mettre de la réclusion criminelle ».

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