LA CHRONIQUE DE BNF’ - NOS EXCÈS ET NOS OUBLIS

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CAN 2019

L’on a beaucoup glosé sur le déficit de force mentale pour le footballeur sénégalais, et par-delà, pour le sportif sénégalais même. Difficile de faire le parallèle dans des conditions pas forcément similaires. Mais la propension, que nous autres 16 millions d’habitants de ce petit lopin de 196 712 km2, avons à nager dans l’excès et dans l’oubli nous est peut-être plus préjudiciable qu’un déficit de mental. On s’auto-flagelle pour un match nul ou une défaite, fût-ce en amical, on fait dans le dithyrambe pour une victoire…

On se voit déjà champions, paradant sur le Boulevard de la République, et oubliant qu’en 2017 comme en 2015, on avait également remporté notre premier match, face à des adversaires certainement plus côtés que la Tanzanie. C’était la Tunisie, par ci, le Ghana, par là. Ou alors on fait la fine bouche pour une victoire en CAN en oubliant qu’entre notre dernier passage en terre égyptienne en 2006 et les débuts d’Aliou Cissé, onze ans plus tard, dans cette compétition en qualité d’entraîneur, l’on n’a enregistré qu’une seule petite victoire en 5 éditions de CAN (2008, 2010, 2012, 2013, 2015) !

L’Egypte n’a encore vu que 12 des 54 matchs au programme de cette 32e édition. Les équipes présentes ayant déjà décroché une victoire sont quasiment assurées de franchir le cap des poules vu la nouvelle configuration et le Sénégal en fait partie. Là, ce sera un autre contexte, elles présenteront un autre visage. Meilleur ou pire. En attendant, il serait bien de faire sienne cette maxime du poète persan du 13e siècle, Mocharrafoddin Saadi, dans le jardin des roses : “L’excès de sévérité produit la haine. L’excès de l’indulgence affaiblit l’autorité. Sachez garder le milieu et vous ne serez exposé ni au mépris ni aux outrages.”

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