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L’URBANISATION INFORMELLE EST L’UNE DES CAUSES DES INONDATIONS

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Les pluies à Dakar, et au Sénégal en général, durent moins de trois mois. Mais dès les premières gouttes d’eau, nous avons l’impression que la saison des pluies a duré 8 mois. Tous les regards et les frustrations sont orientés sur le secteur de l’assainissement avec son ministère de tutelle qui est l’agneau du sacrifice.

Un plan décennal de 760 milliards ne peut avoir aussi peu d’impacts sur l’assainissement de nos voiries. Il a une réelle désarticulation dans la coordination. On ne peut aussi déclencher le plan " Au SEC" ( ORSEC) en longueur de journée.

Il faut d’abord avoir une vision prospective avec un plan d’urbanisation de nos villes pour les 50 prochaines années, afin de lutter efficacement contre les inondations. Si je prends l’exemple du Rawnda, ils ont lancé la Vision2050 qui doit permettre au pays de répondre à un plan directeur d’urbanisation. C’est une projection sur les 30 prochaines années pour lutter contre une urbanisation anarchique et ses effets dévastateurs sur les villes.

À ce stade nous ne devons plus lancer un nouveau plan décennal des inondations mais plutôt un plan bisectoriel qui prendra en charge, pour les 50 prochaines années, aussi bien les enjeux liés à l’urbanisation et à l’assainissement de nos villes.

Un état qui planifie sur 10 ans, n’est pas un état ambitieux. Si l’on attend des ressources aussi importantes que le gaz et le pétrole, on crée les conditions pour planifier sur un siècle le Sénégal de demain.

La boulimie et la spéculation foncière sont en train de tuer petit à petit ce qui fût jadis la belle presqu’île de Dakar. Un égoïsme exacerbé de notre administration aussi bien central que local. S’y ajoutent la corruption et la concession de certains agents des impôts et domaines ainsi que ceux du cadastre qui ont fini de nous plonger dans les immondices des eaux pluviales.

L’administration de manière générale, en premier chef le Président de la République, a une responsabilité entière dans les événements dramatiques que nous vivons avec les inondations. Le laxisme dans la gestion du bien public a un coût économique dramatique sur notre bien être à tous les niveaux.

Ce laxisme a permis à des citoyens de s’installer dans des zones non aedificandi comme la zone de captage, la cité des eaux, cité Dioungkhob, Niakoulrab, etc. Des localités dont les noms renvoient à l’existence d’une nappe phréatique et qui requièrent des investissements lourds en matière d’assainissement. Même les nantis ne sont pas assainis (Almadies, Cité Mbackiou Faye, etc.)

En attendant, espérons que la 14ème législature ne sera pas inondée. Les populations fondent beaucoup d’espoir sur elle pour que le suivi et l’évaluation des politiques publiques soient une réalité.

Cheikhou Oumar Sy
Président du Mouvement PRET

5 septembre 2022


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