"LA CAF ET LES STADES..." Par MARTIN CAMUS MIMB

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CONTRIBUTION

L’institution faîtière du football africain, a donc suspendu les stades qui ne sont plus aux normes internationales. Un peu plus de 22 pays, sont touchés par ce nettoyage au Karcher. En d’autres circonstances, j’aurais applaudi cette initiative, en louant la volonté de faire jouer le football dans des conditions plus ou moins décentes. Mais en analysant la liste des pays, je suis partagé entre interrogations, surprises, et réalisme. En fait, parmi les pays touchés par cette décision de la Caf, il ya trois anciens organisateurs des Coupes d’Afrique des Nations, et 11 pays, qui n’ont jamais disputé la moindre phase finale de CAN. Il y a donc lieu de s’interroger : Qui a intérêt ? Pourquoi ? Pour aboutir à quoi ?

Comment des pays ayant organisé des Can, se retrouvent aujourd’hui sans stades aux normes internationales ? Il y en a qui vont me répondre, ça fait longtemps, que le Sénégal, le Burkina Faso et le Mali ont eu à organiser cette compétition. Mais justement, le but avoué de faire tourner l’organisation de cette compétition, c’est de doter les pays d’infrastructures, et d’accélérer le développement du football africain. Si quelques années plus tard on se retrouve dans la situation où ces pays sont en manque d’infrastructures, c’est qu’il y a un mauvais business modèle sur le cahier de charges de l’organisation de la Can. Il est beaucoup trop surévalué et les services après-vente des Can n’ont pas les moyens de tenir...


"LA CAF DOIT DONNER UN NOUVEAU CONTENU AUX "NORMES INTERNATIONALES"


Quel peut donc aujourd’hui, être l’intérêt pour 11 pays n’ayant jamais disputé la CAN, de construire les stades aux normes internationales ? Aucun à proprement parler, puisque dans la plupart de ces pays aussi, les compétitions nationales qui doivent aider à entretenir ces infrastructures, sont embryonnaires. Et pourquoi un pays qui n’a pas le niveau de compétition des pays structurés footballistiquement, doit avoir les infrastructures de même niveau ? Cette question est valable et d’actualité pour le Cameroun, qui a deux stades niveau Coupe du monde dans chacune de ses deux grandes villes. Il faudrait pour les gestionnaires du sport local, de trouver des stratégies événementielles, pour tenir dans le temps. Le voisin gabonais qui organisait encore en 2017 la Can, a aujourd’hui des infrastructures ultramodernes en friche, faute d’activités.

De mon point de vue, il faudrait revoir à la baisse le cahier de charges et ramener les exigences à un niveau raisonnable. On ne peut pas exiger des stades ultramodernes pour le standard des télévisions internationales, et oublier l’environnement du football autour. La Caf doit donc donner un nouveau contenu au groupe de mots "NORMES INTERNATIONALES ". Sinon, le cycle des pays à suspendre sera plus soutenu dans les années à venir.

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