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LES EXIGENCES DE L’INTERCOALITION YEWWI-WALLU

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Le Conseil constitutionnel a rejeté, vendredi dernier, les recours de la coalition de l’opposition, « Yewwi askan wi », contre la décision du ministère de l’Intérieur de ne pas enregistrer la liste nationale de cette coalition, jugée irrecevable. Une décision qui, on le rappelle, écarte Ousmane Sonko et certaines figures de l’opposition des élections du 31 juillet prochain. C’est sur ces entrefaites qu’ils ont appelé à une grande manifestation, ce mercredi, à la place de la nation. Manifestation qui a été autorisée par le préfet de Dakar qui était également sur les lieux pour s’assurer du respect de son arrêté.

Les militants de Sonko et Cie étaient nombreux à répondre à l’appel de leurs leaders. Initialement prévu à 15 heures, le rassemblement a démarré un peu après 17 heures. Tour à tour, les membres de la conférence des leaders de la coalition de l’opposition ont pris la parole. Ils ont tous soutenu qu’il est inimaginable d’organiser des élections sans la coalition Yewwi Askan Wi. Et c’est Habib Sy qui a ouvert le bal des discours. « Si seulement Macky avait interdit ce rassemblement ? S’interroge-t-il. Avant de continuer : comme vous le savez ce 30 mai passé, Macky a cru devoir faire injonction à son ministre de l’intérieur et les 7 sages pour invalider notre liste dans l’espoir de consolider son pouvoir. Mais il se trompe parce que notre coalition fera partie de ces élections quoi qu’il advienne. BBY sera battue au soir du 31 juillet. Je profite de l’occasion pour vous dire que Macky a un problème de cerveau », a-t-il indiqué.

Barthélemy Dias : « Nous exigeons le départ immédiat de Antoine Diome »

Le maire de Dakar a, comme d’habitude, fait dans la provocation. « Macky sait bien que la coalition Yewwi Askan Wi prendra part aux élections. Sinon il n’y aura pas d’élections au Sénégal. Il ne comprend que le rapport de force. Mais je dis aux policiers qu’on se connaît. On était là au mois de mars et vous vous souvenez de ce qui s’était passé », a dit l’édile de Dakar.

Dans son discours, il a exigé le départ sans délai du ministre de l’Intérieur. « Antoine Diome doit partir. On exige de Macky qu’il amène une personne responsable, une personne équitable pour organiser les élections. Il devait mettre la forme en tant que ministre de l’Intérieur mais il ne l’a pas fait. Je vous dis ici qu’Antoine Diome n’organisera pas les élections. Maintenant, nous allons régler nos problèmes dans la rue à partir de maintenant. Me concernant, je ne participerai pas aux élections sans les leaders de Yewwi », a indiqué Barthélémy Dias selon qui, le 3e mandat c’est non par la force.

A sa suite, Assane Diouf, Woré Sarr, Ahmed Aïdara et Aïda Mbodji ont pris la parole. Ils ont abondé dans le même sens que leurs prédécesseurs. « Macky est un voleur de suffrages, de maires, de listes. Et le receleur, c’est le conseil constitutionnel. Macky fait des sondages et il sait bien que seul Yewwi peut l’écarter. Il a peur de notre coalition c’est pourquoi il cherche des erreurs partout pour nous éliminer », a dit la lionne du baol.

Dethie Fall : « On ne doit pas se tromper de combat »

Pour sa part, le mandataire national de la coalition de l’opposition a salué la détermination du peuple sénégalais. « Le peuple est déterminé pour que la paix puisse régner au Sénégal et que Yewwi puisse participer aux élections. Il ne faut pas se tromper de combat. Notre combat ce n’est pas contre la presse », a dit Déthié Fall qui, fait allusion à l’attaque subie par nos confères de la Tfm qui étaient venus couvrir la manifestation . « Notre combat c’est pour le départ de Macky. Nous présentons nos excuses au nom des leaders à la Tfm. Pour revenir à notre combat, sachez que Macky nous a giflé et on va répondre. On participera à ces élections », a-t-il conclu.

Pour finir, Ousmane Sonko a pris la parole. Il a commencé par dire que Macky avait dit qu’il va réduire l’opposition à sa plus simple expression. « Voici la plus grande expression du Sénégal. Il a été élu par le peuple et le peuple a dit qu’il ne sera plus président à partir de février 2024 », a soutenu le leader du pastef par ailleurs membre de ladite coalition. Il a saisi l’occasion pour demander la libération de Cheikh Omar Diagne. Avant de rappeler que des députés volent des milliards et personne ne parle d’eux. « Je veux parler de son griot », a dit Sonko. Il a, par ailleurs, déclaré qu’avec cette manifestation, ils ont lancé leur pré campagne. « Nous avons créé une inter coalition. Nous avons un ennemi commun qui est le président Macky Sall. Leur souhait c’est de nous diviser pour mieux régner. Mais Il faut qu’on reste solide nous de l’opposition », a lancé Sonko qui, n’a pas manqué de rendre un vibrant hommage au président Abdoulaye Wade.

« Macky, ses juges et sa police ne peuvent pas m’emprisonner »

Revenant sur le but de leur combat, il a déclaré : « on ne va pas accepter une élection sans la coalition Yewwi Askan Wi. Le Sénégal est en danger et le seul danger c’est le président Macky Sall. Son seul bilan c’est le recul des libertés politiques. Il a emprisonné Karim et Khalifa et il avait fait des manœuvres pour m’emprisonner. Je vous dis que Macky, ses juges, sa gendarmerie et sa police ne peuvent pas m’emprisonner ». Tout de même, prévient-il, la justice veut condamner Barth avec sursis afin qu’on puisse lui retirer la mairie de Dakar. Mais, dit-il, si Macky laisse cela se produire on lui retirera le palais.

Pour finir, Sonko invite à la coalition présidentielle d’arrêter ses menaces parce que, martèle-t-il, « vous ne nous ébranlez pas. S’ils sont des garçons on les attend. Ils avaient promis une contre-manifestation et on n’a même pas croisé un chat. Désormais c’est œil pour œil dans pour dent. Je demande à mes militants de ne pas provoquer mais si on vous provoque riposter ». Le mot de la fin, c’est la mobilisation permanente annoncée par Sonko lors de ces 16 mois pour contraindre Macky Sall a quitté le pouvoir.

Cheikh Moussa SARR
Abdoulaye SYLLA (photos)

8 juin 2022


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