« L’exploitation sexuelle est l’une des pires formes de violations »

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JOURNÉE MONDIALE

La journée mondiale contre l’exploitation sexuelle est célébrée aujourd’hui, lundi 4 mars 2019. Penda Seck Diouf, présidente du Comité de lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants (CLVF), fait le point dans ’’Dakar direct’’, la matinale d’iRadio (90.3).

L’ampleur de l’exploitation sexuelle au Sénégal

« L’exploitation sexuelle est une forme de violence sexuelle. Elle est comprise dans la catégorie des violences sexuelles mais ce qu’il faut remarquer, c’est que l’exploitation sexuelle est l’une des pires formes de violations des droits fondamentaux de la personne. Dans la mesure où l’exploitation sexuelle met la personne dans une situation de marchandise qu’on peut acheter, qu’on peut céder, vendre et même échanger. Souvent, l’exploitation sexuelle est liée à la pornographie ou à la prostitution. La journée mondiale de lutte contre l’exploitation sexuelle a été instituée en 2009. Dix ans après, ce qu’il y a lieu de déplorer, c’est que très souvent l’exploitation sexuelle est faite sur des enfants ou sur des femmes en situation de vulnérabilité ou d’extrême vulnérabilité. Ce sont ces cibles-là, qui sont les principales victimes de l’exploitation sexuelle. »

La dénonciation, l’information et la sensibilisation

« Au CLVF, les rares cas qu’on nous soumet proviennent des zones minières ou des familles dont la fille a été victime de traite de personnes, qui a été déportée dans un autre pays et à qui on a fait miroiter un travail dans ce pays. Et, à l’arrivée il se trouve qu’au lieu du travail promis, c’est plutôt l’esclavage sexuel ou la violence sexuelle. L’exploitation sexuelle est difficile à cerner du fait de la caractéristique des violences sexuelles, de manière générale. Dans la loi 99-05 du 29 janvier 1999, qui a apporté une modification au Code pénal en introduisant de nouvelles formes de violences, l’exploitation sexuelle n’est pas expressément citée mais comme toute forme de violence sexuelle, nous la dénonçons et, si le cas est soumis au CLVF, automatiquement le comité prend en charge et avec la victime voit quels sont les voies et moyens pour porter plainte, etc. Du fait de sa caractéristique de violence sexuelle, l’exploitation sexuelle est entourée de silence. On en fait très rarement cas. (Elle) est difficile à cerner. Les victimes ne savent pas exactement qu’elles en sont victimes, etc. Donc, au CLVF, on ne reçoit pas de cas souvent. Qu’est-ce que nous faisons face à cette situation ? Nous dénonçons toute forme de violence. Nous ne cessons de dénoncer comme nous dénonçons les viols, etc. Il faut la dénonciation, l’information et la sensibilisation, pour que les populations puissent discerner cette forme de violence sexuelle très sournoise et insidieuse. »

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