LA COLÈRE DES PARAMÉDICAUX QUI FOMENTENT UNE GRÈVE

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SANTÉ

Vers 72 heures de grève dans le système de santé au mois de février. L’ultimatum est posé par le cadre unitaire des syndicats de la santé pour la justice sociale, regroupant 5 organisations, composé des techniciens supérieurs de la Santé, sages-femmes, instrumentistes, anesthésistes-réanimateurs, entre autres corps. La principale revendication reste le reclassement des techniciens supérieurs pour l’intégration de ces agents, qui ont le niveau bac plus 5, dans la Fonction publique. Ce, pour régulariser leur situation. D’autant plus qu’un décret a été pris dans ce sens, et il ne reste que l’application. Mobilisés, ils menacent de déserter les laboratoires et blocs.

Pour faire passer leurs messages, ils ont battu le macadam de l’ENDSS au ministère de la Santé. Bloqués devant les locaux du ministère, barricadés par les forces de l’ordre, les manifestants n’ont pas raté leur autorité de tutelle, Abdoulaye Diouf Sarr.

Ainsi, pour avoir gain de cause, ils envisagent de faire de la rétention d’informations.

« C’est la première étape, avertit Cheikh Seck, porte-parole du cadre unitaire. L’autorité nous a défiés en nous disant que nous ne représentons absolument rien. Mais c’est nous qui occupons les services stratégiques. C’est vrai que les Kinésithérapeutes ne sont pas 56 dans la Fonction publique sénégalaise, c’est à peu près le même nombre en biologie, en imagerie médicale. Mais, aucun malade ne peut faire la sémiologie s’il n’a pas des examens de laboratoire. Un neurologue, s’il lève l’obstacle de l’accident vasculaire cérébral (AVC), le malade reste avec sa paralysie. La fonctionnalité, ce sont les kinés. Pour savoir qu’un malade a fait une fracture du col du fémur, si on doit lui faire une prothèse totale, même le Professeur a besoin des examens radiologiques (scanner, entre autres). C’est la même chose pour l’échographie, et les sages-femmes sont là également. Sans elles, il n’y a pas de diagnostic pour éviter certaines mortalités maternelles. Dans le bloc opératoire, le chirurgien ne peut pas opérer seul. Il faut un anesthésiste, des instrumentistes, des infirmiers de bloc. »

La réaction des services de Diouf Sarr

Menaçant, le physiothérapeute annonce qu’ils vont passer à la vitesse supérieure après leur plan d’actions déroulé le 31 décembre dernier. Des délégués sont venus de l’intérieur du pays, Louga, Saraya, Matam, entre autres localités, pour appuyer la mobilisation.

En face, les services du ministère minimisent. Entre autres assurances, Ibrahima Souka Ndella Diouf, le Directeur des ressources humaines (DHR) du ministère, signale, s’agissant du reclassement des techniciens supérieurs, que « le décret est envoyé pour lecture au niveau du ministère de la Fonction publique, et ceux des Finances et du Budget. Donc, le processus est déclenché, il ne reste plus que les avis de ces ministères pour commencer le circuit. Ce décret dit clairement que les techniciens supérieurs doivent être reclassés comme administrateurs de soins. Nous-mêmes nous avons travaillé en rapport avec eux sur le projet de décret qui a créé le corps des administrateurs de soins. Ce décret a été signé par le président de la République (Macky Sall) ».

En conclusion, il souligne que « le temps des syndicats n’est pas (celui) de l’administration. (Laquelle) a des règles qu’on ne peut pas changer parce que simplement un syndicat veut que cela aille vite. Au niveau du ministère de la Santé, nous avons fait ce que nous devions faire pour ce reclassement-là. Ce qu’il y a lieu de faire, c’est peut-être de pousser. Ils disent que le ministre a refusé de les recevoir. Nous-mêmes, nous les avons reçus, au nom du ministre de la Santé, avec le Directeur de cabinet après l’élection présidentielle ».

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