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L’ INVITE DE L’ITF AU PRÉSIDENT MACKY SALL

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La fédération internationale des ouvriers du transport (Itf) a interpellé hier le président de la République afin qu’il ratifie la convention C 190. Laquelle établit des normes internationales afin de prévenir et de combattre les violences et le harcèlement. Face à la presse, vendredi, les acteurs ont plaidé pour sa ratification parce que ces phénomènes demeurent une réalité dans notre pays.

Cette volonté est sous-tendue par le fait que la violence et le harcèlement constituent une réalité dans le monde du transport, selon Assita Ouédraogo. La responsable des femmes de l’Itf indique dans ce sens que « la priorité c’est d’organiser les femmes et les sensibiliser sur ces questions. Elles sont sous représentées parce qu’on en compte que 89 dans le secteur du transport ». Elle ajoute en poursuivant : « Nous voulons mettre fin à ces violences et ségrégations basées sur le genre. Parce que l’accès aux toilettes dans les gares routières est difficile. Dans le corridor Il n’y a pas d’accessibilité pour elles. Ce qui porte atteinte à leur dignité ».

« 90% des femmes travailleuses étaient confrontées aux violences sexuelles et aux harcèlements »

En revenant sur l’ampleur du phénomène, Mme Ouédrago renseigne qu’en 2018, le rapport de l’Itf avait révélé que « 90% des femmes travailleuses étaient confrontées aux violences sexuelles et aux harcèlements ». D’où l’intérêt selon elle d’exercer « des pressions » pour qu’on puisse intégrer la convention c 190 ».

S’inscrivant sur cette même lancée, Mariama Diallo secrétaire général de l’Union des travailleurs du Sénégal (Udts) a défendu que la convention C190 sur la violence et le harcèlement dans le monde du travail a été signée par le Sénégal mais « pas encore ratifiée ». Selon elle est accompagnée d’une recommandation contraignante qui fournit des orientations supplémentaires sur les obligations de la recommandation 206 laquelle constitue une avancée historique. Parce qu’elle fournit une définition complète de la violence et du harcèlement et offre une même compréhension du monde du travail pour un certain nombre de protection au profit des travailleurs et travailleuses.

Mme Diallo estime qu’au Sénégal, la ratification de la convention de l’Oit sur la violence et le harcèlement offrira une occasion historique à notre pays « pour s’engager résolument dans le combat contre ces phénomènes ». « Sa mise en œuvre peut aider à changer une structure d’impunité et à apporter une nouvelle garantie pour la sécurité des travailleurs et travailleuses où qu’ils soient », a-t-elle renchérit. Pour ce faire, les syndicats sénégalais ont un rôle important à jouer pour nous assurer que « les éléments contenus dans cette convention puissent être respectés ».

Lui emboitant le pas, Baila Sow secrétaire général adjoint de l’Itf a avancé : « nous voulons que la convention C 190 soit ratifiée sans délai. Les secteurs d’activité se féminisent et les femmes sont victimes de propositions indécentes. C’est pour cela que nous interpellons la plus haute autorité de ce pays, le ministère du travail, le haut conseil du dialogue social. Ce serait un honneur pour le Sénégal d’être le premier pays francophone à le faire. Il y a actuellement 7 pays africains qui ont eu à le faire ».

Suzanne SY

30 octobre 2022


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