L’INVESTISSEMENT DANS LE SPORT : MODE D’EMPLOI

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MASTER CLASS DE L’INSTITUT EDGE

La Maison de la presse a accueilli, ce samedi, un Master Class portant sur le thème : "Investir dans le sport", sous l’égide de l’Institut Edge dirigé par le Professeur Abdoulaye Sakho, juriste spécialisé en Droit et Economie du Sport. Présidée par le Ministre des Sport Matar Ba, l’évènement a noté la présence de grandes sommités du sport sénégalais, pratiquants, dirigeants et administratifs, qui ont montré la voie pour l’essor d’une réelle économie du sport.

Dans certains pays le sport n’est pas la priorité, ont affirmé en chœur les sportifs présents au Master Class. Les mêmes saluent le volonté et l’engagement du Sénégal à bâtir des projets sportifs attractifs et porteurs de croissance. Le capital humain existe pour donner à notre pays l’image d’une destination favorable à l’éclosion de talents sportifs. Des efforts sont à consentir pour consolider les acquis et tutoyer des performances qui a première vue, paraissent hors de portée. L’ancien lutteur Mouhamed Ndaw Tyson, les anciens footballeurs internationaux et aujourd’hui entraineurs Amara Traoré et Alioune Cissé, les dirigeants sportifs de renom de la trempe de Djamil Faye, Amadou Gallo Fall, entre autres, étaient présents au Master Class organisé ce samedi, à la Maison de la Presse.

"TYSON : J’ÉTAIS MAL COMPRIS QUAND JE PLAIDAIS LE SPORT-BUSINESS"

Un des premiers à plaider pour le Sport-Business, Mouhamed Ndaw Tyson se réjouit de la nouvelle dynamique prise par le sport au Sénégal. « Nous sommes des hommes modernes et nous pratiquons un sport traditionnel, a indiqué Tyson. J’étais mal compris au moment où je plaidais pour le Sport-business dans les années 90. Ce qui se passe aujourd’hui me réconforte, puisque le sportif peut vivre de son métier. Les mécènes et les sponsors peuplent l’univers des sports au Sénégal. »

« L’investissement est la transformation d’un ensemble de moyens financiers dans une opération dans l’espoir de réaliser des gains futurs étalés dans le temps », dira Djamil Faye. Le consultant international souligne que le sport est « un puissant moteur économique, créateur de richesses et d’emploi et un important levier de croissance. Ce n’est plus qu’un loisir mais un outil de résultat qui attire davantage d’investisseurs. Ceux-ci considèrent l’Afrique comme une inépuisable réservoir d’opportunités d’affaires dans le sport. Cependant le manque de statistiques et de données fiables n’éclaire pas l’environnement », a également indiqué Djamil Faye qui prône l’instauration d’un « système gagnant-gagnant en mettant le focus sur ce qui intéresse les publics sportifs. Or, regrette-t-il, souvent les journalistes sportifs ont des rapports distants avec les acteurs des milieux d’affaires qui investissent dans le sport. »

MATAR B : "FAIRE DES STADES DES LIEUX DE VIE"

« L’Afrique va aller plus vite si on met en place des partenariats innovants » a déclaré Amadou Gallo Fall, vice-président de la NBA, la prestigieuse ligue américaine de basket, dont il est en charge de la zone Afrique. Le spectacle est la clé du succès en sport, affirme Lamine Savané, dirigeant du centre Aspire qui déplore le gâchis de talents en Afrique faute d’encadrement efficient.

« Les investisseurs sont en quête d’actifs créateurs de valeur », a affirmé, pour sa part, l’expert-comptable Abdoulaye Guèye, du cabinet Garecgo, modérateur des débats du Master Class. Selon lui, la création d’académies de sport ou de centres de formation constituent de potentiels viviers, d’actifs productifs de plus-values.

Pour sa part, le ministre des Sports, Matar Ba, estime que « le sport est victime d’une méprise au Sénégal. » Il dit croire que cela procède d’un déficit de communication. Selon lui, l’image négative colportée commence à s’effacer du fait de l’impact social des œuvres réalisées par de grands sportifs tels que Gorgui Sy Dieng, Amadou Gallo Fall ou Djamil Faye. Le sport est gratuitement mis au service des populations, a souligné Matar Bâ qui plaide une plus grande implication des sportifs de haut niveau pour inverser l’opinion défavorable résultant d’une méconnaissance récurrente. « Le Sénégal envisagé de transformer les stades en "lieux de vie" », a également annoncé le ministre pour qui, au-delà de sa dimension ludique, le sport remplit une mission éminemment sociale. Il a également noté que « le sport tire notre diplomatie par ses résultats » tout en se réjouissant du crédit acquis par nos disciplines et de l’attribution au Sénégal des Jeux Olympiques de la Jeunesse prévue en 2022.

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