LA CHRONIQUE DE BNF’ - BALLE AU CENTRE !

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CAN 2019

Ainsi donc, il y en a qui tremblent de peur à l’idée de se faire surclasser par la grande équipe du Kenya, qui n’a dû sa sixième participation à la Coupe d’Afrique des Nations qu’à la disqualification de la Sierra Leone et qui n’est plus apparu sur la scène continentale depuis 15 ans ? Sans condescendance aucune, il faut que l’on s’accorde sur une chose : si uniquement parce qu’il affronte le Kenya, le Sénégal doit se faire du mouron pour décrocher une qualification en huitièmes de finale dans une CAN à 24 équipes où trois équipes passent dans quatre des six poules, autant jeter la clé de notre football sous le paillasson. Si nous devons nous en remettre à la calculette pour évaluer nos chances de qualification dans les conditions de ce jour, c’est que nous n’avions rien à faire au pied des pyramides en ayant la tête dans les étoiles.

Mettons de côté la part d’incertitude, celle de l’irrationalité du football et les lassantes rengaines du style « c’est du football, tout peut arriver… » Car à ce jeu, on pourra toujours présumer que l’équipe de navétanes de mon quartier peut toujours battre la France. Bien sûr, le Kenya n’est pas l’équipe de mon quartier et le Sénégal, même pas champion d’Afrique, n’est pas la France, championne du monde en titre. La caricature est certainement grossière mais montre à suffisance que le déficit de mental avec lequel on peint nos footballeurs est peut-être d’abord en nous, peuple de tous les extrêmes.

Il est même regrettable que sélectionneur français du Kenya, dont le plus haut fait d’arme sur un banc est un titre de champion de 4e division française en tant qu’entraîneur adjoint, soit parvenu à énerver son homologue sénégalais pour un sujet accessoire au point de se laisser détourner de l’essentiel. Ce match ne doit jamais avoir l’enjeu qu’on veut lui donner par une certaine tension nerveuse. Le Kenya n’a absolument aucun intérêt à ce que la partie s’emballe. Un nul lui suffit (et suffit au Sénégal également) à se qualifier au tour suivant et cela, Sébastien Migné le sait mieux que quiconque et ne se hasardera pas, passé le possible coup de bluff du premier quart d’heure de chaque mi-temps – tiens, c’est sur le 2e que le Sénégal a perdu face à l’Algérie -, à se trouver une ambition démesurée. Pour peu qu’il l’aurait voulu, il n’en a pas les moyens techniques. Le Kenya est l’équipe qui commet le plus de fautes depuis le début de cette compétition (moyenne de 25,5 fautes par match), davantage par maladresse que par vice et c’est là qu’il faudra attendre les « Harambee Stars ». Ce soir, il ne faut pas s’attendre à une masterclass. Il s’agira de se concentrer sur l’essentiel et d’éviter que le piège de l’accessoire ne prenne le dessus.

L’adversaire du Sénégal ne s’éloignera pas de sa surface de réparation. Ses joueurs seront au taquet pour multiplier les fautes et abuseront du jeu long et des pertes de temps. Pourquoi chercher plus face au numéro 1 du continent et grand favori jusqu’il y a quatre jours ? Ils auront à l’esprit que les « Lions » seront vexés de ne pas les battre, surtout qu’un match nul ferait leur bonheur en les qualifiant, pour la toute première fois de leur histoire, au deuxième tour d’une CAN. Peu importe que cela passe par la fenêtre du meilleur troisième. Et c’est là que le Sénégal doit, sans complexe, assumer son rang ou sortir, à jamais, des rangs. Balle au centre.

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