LA COLÈRE DES FEMMES DES PARCELLES ASSAINIES SE DÉVERSE SUR LA ROUTE

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PÉNURIE D’EAU

Des femmes ont exprimé leur ras-le-bol hier, à la cité Fadia, située aux Parcelles Assainies. Lasses d’attendre que le liquide précieux coule du robinet, elles ont manifesté leur colère, bloquant certaines rues avec leurs bassines et bouteilles. Les autorités sont ainsi interpellées à trouver une solution à ce problème récurrent du manque d’eau.

La question s’est d’ailleurs invitée au Conseil des ministres du mercredi, 17 juin. Le chef de l’État, Macky Sall, a, au titre de la maitrise stratégique du développement du secteur de l’eau pour l’accès universel, rappelé au ministre de l’Eau et de l’Assainissement (Serigne Mbaye Thiam), l’impératif de mobiliser l’expertise technique et les ressources financières requises, afin d’assurer le fonctionnement optimal des infrastructures hydrauliques implantées sur l’ensemble du territoire national. Il a, en outre, invité le Ministre de l’Eau et de l’Assainissement à finaliser l’évaluation de la réforme de l’Hydraulique rurale, la réalisation des grands projets d’hydraulique urbaine en cours, ainsi que le processus d’adoption du Code de l’Eau.

Mardi dernier à Thiès, à l’occasion d’une visite de travaux, Charles Fall, le Directeur général de la SONES, assurait qu’ils ne ménageaient "aucun effort pour que la situation s’améliore dans les meilleurs délais", soulignant que "L’Etat du Sénégal est en train de réaliser des infrastructures structurantes en réponse durable à une problématique qui s’est toujours posée pour l’agglomération de Dakar qui représente 80% de nos besoins en eau potable."

Ainsi, pour atteindre cet objectif, indiquait-il, "le gouvernement du Sénégal a mis sur la table une enveloppe de près de 270 milliards F CFA pour construire une nouvelle usine, qui est une des solutions pérenne pour résoudre cette problématique de Dakar. C’est la 3e usine de Keur Momar Sarr. L’essentiel de l’alimentation de l’eau qui vient à Dakar provient du Lac de Guiers. La moitié, c’est des forages qui sont entre Kébémer, Thiès, Pout, Kirène, Sébikotane. Depuis près de 5 ans, l’État du Sénégal a augmenté de près de 42% la production d’eau. Aujourd’hui, on a une capacité de production rien qu’au niveau de Dakar de 400 mille m3."

En outre, signalait-il, "le gouvernement du Sénégal a décaissé près de 5 milliards de F CFA exclusivement dédiés à des programmes d’amélioration ou programme de consolidation de l’alimentation en eau potable de Dakar, constitué de réhabilitation ou plutôt de remplacement de forages, qui existaient mais qu’on a perdus en cours de route. C’est pour dire à quel point ces forages constituent une solution provisoire. L’amélioration de l’alimentation dans les quartiers en hauteur comme Fadia, les Parcelles Assainies, Batrain, Montagne rouge à Ouakam, Yène et tant d’autres. Ces 47 mille m3 qui sont attendus grâce à ce programme de consolidation de l’alimentation de Dakar, en relation avec Sen eau, nous sommes en train de travailler sur d’autres leviers."

Indexée par les populations, SEN’EAU incrimine les intempéries

"Qui dit chaleur, dit augmentation de consommation. C’est la raison pour laquelle nous mettons en œuvre 24 heures/24, il faut savoir qu’aujourd’hui, il y a plus de 1200 collaborateurs qui sont jour et nuit sur les réseaux, sur les usines, les forages, pour faire en sorte que tout fonctionne bien et amener plus d’eau. Alors dès fois les intempéries sont contre nous. On a connu le week-end dernier des orages, du vent, de la pluie, et comme on a beaucoup d’installations électriques, mécaniques et électriques, il arrive quelques fois qu’elles soient en panne. Mais nous avons tout fait pour que justement les équipes puissent intervenir dans le meilleur délai, jour et nuit. Même dans des endroits isolés, pour pouvoir mettre le plus rapidement possible ces installations en fonctionnement, avec de la qualité, puisque derrière il y a pour garantir une eau de qualité, et potable dans les robinets. Un forage ne se fait pas en deux jours. Il faut plusieurs semaines, parce qu’il faut forer à 500 mètres de profondeur. Il faut crépiner, mettre des massifs, des tuyaux, l’électricité. C’est toute une panoplie d’intervention technique. Mais que nous mettons en œuvre 24 heures sur 24, pour pouvoir ramener plus d’eau grâce à ces travaux d’urgence", expliquait Jany Arnal, Directrice générale de SEN’EAU.

C’est l’explication qu’elle donne au lancement de travaux d’urgence depuis le mois de février. "Pour pouvoir ramener plus d’eau. Nous avons défini un programme de travaux d’urgence à travers plusieurs opérations. Vous en avez vu quelques-unes aujourd’hui à savoir de la régénération de forage pour pouvoir délivrer plus de débit, de l’équipement de nouveaux forages, ce que nous avons pu voir aujourd’hui pour pouvoir ramener plus de débit, des travaux de suppresseur un peu partout sur Dakar pour pouvoir ramener de l’eau sur certains réseaux qui en manquent, et des maillages, des travaux de régulation de pression. Tous ces travaux devront permettre d’apporter beaucoup plus d’eau. C’est vrai que nous arrivons à une période de chaleur".

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