LA CEDEAO SUSPEND LE MALI ET APPELLE À LA NOMINATION D’UN PM CIVIL

news-details
SOUS-RÉGION

La situation socio-politique du Mali était au cœur du Sommet extraordinaire des chefs d’État et de Gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), convoqué, par le président ghanéen en exercice, Nana Akufo-Addo, ce dimanche, 30 mai.

Une dizaine de chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) réunis lors d’un sommet régional extraordinaire, ont décidé, dimanche 30 mai, de suspendre le Mali de leurs institutions communes en réponse au récent double putsch des militaires maliens.

Le colonel Assimi Goïta déclaré, vendredi, officiellement président de la Transition par la Cour constitutionnelle, participé à la première partie de la réunion, avant que les chefs d’État ne délibèrent à huis clos.

La sentence est tombée : l’organisation sous régionale a suspendu le Mali de ses instances jusqu’à nouvel ordre. Les chefs d’État réunis à Accra, la capitale ghanéenne, ont par ailleurs, demandé la nomination d’un Premier ministre civil, ainsi que la formation d’un gouvernement inclusif et le respect de la durée de 18 mois de la transition. "Dans ce contexte, la date du 27 février 2022 déjà annoncée pour l’élection présidentielle doit être absolument maintenue. Un mécanisme de suivi sera mis en place à cet effet", sanctionne le communiqué parvenu à Emedia.

"Après de longues discussions, les chefs d’Etat et de gouvernement ont décidé de suspendre le Mali des institutions de la Cédéao (Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest)" et "appellent à la nomination immédiate d’un Premier ministre issu de la société civile", selon le communiqué publié à l’issue de leur rencontre.

Dans le document, la libération immédiate de l’ancien président, Bah Ndaw, et du premier ministre de la transition, Moctar Ouane, assignés à résidence, est aussi exigée, par les chefs d’État, "qui condamnent fermement ce récent coup d’État, en violation des décisions prises lors du sommet extraordinaire tenu au Peduase Lodge, Aburi, au Ghana, le 15 septembre 2020, et de la charte de transition."

Tout en réaffirmant "l’importance et la nécessité de respecter le processus démocratique d’accession au pouvoir, conformément au Protocole de 2001 de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance", la CEDEAO encourage le Médiateur, Goodluck Ebele Jonathan, "à persévérer dans ses efforts de médiation et à rester saisi de la situation au Mali à travers le Comité Local de Suivi." Et, appelle "à la mise en œuvre immédiate" de toutes ces décisions conformément au calendrier de transition défini. À cette fin, elle exhorte l’ex-président nigérian, "à retourner au Mali dans un délai d’une semaine pour impliquer les parties prenantes sur ces décisions".

Appel à la nomination immédiate d’un Premier ministre civil

Peu avant la publication du communiqué, la ministre ghanéenne des Affaires étrangères, Shirley Ayorkor Botchway, avait annoncé la suspension de la participation du Mali à l’organisation régionale. "La suspension de la Cédéao prend effet immédiatement jusqu’à la date limite de fin février 2022, date à laquelle ils sont censés passer le relais à un gouvernement démocratiquement élu", a déclaré Shirley Ayorkor Botchwey.

"L’une des décisions des chefs d’État est de veiller à ce que dans les prochains jours un Premier ministre civil soit mis en place pour former le prochain gouvernement", a-t-elle ajouté.

Les pays de l’organisation avaient ordonné la fermeture des frontières terrestres avec le Mali après le coup d’Etat l’an dernier, provoquant une chute de 30% des importations du pays, avant que les sanctions ne soient levées en octobre.

Dans un entretien publié le même jour par le Journal du dimanche, le président Emmanuel Macron avait de son côté brandi la menace d’un retrait des 5 100 soldats français de l’opération Barkhane, déclarant ne pas vouloir rester "aux côtés d’un pays où il n’y a plus de légitimité démocratique ni de transition".

Vous pouvez réagir à cet article