L’UNIVERSITÉ DE PIRE, UN TEMPLE EN VOIE DE DISPARITION

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400 ANS APRÈS SA CRÉATION

Depuis sa création en 1603, l’Université de Pire survit. Ravagé par un incendie en 1864, ce qui fut le premier institut d’enseignement islamique, sombre dans l’oubli ou du moins l’ignorance.

400 coups de balaie au moins ! C’est l’âge de ces tablettes en bois sur lesquelles Khaly Amar Fall enseignait les sciences islamiques, ici, à Pire. L’installation de l’érudit dans la cité religieuse en 1603, l’a rendue populaire. C’est la première université de sciences religieuses en Afrique. Aujourd’hui, la ville a un Gamou (célébration religieuse) annuel qui se tient depuis 116 ans avec l’arrivée d’un autre homme de Dieu, Serigne Tafsir Abdou Birane Cissé, Mouhadam de El Hadj Malick Sy de Tivaouane.

Mais toujours est-il que Pire reste mieux connu en tant que temple du savoir islamique qui a révolutionné l’enseignement de la religion en Afrique subsaharienne.

El Hadj Ibrahima Fall est un petit fils de Khaly Amar Fall. A 76 ans, le Chef de village, en même temps, marabout de Pire et conservateur de l’Université, garde en mémoire les noms des nombreux érudits du pays et de la sous-région qui ont fait leurs humanités dans ce lieu.

Brûlé comme Alexandrie

Malheureusement, en 1864 l’université de Pire a connu le même sort que la bibliothèque d’Alexandrie. Elle a été brulée par Valière, gouverneur de l’AOF (Afrique occidentale française). Selon Ibrahima Fall, c’était suite à une mésentente entre le colon et le Serigne de Pire de l’époque, Boubacar Penda Yéri. C’est toute l’histoire de ce bout de bois fixé au sol qui attire l’attention de certains visiteurs. Il a été pris comme repère car sous cette terre sont ensevelis des milliers de livres avant que le colon ne mette le feu à l’université.

154 ans après, le repère est devenu un lieu de pèlerinage. Entre autres affaires enterrées, ici, des centaines de livres d’El Hadj Omar Foutiyou Tall. Ibrahima Fall est revenu sur l’histoire mais aussi sur la mysticité de ce lieu.

Cependant, il n’a jamais été question de les déterrer après le feu de la bibliothèque. Les quelques rares personnes qui connaissent l’histoire de ce site se contentent de venir y prier.

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