« LA CONVENTION NATIONALE ETAT/EMPLOYEURS EXISTE DEPUIS 1987 »

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LR DU TEMPS

Les conclusions issues du Conseil présidentiel pour l’emploi et l’insertion des jeunes passées au peigne fin dans Lr du temps, ce dimanche, 25 avril, sur iRadio et Itv. Pr Abou Kane, Agrégé d’Économie et Assesseur de la FASEG (UCAD) et Dr Souleymane Keïta, enseignant-chercheur à l’UCAD, ne sont pas optimistes. Loin de là. D’ailleurs, le premier décrit du "déjà vu", et le second relève un "paradoxe".

"Sur le principe, je pense que c’est une bonne chose de se retrouver, poser sur la table tous les problèmes et appeler tous les acteurs afin de discuter sur les différentes attentes en rappelant ce que le gouvernement a eu à faire, dit-il. Il y a eu beaucoup de propositions pertinentes et intéressantes mais il faut aussi le dire qu’il n’y a pas beaucoup de nouvelles choses, à mon avis, qui ont été dites. Parce que tout ce qui a été dit, les 95%, ce sont des choses qui se faisaient déjà mais le problème, c’était dans la manière de le faire. A mon avis, c’est là où on devait insister. Le Sénégal a toujours eu des programmes importants et intéressants pour l’emploi des jeunes mais les résultats n’ont pas toujours été à la hauteur des attentes."

Pourquoi ? "Parce qu’il y a d’abord beaucoup de problèmes de gouvernance dans tous les programmes mis en place pour les jeunes. Si vous prenez la convention nationale État/employeurs dont on a beaucoup parlé ces derniers jours, dont la subvention va passer de un à quinze milliards F CFA. Déjà, il faut dire que c’est une convention qui a été signée pour la première fois, en 1987. Ensuite, renouvelée, en 2000. Et encore renouvelée, en 2009. Et là, on est en train de voir un autre renouvellement de cette convention. Depuis lors, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et nous avons eu la chance d’évaluer cette convention en 2016 et 2019. On a vu que l’impact était quand même positif mais très faible parce qu’il y avait un problème de ciblage. Autrement dit les gens qui bénéficient de cette la convention nationale État/employeurs ne sont pas forcément les meilleurs qu’on pouvait prendre sur le marché pour leur permettre de pérenniser l’activité qu’ils ont eu grâce à la convention. Et cela est dû à un manque d’informations des jeunes potentiels bénéficiaires.

Poursuivant, il ajoute : "les Inspections régionales du Travail existant dans le dispositif depuis très longtemps mais elles sont très faibles. Parce que dans le cadre de la convention, les jeunes qui sont dans les régions doivent se rendre au niveau des Inspections du Travail pour se déclarer et s’inscrire. Les dossiers sont envoyés ici à la Direction de l’Emploi. Le problème, c’est que les jeunes ne sont même pas au courant pour le faire. Il y a donc une mauvaise communication par rapport à cela."

Toutefois, il se félicite que cette fois, "les gens aient mis l’accent sur la formation professionnelle."
Ce qui n’empêche pas son co-débatteur de pointer d’autres écueils, relevant ce paradoxe : "l’une des principales sources de devises de notre pays, c’est la Pêche. Mais, si vous regardez l’argent qui rentrent à partir de ces devises ressortent encore parce que les intrants dans la Pêche, tout est importé. Même les filets de pêche sont importés".

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